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Les maires veulent intégrer la problématique de l’environnement

vendredi 9 août 2019

Le 30e congrès des communes, qui s’est tenu à Rikitea, avait pour thème “Nos liens à notre environnement”. Photo : D.R./SPCPF

Le 30e congrès des communes, qui s’est tenu à Rikitea, avait pour thème “Nos liens à notre environnement”. Photo : D.R./SPCPF


Un rapport de synthèse sera tiré des échanges effectués pendant les trois jours qu’ont duré les travaux de réflexion des tavana. Mais, d’ores et déjà, quelques conclusions peuvent être tirées de ce rassemblement.

Chaque année élus et cadres des institutions communales affiliées au Syndicat pour la promotion des communes de Polynésie française (SPCPF) se réunissent autour de thèmes d’actualité ou de grands problèmes rencontrés.
Le 30e congrès des communes qui s’est tenu à Rikitea du 30 juillet au 2 août avait pour thème “Nos liens à notre environnement”. Une problématique qui n’avait jamais été abordée avec autant d’attention par les élus et leurs cadres.

Le président du SPCPF, Cyril Tetuanui, et “le fil rouge du congrès”, Pauline Niva, en ont résumé un certain nombre de conclusions dans un document d’étape présenté sous forme de dialogue, dont La Dépêche de Tahiti présente ici quelques extraits.

 

Intégrer les dimensions culturelle et citoyenne

 

Les congressistes n’ont pas manqué tout d’abord d’évoquer la nécessité d’intégrer les dimensions culturelle et citoyenne à la problématique environnementale, sans oublier de la replacer dans son contexte planétaire. Ce qui n’a pas été non plus sans lucidité.

Des constats s’imposent en effet aux élus, avec tristesse et questionnements : “Nos connaissances ancestrales se sont évaporées, elles sont tombées dans l’oubli (…) nous avons perdu le lien avec notre langue. Sans ma langue quel est mon rapport à ma culture, mon rapport avec l’environnement ?”.

Ils remarquent que la population “s’est habituée à un système qui l’a coupée de son mode de vie et de ses traditions”, et qu’il sera difficile de tout réapprendre. “Il faudra au moins deux générations pour réinventer nos savoir-faire sur la base des pratiques anciennes. L’argent a tout changé et la nature a été laissée pour compte.”
Pour autant, “l’optimisme reste de mise devant nos savoirs et valeurs qui prennent appui sur l’environnement”.

Et les élus de citer les nombreuses activités, de l’artisanat à l’agriculture, en passant par la culture, qui “mettent en valeur notre environnement, procurent du bien-être et nous poussent à le préserver .(…) Nous avons même pu parfois transposer notre culture de la parole à de nouveaux modes de gestion comme les aires marines éducatives, les plans généraux des espaces maritimes, les zones de pêche réglementées, les aires marines protégées, les aires marines gérées…”

 

“Choisir un modèle adapté”

 

Cela dit, un sentiment demeure aussi que tous ces savoirs ne concernent qu’une petite partie de la population et que l’autre ne les connaît plus et a perdu ce lien avec la nature.

S’il n’est pas possible de revenir en arrière, “la question qui doit nous occuper consiste à savoir comment concilier modernité et tradition”, expliquent les élus. Face à un modèle de développement qui “nous a été imposé”, ils souhaitent “choisir un modèle adapté à leur contexte et en phase avec leur environnement”, qui permette de “se concentrer sur la transmission de nos savoir-faire aux nouvelles générations”.

Les tavana estiment de même qu’à la transmission orale des savoirs doit s’ajouter celle de l’écrit “pour garder une mémoire de tout ce qui nous a permis, pendant des siècles, de vivre en harmonie avec notre vision”.

Ils suggèrent aussi que “préserver nos savoirs traditionnels pourrait peut-être passer par le vote d’une loi dans ce sens”, sans oublier “la création de labels et de brevets”.

“Il faut que nous apprenions à construire des projets de développement durable avec nos populations”, poursuivent les tavana, qui pensent que, pour y parvenir, “nous n’avons pas besoin d’attendre le Pays”. “Nous pouvons donner l’exemple et nous devons être exemplaires.”

Une prise de conscience s’est en effet faite jour : “Quoi qu’il en soit, nous devons agir car la situation est urgente. Notre mode de vie nous mène dans le mur…”

Le président du SPCPF a ainsi invité chaque maire à intégrer cette problématique dans chacun de leurs projets d’investissement et “de faire dorénavant de ce sujet de l’environnement, un sujet récurrent de nos rassemblements, qui ne se limite pas à un seul congrès.”

 

C.J.

 

 

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