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Maison médicale de garde : 300 personnes prises en charge en un mois

lundi 16 avril 2018

photo 2Le succès est indéniable et la satisfaction unanime. Et cette satisfaction est assez exceptionnelle, en si peu de temps, pour être soulignée car du patient au médecin urgentiste en passant par l’administration de l’hôpital, tous reconnaissent son efficacité immédiate.

Selon l’un des cadres du service des urgences, Laurent Coulon, le temps d’attente pour un patient relevant d’une consultation de médecine générale, qui pouvait patienter près de 4 heures, a été divisé par quatre. Une information confirmée par plusieurs patients reçus par la maison médicale de garde, vendredi dernier.

“Je viens seulement d’arriver et j’ai immédiatement été prise en charge”, souligne une mère de famille, venue aux urgences pour son bébé. Je suis très content”, souligne un autre patient, qui précise être arrivé aux urgences il y a seulement 15 minutes. Même son de cloche du côté du chef de service des urgences, Loïc Durand, qui, lui, met en avant une plus grande sérénité de ses médecins.

“Les urgentistes sont moins sous pression car souvent, les patients ne comprennent pas la priorité de notre prise en charge. Aux urgences, les patients prioritaires sont ceux dont le pronostic vital peut être en danger s’ils ne sont pas pris en charge dans les 20 minutes. Donc en fonction du flux de patients, les premiers dont on s’occupe sont ceux qui relèvent de l’urgence vitale. C’est pourquoi certains patients arrivés avant d’autres doivent patienter, parfois des heures, avant d’être auscultés parce que leur vie n’est pas en danger.

 

8 % de l’activité du service des urgences

 

Cela crée de l’impatience, de l’incompréhension, de l’agacement, et les urgentistes qui savent qu’une vingtaine de patients patientent, sont sous pression. Donc de pouvoir offrir à ces malades, une prise en charge plus rapide et, dans le même temps, permettre aux urgentistes d’ausculter sereinement les patients en état grave, c’est un confort .
Pour Loïc Durand, la maison médicale de garde est une option supplémentaire pour assurer la permanence des soins qui, comme il le souligne, existait déjà grâce à l’ordre des médecins et aux médecins de garde dans chaque commune. La permanence des soins est assurée. Mais le week-end, un grand nombre de patients viennent directement aux urgences”, précise-t-il.
Depuis son ouverture, le 16 mars, la maison médicale de garde, qui assure une permanence des soins aux heures et aux jours où les cabinets des médecins de ville sont fermés ou en activité réduite, donc exclusivement les week-end et jours fériés, a déjà permis d’absorber près de 8 % de l’activité du service des urgences, avec près de 300 patients pris en charge en un mois.
La maison médicale de garde travaille avec 12 infirmiers et 8 médecins vacataires. Pour Hervé Vergeaud, infirmier en poste isolé durant 30 ans et à l’origine du projet, la maison médicale de garde a pour vocation d’évoluer en fonction des besoins réels.

“La maison médicale est à l’essai jusqu’en décembre 2019. Donc si nous avons besoin de réajuster ses heures et jours d’ouverture en fonction de la réalité. Nous le ferons car c’est un service qui a pour but de faire gagner du temps et de diriger les gens dans la bonne filière de soins.”
Selon le responsable du projet, la maison médicale de garde a été montée et organisée pour pouvoir accueillir entre 110 et 130 patients par week-end. Le service des urgences du CHPF prend , lui, en charge entre 3 800 et 4 000 patients par mois.

Jen.R

 

 

“La maison médicale de garde est là pour rendre leur métier aux urgentistes”

Hervé Vergeaud
Responsable
du projet de la maison médicale de garde

 

La MDG ne devait être accessible qu’aux ressortissants du RNS et du RSPF, dans un premier temps. Pourquoi ce choix est-il devenu obsolète ?
Lorsque l’on a présenté ce projet à la CPS, qui s’est réunie lors d’un comité de santé, où les trois régimes étaient représentés, seuls deux régimes ont immédiatement validé le projet. La réponse du ministère était donc de l’ouvrir, dans un premier temps, à ces deux régimes. Mais parce qu’il n’était pas question de refuser qui que ce soit, car cela me semblait absurde et pas très éthique, j’ai préféré retarder l’ouverture pour pouvoir prendre tout le monde. Il n’était pas question de faire de différences. Donc aujourd’hui, la maison médicale de garde est ouverte à tous les ressortissants de l’assurance maladie, sans distinction.

Comment sont orientés les patients pris en charge par la maison médicale de garde ?
L’orientation est faite par l’infirmier d’orientation du service des urgences, qui détermine l’urgence de la prise en charge. Il va décider de diriger le patient vers la maison médicale de garde. Mais il se peut aussi que nous réorientions le patient vers les urgences. La dernière fois, nous avons vu une femme qui toussait, à l’examen. Cela faisait plus d’un mois. Il y avait une suspicion de tuberculose, donc il fallait une radio. On ne passe à côté de rien, et la patiente ayant déjà été auscultée par le médecin, elle est passée directement dans la filière box car le diagnostic avait déjà été posé. Donc il n’y a pas d’attente.

Comment voyez-vous votre collaboration avec le service des urgences ?

Les médecins urgentistes sont faits pour sauver des gens qui sont dans des états critiques. Bien sûr que celui qui peut le plus, peut le moins. Donc ces médecins peuvent soigner une angine mais ce n’est vraiment pas leur métier. La maison médicale de garde est là pour leur rendre leur métier. Un service des urgences est fait pour accueillir des urgences, avec des boxes hyper équipés. Or on ne met pas des scopes ou des respirateurs dans des boxes pour soigner des angines. Ce n’est pas fait pour ça.
Et une urgence vitale nécessite souvent deux ou trois médecins et tout autant d’infirmiers et peut prendre plusieurs heures, d’où des heures d’attente pour les autres patients qui peuvent s’impatienter. Notre rôle est donc de rendre leur métier à ces spécialistes, qui peuvent se concentrer sur ce qu’ils font. Car c’est très inconfortable de travailler en flux tendu parce qu’une trentaine de patients attend et trépigne.

Vous refusez de dire que la MDG traite la bobologie. Pourquoi ?
Car cela donne l’impression que ce sont des patients qui vont venir gêner le système de santé pour rien, alors que ce n’est pas le cas. Un bébé qui a minuit fait 39° de fièvre et fait des convulsions, ce n’est pas de la bobologie ; cela relève de la médecine générale. Un gamin qui hurle en pleine nuit parce qu’il a une otite, les parents inquiets vont l’emmener aux urgences. Ils ont besoin d’avoir une réponse médicale. Une angine mal soignée cela peut être un RAA, il faut donner un diagnostic à ces patients et un traitement. Ce n’est pas de la bobologie. Quand des femmes viennent pour des coups et blessures, ce n’est pas de la bobologie, mais cela ne relève pas de l’urgence vitale.

La maison médicale de garde pourrait-elle être une réponse supplémentaire en cas d’épidémie ?
Oui, elle peut être une réponse à un phénomène épidémique. La maison médicale de garde peut s’adapter et répondre à des besoins sanitaires d’urgence. L’intérêt de la maison médicale de garde, en cas d’épidémie, c’est de pouvoir décider, par décret, par mesure administrative, d’ouvrir de telle heure à telle heure avec les médecins réservistes. C’est une réserve sanitaire qui peut permettre d’augmenter, pendant un temps x, le nombre de médecins généralistes en activité pour répondre à un phénomène épidémiologique. C’est une soupape de sécurité, de désengorgement des urgences et d’accès aux soins pour les gens qui n’ont pas d’argent.

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