La Maison de la culture au cœur du triangle polynésien

    lundi 12 septembre 2016

    maison

    Rapa Nui, tout comme à Raiatea en l’an 2000, nous subjuguera. (Photo : archives LDT)

     

    Le premier Festival Polynesia – Te Moana Nui a Hiva s’ouvre aujourd’hui

     

    Le Festival Polynesia – Te Moana Nui a Hiva, qui s’ouvre aujourd’hui à la Maison de la culture (TFTN) de Papeete, est né d’une idée originale de Heremoana Maamaatuaiahutapu, actuel ministre de la Culture et ancien directeur du lieu, cher à ses yeux.

    Après des réussites comme le Festival international du film documentaire océanien (Fifo) figure, parmi ses nombreuses idées pour défendre et promouvoir la culture locale, un festival du triangle polynésien.

    Mais pris par le temps, il ne pourra pas concrétiser ce projet. L’homme de culture laissera finalement son “bébé” dormir dans un carton, avant de le relancer et d’en confier l’organisation à son ancien fare. Et c’est aujourd’hui le jour J.

    Pour que la jeune génération d’aujourd’hui puisse se réapproprier les savoirs de nos anciens, savoirs qui fondent cette richesse polynésienne, le festival propose un programme riche en activités : ateliers, conférences, masterclasses, démonstrations…

    Des activités destinées au public, mais aussi aux artistes polynésiens, qui pourront par ailleurs exposer leurs œuvres au village.

     

    Une première fortement attendue

     

    Et là encore, le festival innove. Les stands du village ne seront pas organisés par délégation, mais par type d’art.

    Notre objectif est de mélanger les artistes polynésiens et ainsi de recréer le lien qui a plus ou moins disparu”, précise le coordinateur de cet événement nouveau dans le calendrier des manifestations, Billy Vaitoare.

    Ce dernier, en plus de la conception des activités du festival, a été en charge de contacter les artistes des trois délégations : Nouvelle-Zélande, Hawaii et île de Pâques.

    Chacune d’entre elles est arrivée à réunir entre 15 et 30 artistes, séduite par le concept du festival, “car il ne s’agit pas seulement d’un festival spectacle, mais d’un événement avec une visée plus profonde, pertinente et novatrice”, admet Billy Vaitoare, qui, comme TFTN, souhaiterait que le festival se pérennise.

    L’idée serait de l’organiser tous les trois ans, et pour la deuxième édition, il s’agirait d’inviter également des pays comme les Samoa ou les îles Cook.

    La préparation de cette première édition a nécessité plus d’un an et ce sont donc plus de 200 artistes des trois coins du triangle polynésien qui vont tout donner, mais aussi recevoir et partager, durant ces cinq jours de festivités.

    Tel est d’ailleurs le but avoué de ce festival, à savoir “donner à voir, à entendre et à partager les valeurs de ce qui fonde notre identité, à la fois commune et diverse”, comme il est précisé dans “le mot du ministre” du programme officiel.

    Trois cents ni’au vont décorer les stands, les chapiteaux, les couloirs de TFTN, la tribune ou encore To’ata.

    Sans compter les bambous et les palmiers, mais aussi les fleurs comme les oiseaux du paradis car, finalement, l’échange de nos cultures se fait et commence, aussi, par le visuel, reconnaît la grande organisatrice de la décoration, Elma Manate.

    Côté coulisses, il vous sera possible de rencontrer chaque artiste sur scène bien sûr, mais aussi via des ateliers, thème du festival (la transmission) oblige.

    Chaque atelier dure une heure environ et vous permettra d’en savoir plus sur l’artisanat, la peinture, les contes, la sculpture, la photographie, le tatouage, la musique, le tapa (ou kapa) et, bien sûr, la danse (‘ori Tahiti, ’ori Rapa Nui, hula et haka).

    Les amateurs avertis ou les artistes en herbe, dans le prolongement des ateliers, pourront se perfectionner via des masterclasses de 90 minutes, en peinture, musique, danses et sculpture.

    Pour les passionnés et les férus d’histoire, chaque délégation donnera une ou plusieurs conférences, gratuites.

    Des tables rondes (promotion des langues, photographie) et des conférences viendront également alimenter le(s) débat(s).

    Initiative intéressante, des “rencontres privées” entre professionnels sont également prévues.

    Les matahiapo discuteront entre eux et il en sera de même pour les sculpteurs, les peintres et les tatoueurs.

     

    Le pa’epa’e a Hiro, lieu de rencontres

     

    La pa’epa’e a Hiro, lieu de rencontres privilégié du Fifo et de nombreuses manifestations, accueillera une activité constante.

    Outre ces diverses rencontres-tables rondes, il sera le lieu de différentes démonstrations, tout au long de la semaine, des sports traditionnels au Takona (tatouage corporel éphémère pascuan).

    Des expositions seront également dressées dans l’enceinte de TFTN, tandis que sur le parking, sera installé un village d’artisans du triangle alors que le petit théâtre sera le centre de visionnage d’une sélection de documentaires du Fifo, avec une sélection évidemment liée au cher triangle polynésien.

    Le festival prendra également la poudre d’escampette, et ce, même jusqu’à Raiatea, le 15 septembre, pour une cérémonie sur le marae de Taputapuatea, si symbolique pour le triangle polynésien, où s’était également déroulé, en avril 2000, le Festival international du tatouage qui avait également réuni l’ensemble du triangle et auquel avait notamment participé le Pascuan Mokomae Araki Hormazabal (lire notre édition de samedi dernier).

    À cet égard, diverses délégations ont visité le Fare Hape de Papeno’o, en amont de Polynesia.

    Toujours hors des murs, mais plus près de la Maison de la culture, un concours d’arts plastiques est organisé pour les scolaires et deux groupes de trois artistes rendront visite aux détenus de Nuutania.
    Enfin, côté shows, le grand théâtre, chaque soir, est la place dédiée à la danse avec notamment Hitireva pour Tahiti, demain.

    Il y aura de la danse, mais aussi des contes et légendes avec une soirée spéciale dédiée sur le pa’epa’e, jeudi soir.

    Et pour terminer en beauté, c’est To’ata qui clora le Festival Polynesia, avec quatre formations (modernes) sur scène.

     

    Christophe Cozette

     

    Informations pratiques

    Festival Polynesia – Te Moana Nui a Hiva
    Du 12 au 17 septembre à la Maison de la culture. Entrée gratuite sauf spectacles et masterclasses.
    Spectacles (payants), ateliers, rencontres, expositions, concerts.
    Hawaii : 30 artistes
    Nouvelle-Zélande : 15 artistes
    Rapa Nui : 28 artistes
    Polynésie : 120 artistes

     

        Retrouvez dans notre édition du jour :       

    • Article complémentaire : Pèlerinage du groupe hawaiien dans la vallée de Papeno’o
    • Plus de photos
    • Réaction : Papa Hapon, président de l’association Haururu

     

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