Le maire sent monter la tension et renonce à l’usage des graviers de Hao

    lundi 7 novembre 2016

    Fin octobre, le Nuku Hau est arrivé à Rikitea avec la “cargaison de la colère”, à savoir  la cargaison de graviers venus de Hao, dédiés à des aménagements routiers, des graviers hautement contaminés par les essais nucléaires, selon l’association 193. Comme prévu,  le navire n’a pas pu décharger cette cargaison, sur ordre du maire, Vai Gooding. (© archives LDT)

    Fin octobre, le Nuku Hau est arrivé à Rikitea avec la “cargaison de la colère”, à savoir la cargaison de graviers venus de Hao, dédiés à des aménagements routiers, des graviers hautement contaminés par les essais nucléaires, selon l’association 193. Comme prévu, le navire n’a pas pu décharger cette cargaison, sur ordre du maire, Vai Gooding. (© archives LDT)

     

     

    “Les graviers de la colère”, suite et fin ? Samedi dernier, dans la journée, l’association 193, via un long communiqué, réitérait “sa demande d’audience auprès du président du Pays telle que formulée par courrier déposé le 31 octobre”.
    “Contrairement aux propos du président du Pays, l’association assure qu’elle n’a aucun intérêt partisan ni aucune ambition politique si ce n’est qu’un fondement du bien commun”, et précise que “si vraiment le président était soucieux de la population de Rikitea, il chercherait à comprendre l’inquiétude manifestée par les membres de l’association 193”.

    En jeu, ces fameux graviers issus de Hao, contaminés selon les uns, sans souci selon les autres, déposés sur le quai de Rikitea, depuis une semaine déjà.
    Des matériaux destinés à la construction d’une portion de la route de ceinture de l’île des Gambier, qui mettent le maire, Vai Gooding, très mal à l’aise, d’autant plus que le représentant de l’antenne 193 sur cette île est, lui aussi, un Gooding.

    Joint hier après-midi par téléphone, Albert Solia, en déplacement à Hao, a précisé à nouveau la position du gouvernement et de son ministère de l’Équipement.
    “Ils ont employé le mot ‘irrationnel’ et c’est bien le mot. (…) Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai suspendu toute activité dans les jours qui viennent, en attendant qu’un choix soit fait. J’attends que le maire se manifeste. C’est lui, le représentant de la commune, de la communauté. C’est lui qui doit donner son avis”, estime le ministre, en visite, le week-end dernier, sur la future ferme de Hao.

     

    Au ministère, “on attend”

     

    “La position que j’ai eue au ministère et que j’ai dite à mes équipes, c’est qu’on ne cherche pas les conflits. On attend tout d’abord la réponse du maire, qu’il se positionne même si les travaux de la route concernent l’intérêt des gens de la commune. On devait commencer les travaux tout de suite, on a le ciment, le bétonnage devait démarrer mais tout est suspendu. J’espère que, dans la semaine, nous aurons une position claire.”

    D’autant plus “qu’une dizaine de contrats ont été passés avec des employés locaux, embauchés pour la régie du chantier”, précise le ministre Solia. L’activité étant suspendue par l’Équipement, les contrats le sont aussi.
    Injoignable durant le week-end, le tavana a fait circuler un communiqué, samedi dernier, dans l’après-midi. Il évoque une “dérive outrancière” qui exposerait [sa] famille et [ses] proches”, un “comportement irrationnel” de certaines personnes, qui “fait désormais courir de graves dangers à des personnes de Mangareva”.

    Ainsi, “désirant mettre ma famille et mes proches à l’abri des insultes et de la calomnie gratuites, j’ai décidé de demander au gouvernement de ne plus utiliser les gravats et donc de suspendre le chantier de bétonnage de la route de ceinture de Rikitea”, écrit-il, précisant que “la commune a déjà entrepris les démarches pour l’acquisition d’un concasseur”, et que “la commune de Mangareva fournira du concassé localement dès réception du concasseur”.

    Concernant les contrats des employés de l’île en suspens, Vai Gooding se veut solidaire. “En bon père de famille, il m’est inconcevable que ces jeunes – au nombre de 12 – perdent leur emploi, à cause de cette affaire. Donc, je m’engage à les recruter sur des futurs chantiers communaux.”

    Les graviers sont toujours stockés sur le quai de l’île de Rikitea.

     

    C.C.

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