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Makau Foster Delcuvellerie tire sa révérence sur une victoire

vendredi 21 juillet 2017

makau foster

Makau Foster Delcuvellerie termine sa carrière culturelle en beauté. Au sujet de cette victoire, elle dit que “gagner un prix, ça représente une référence en plus, une notoriété plus importante, mais ce qui compte pour moi, ce qui fait mon bonheur aujourd’hui, c’est d’avoir réussi à obtenir cette cohésion extraordinaire dans le groupe”. (© Nicolas Perez)


Le groupe Tamariki Poerani, de Makau Foster Delcuvellerie, a été sacré, mercredi soir, grand gagnant de la catégorie reine du Heiva i Tahiti. Une victoire qui tombe plutôt bien pour celle qui a décidé de rendre son more pour s’occuper de sa famille et passer du temps dans son île natale, Hao. À cette occasion, La Dépêche revient ici avec elle sur quelques grands moments de sa carrière.

Elle l’annonçait, il y a quelques semaines déjà : ce Heiva i Tahiti serait son dernier. Makau Foster Delcuvellerie, grande dame du ‘ori Tahiti, range son more pour prendre sa retraite.

La Dépêche est allé à sa rencontre mardi, la veille de la soirée de remise des prix, pour revenir avec elle sur sa carrière. Une entrevue obtenue non sans peine, car à notre première sollicitation, sa réponse était aussi claire qu’humble.

“Mais enfin, c’est pas intéressant… Je prends ma retraite comme toutes les personnes de mon âge. Il n’y a pas de quoi écrire un article…”

Il aura fallu insister un peu, mais finalement le rendez-vous est fixé à 10 heures, ce jour-là, à son école de danse, à Papeete. Nous arrivons pile à l’heure et la découvrons en train de finir un exercice avec ses élèves, des Japonaises, des Mexicaines, des Hawaiiennes…

Puis elle enchaîne avec une explication sur le fa’arapu et elles repartent toutes sur un ‘aparima. Le cours a largement débordé de son créneau.

Sa passion a pris le pas sur l’horloge. En voyant cela, on ne peut donc que se demander : ira-t-elle vraiment à la retraite ?

“Oui, assure-t-elle dans un sourire. Cela fait trois ans que je me prépare à la retraite, pas parce que je n’ai plus envie de continuer, mais parce qu’il y a un moment où il faut savoir s’arrêter. J’ai dansé toute ma vie, pas simplement un peu par-ci, un peu par-là. J’ai dansé du matin jusqu’au soir, tous les jours sauf le dimanche. Et le corps en prend un coup, parce que je ne suis pas une personne qui fait les choses à moitié. Je fais toujours à 200 %. Je ne fais pas semblant quand je danse. Donc là, je vais lever le pied. C’est très dur parce que j’aime ça, j’aime enseigner, mais là je suis prête à passer la main. C’est ma fille Kohai qui va assurer ma relève. Elle va s’occuper de la troupe, et il y a d’autres jeunes sur qui elle peut compter pour que continue de vivre Tamariki Poerani.”

 

“Une autre vie qui m’attend”

 

Pour Makau Foster Delcuvellerie, la retraite commence dimanche à Hao, l’atoll des Tuamotu où elle est née. Car c’est en partie ainsi qu’elle voit ses vieux jours.

“J’ai choisi d’aller un peu aux Tuamotu. J’ai un grand garçon là-bas. J’aimerais bien passer du temps avec lui, l’aider dans ses parcs à poissons, dans ses poulaillers ; planter des arbres, du miro, du tamanu… J’ai aussi une fille en Nouvelle-Zélande. J’aimerais bien partir sans me soucier de savoir que je suis obligée de rentrer parce qu’il y a ça et ça qui m’attend. Ne serait-ce même pour mon mari, être avec lui, tout simplement, qu’il ait besoin ou pas de moi. C’est concrètement une autre vie qui m’attend, un revirement. J’ai envie de vivre cette partie de ma vie que j’ai mise de côté. La culture, mon école de danse, la danse et mes voyages sont passés avant tout et ma famille était au second plan. Là, je vais faire l’inverse. Si quelqu’un me demande de l’aider ponctuellement dans la culture, je vais aider, mais ce ne sera plus ma priorité.”

Hier, au lendemain de sa victoire au Heiva i Tahiti, nous l’avons rappelée pour avoir son sentiment.

Encore un peu fatiguée de la veille, elle confiait, toujours avec le sourire dans la voix : “On a été deuxième, on a été troisième, on a gagné des prix, mais là, vraiment, c’est la première fois qu’on gagne le grand prix. On avait gagné tous les autres prix, sauf celui-là. J’espère qu’ils ne me l’ont pas donné parce que je vais à la retraite, ce serait trop triste pour les danseurs et danseuses. Mais je pense que non, ils l’ont mérité. Parce que je ne l’ai pas fait toute seule. Ils ont travaillé et c’est là où est mon bonheur : les jeunes, les filles, les garçons, les musiciens et les chanteurs étaient tellement solidaires, avec une cohésion vraiment fraternelle et vraiment belle. C’est ça qui aujourd’hui me rend tellement heureuse, c’est d’avoir réussi à les souder. Gagner un prix, ça représente une référence en plus, une notoriété plus importante, mais ce qui compte pour moi, ce qui fait mon bonheur aujourd’hui, c’est d’avoir réussi à obtenir cette cohésion extraordinaire dans le groupe”.

 

V.H.

 

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• Retrouvez l’intégralité de notre dossier sur Makau Foster dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique

 

 

 

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