Malaysia Airlines va réduire la voilure et changer de P-dg

lundi 13 octobre 2014

Au bord du gouffre après deux catastrophes aériennes qui ont exacerbé ses difficultés, Malaysia Airlines va saigner ses effectifs et ses opérations en attendant la nomination d’un nouveau P-dg dont la mission sera de réhabiliter la compagnie auprès des voyageurs.
Avec l’objectif de faire du transporteur malade une entreprise rentable dans les trois années à venir, le fonds d’investissement public Khazanah Nasional, qui détient 70% de son capital, veut injecter 6 milliards de ringgits (1,44 milliard d’euros) en contrepartie d’une douloureuse cure d’amaigrissement.
« La combinaison des mesures annoncées aujourd’hui (vendredi) va permettre à notre compagnie aérienne nationale de ressusciter« , a assuré le patron du fonds, Azman Mokhtar, au cours d’une conférence de presse. Il prévoit la suppression d’un poste sur trois pour faire descendre le nombre d’employés à 14 000 contre près de 20 000 actuellement et mettre la compagnie « sur le bon pied en termes d’effectifs ».
Malaysia Airlines devra renoncer à certaines dessertes déficitaires maintenues pour une question de prestige en dépit de toute logique commerciale, et devenir une compagnie « principalement régionale ». Un nouveau P-dg sera nommé avant la fin de l’année. Le patron en exercice, Ahmad Jauhari Yahya, restera à son poste jusqu’en juillet 2015 pour assurer une transition en douceur.
Enfin Khazanah Nasional va étudier la pertinence d’une cession, au moins partielle, de ses parts dans le capital de Malaysia Airlines « à des acheteurs stratégiques du secteur privé ». En grande difficulté depuis 2011, Malaysia Airlines a vu ses pertes quasiment doubler au deuxième trimestre après la disparition le 8 mars du vol MH370 qui a entraîné une chute des réservations.
MAS avait fait état jeudi d’une perte nette de 305 millions de ringgits (73 millions d’euros) sur la période avril-juin, suivant la disparition du Boeing assurant la liaison Kuala Lumpur – Pékin avec 239 passagers et membres d’équipage.
 

Un redressement difficile

 
La compagnie de ce petit pays d’Asie du Sud-Est, qui avait avant cette année une bonne réputation en matière de sécurité, se retrouve au bord du précipice depuis la disparition inexpliquée du MH370 et le crash d’un autre appareil avec 298 personnes à bord, abattu le 17 juillet (vol MH17) au-dessus de l’Ukraine.
Et le pire est à venir, l’impact financier complet de la double tragédie du MH370 et MH17 ne devant se faire sentir qu’au second semestre. Les réservations ont chuté de plus de 30% après le 17 juillet. Malaysia Airlines souffrait néanmoins avant ces catastrophes de l’intensification de la concurrence régionale, en particulier de l’essor des compagnies à bas coûts. A raison de 1 à 2 millions de dollars pertes quotidiennes, Malaysia Airlines a perdu 1,3 milliard de dollars (plus de 900 millions d’euros) en trois ans et sa trésorerie ne lui laisserait que quelques mois de répit.
MAS emploie 19 500 personnes. En comparaison, la prestigieuse Singapour Airlines emploie 23 800 personnes alors que ses opérations sont beaucoup plus étendues. Les analystes qui plaidaient de longue date pour un électrochoc social et opérationnel indispensable, selon eux, pour sauver la compagnie, devraient être satisfaits. Mais pour d’autres, rien n’est encore joué.
« Il sera immensément difficile pour MAS de se redresser », selon Shukor Yusof du cabinet de conseil aéronautique Endau Analytics, estimant que l’image de marque de la compagnie est durablement ternie depuis la disparition du MH370.
Pour autant, un changement de nom n’est pas d’actualité, a assuré son actionnaire de référence.
Le vol MH370 s’est volatilisé peu après son décollage de Kuala Lumpur. L’avion a changé radicalement de plan de vol, virant vers l’ouest, puis le sud, en direction de l’océan Indien où il serait tombé, à court de carburant. Aucune trace de l’appareil n’a été retrouvée depuis.
Quant au vol MH17, il a été abattu par un missile le 17 juillet alors qu’il survolait le territoire contrôlé par les séparatistes prorusses. Le travail des experts internationaux sur place a été suspendu début août à cause des combats autour de la zone des débris.

AFP

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