Malbouffe et manque d’exercice physique : un cocktail explosif

    vendredi 6 novembre 2015

    Nous mangeons, trop, trop souvent et surtout mal, très mal. C’est le terrible constat alarmant et alarmiste, mais connu depuis belle lurette, qu’a fait hier matin, à la direction de la santé, le ministre Patrick Howell – mais que nous pouvons tous faire – lors de la présentation des actions de la campagne de lutte contre le diabète, qui sera menée en deux temps à Tahiti, les 14 et 15 novembre, mais aussi partout dans les archipels. 
    Malgré des années de lutte, la direction de la santé, ses partenaires directs, mais aussi indirects, informent et sensibilisent la population. Pour autant, force est de constater que le résultat obtenu ressemble plus à un cautère sur une jambe de bois, ou plutôt à une piqûre d’insuline sur un corps obèse. 
    “On est en train de tuer le peuple avec la malbouffe et l’absence d’exercice physique”, a martelé le taote Howell, l’air grave, malgré son humour bien connu, lors de cette présentation d’actions de lutte, hier matin. 
    Bien évidemment, les différents gouvernements tentent d’influencer l’explosion exponentielle des chiffres et ce, depuis un plan d’action établi en 1999 qui implique l’ensemble des ministères, mais le bilan ne peut être considéré que comme un échec patent, quelle que soit la couleur du gouvernement. 
    Un seul chiffre à retenir : entre 1995 et 2015, le nombre de patients traités en longue maladie est passé de 1 250 à 8 150, soit une augmentation, en deux décennies, de + 554%. 

    “Modifier son style de vie”

    Un chiffre obèse, qui nous pousse au régime sec, d’autant plus que la CPS, censée se serrer la ceinture, débourse près de 3 milliards de francs chaque année pour soigner une bonne partie de ces 40 % de la population, qualifiée d’obèse (70 % en surpoids). 
    Et les conséquences hormis un coût faramineux pour la collectivité, sont catastrophiques et tombent en cascade : fatigue, baisse de la vue, troubles de l’érection sont des phénomènes fréquents et sont souvent les symptômes du diabète, qui peut également affecter le cerveau, le cœur et les reins. 
    Le phénomène est également mondial. 347 millions de personnes sont atteintes de diabète de type 2 (le plus fréquent en Polynésie, très loin devant le cas de type 1, qui “se compte sur les doigts de deux mains”, selon les responsables de la direction de la santé) selon l’OMS. 
    En 2013, il a causé la mort de 5,1 millions de personnes, soit un décès toutes les 7 secondes. Un holocauste alimentaire. Et en Polynésie, “on se tire une balle dans le pied”, a imagé l’ancien docteur. 
    Outre le fait que la Polynésie, de Tahiti aux Australes en passant par la presqu’île, se mobilise plusieurs jours contre le diabète (lire le programme), “la santé est (bien) l’affaire de tous”, a répété avec insistance le ministre, qui souhaite à l’instar de Tairapu Ouest et de son tavana Wilfrid Tavaearii, présent hier matin, mobiliser les communes mais aussi les instances religieuses afin de faire “descendre le message dans les familles”. 
    “On a tendance à manger n’importe quoi”, a regretté Patrick Howell pour qui, il “suffit de modifier son style de vie pour perdre du poids et faire de l’exercice”. “Ce n’est pas sorcier, c’est simple” a-t-il déclaré comme pour conjurer le sort. Il reste néanmoins confiant, tout comme les services sous sa responsabilité. 
    “Les enjeux ne sont pas insurmontables”, a-t-on pu entendre même si cela avait le goût de méthode Coué.
    Alors, faisons fi de la sauce beurre, des menus BigMachin et autres sodas en tout genre, et faisons de l’exercice. 
    Mangeons bon, mangeons bio, mangeons moins et aux heures de repas. Planter et s’occuper de son potager peut être une solution globale, qui permet une alimentation saine, tout en faisant de l’exercice, a rappelé Patrick Howell. 
    “Comment s’occuper de son potager” sera d’ailleurs une activité proposée le 14 à la marina de Pueu. Et mastiquez ! “Bien mastiquer vous fait manger deux fois moins”, a précisé Patrick Howell, tout en fatiguant moins l’estomac. Quoi qu’il en soit, il nous faut réagir. Soit maigrir, soit mourir. . 

    Christophe Cozette

    lebororo 2015-11-07 02:31:00
    Revenir au naturel et reprendre de l’activité physique...
    Prendre un peu plus de temps pour consommer, manger proprement plus de légumes...
    Le pissenlit, le persil et pleins de légumes frais et des fruits sont importants aussi.
    La digestion commence toujours 3 heures après le repas.
    Ne plus se gaver non plus ♥
    Zob 2015-11-06 15:52:00
    D'accord avec Duc, dans la nature les plus faibles sont éliminés au profit du plus fort "genetique". Tu bouffes de la merde ben assume. Dire que temaru veut l’indépendance alors que son peuple se gave de sucre, de gras et d'alcool. Que des trucs pas Maohi. Ça va être difficile le sevrage et la gueule de bois
    Duc 2015-11-06 14:58:00
    Si on laisse faire la nature sans intervention humaine, le probleme serait resolu:-) ?
    Tommy 2015-11-06 12:47:00
    "On est en train de tuer le peuple avec la malbouffe, etc."

    Constatation du ministre Howell très mal formulée ou délibérée pour caresser l'électeur obèse/diabétique dans le sens du poil, comme si quelqu'un ou quelque chose d'extérieur était responsable de "tuer" le peuple. C'est juste le langage qu'il faut pour deresponsabiliser les gens. "C'est pas ma faute, c'est celle de trop de sucre, trop de gras, etc. Il faut arrêter avec cette mentalité d'autruche qui bouffe n'importe quoi !!!
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