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Le mana pour séduire les touristes américains et canadiens

jeudi 6 décembre 2018

CP Lead Tahiiti Travel exchange

Dans les salons de l’Intercontinental Tahiti, 35 tables pour que les acteurs du tourisme local présentent leur produit aux voyagistes américains et canadiens, sous l’œil attentif du staff de Tahiti Tourisme qui organise l’événement. (Photo : Caroline Perdrix)

Quatorze tour-opérateurs et 120 agents de voyages américains et canadiens ont fait le déplacement pour participer au 14e Tahiti Travel Exchange, un rendez-vous avec les acteurs du tourisme polynésien, suivi d’une semaine dans les îles. Comme chaque année, il leur est demandé de « faire » au moins trois îles, dont une hors des sentiers battus.

Organisé par Tahiti Tourisme avec le partenariat d’Air Tahiti Nui, l’événement est crucial, car l’Amérique du Nord reste le plus gros marché émetteur de touristes. Sur les neuf premiers mois de 2018, 37 % des arrivées (soit 59 230 visiteurs) venaient de ces deux grands pays. La plupart sont Américains, les Canadiens ne représentant que 1 200 personnes, mais c’est une augmentation de 26 %, facilitée par l’ouverture d’un bureau de Tahiti Tourisme à Toronto, fin 2017, et une campagne spécifique sur les pensions de famille, cette année.

 

Les clichés ont la vie dure

 

Car l’un des principaux enjeux, c’est le renouveau de la petite hôtellerie familiale, rebaptisée « Tahitian Guesthouses”. Alors que les hôtels classiques sont rapidement surbookés, c’est là que se trouve le réservoir de chambres pour les visiteurs qui voient dans les tarifs aériens en baisse la possibilité de découvrir la Polynésie, et qui recherchent une expérience plus intime et plus “vraie ».

Si certaines pensions sont aujourd’hui plus luxueuses que des hôtels étoilés, le message a du mal à passer. Les agents de voyages américains restent en grande majorité bloqués sur la combinaison Bora-pilotis-lune de miel et les grandes enseignes reconnaissables à l’international rassurent leur clientèle. Mais la combinaison des deux types d’hébergement dans un séjour devrait permettre d’y remédier graduellement.

Ouvert hier matin par la présidente du conseil d’administration de Tahiti Tourisme, Maïlee Faugerat, le Tahiti Travel Exchange consiste en une journée intensive de rencontres entre les professionnels nord-américains et 35 acteurs, très diversifiés, du tourisme local.

Pour la première fois, French Bee était présent, ainsi que Air Tahiti Nui, Air Tahiti et Air France. Outre les grands groupes hôteliers, Aranui, les loueurs de yachts, les clubs de plongée, les prestataires d’excursions, et les spécialistes de la perle de Tahiti, plusieurs représentants du versant moins formaté du tourisme et de la culture : l’association Moorea Coral Gardeners, créée par des adolescents passionnés, les promoteurs du mono’i que chaque client peut personnaliser, et l’association Ia Ora qui fédère depuis 2010 les hôtels de famille, ou encore le Vanira Lodge de Teahupoo.

De quoi inciter les visiteurs nord-américains à « ressentir le mana” vanté par la stratégie de marque de la destination.

C.P.

 

 

Mailee Faugerat

« Expliquer le concept de pension de famille »

Mailee Faugerat, présidente de Tahiti Tourisme

 

Est-ce que les agents de voyages nord-américains voient l’offre de sièges supplémentaires comme une opportunité ?

Absolument. Nous avons rappelé, ce matin, les derniers développements. Par exemple, le fait qu’Hawaiian Airlines envisage de maintenir toute l’année sa fréquence supplémentaire hebdomadaire. Cela pourrait représenter de belles opportunités pour le marché asiatique. On a déjà des touristes qui viennent du Japon via Hawaii.

Mais ce qu’il faut surtout noter, c’est l’augmentation de 26 % de nos touristes canadiens depuis le début de l’année, soit 1 200 visiteurs. C’est lié à l’ouverture de Tahiti Tourisme au Canada, avec une représentante hyper dynamique, et aux compagnies qui passent via San Francisco.

Est-ce que les tour-opérateurs construisent de nouveaux packages ?

Oui, c’est tout l’intérêt du Tahiti Travel Exchange. C’est de leur présenter de nouveaux types d’hébergement et de faire un rappel sur les différentes îles. Je pense notamment à Raiatea, avec Taputapuatea qui est désormais inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le gouvernement encourage la petite hôtellerie à rénover et rouvrir ses établissements. Est-ce que ça bouge ?

Ça bouge. Les agences de voyages disent que, grâce aux nouvelles compagnies aériennes, la destination est beaucoup plus accessible, et les Américains se permettent de rêver et de réaliser leur rêve en venant en Polynésie. Les prix deviennent abordables, surtout avec l’association de ces compagnies « smart cost » et des pensions de famille. On met en place la section pensions de famille sur notre site Internet. C’est encore en travaux mais au-delà de ça, il faut leur expliquer le concept de pension de famille, leur expliquer l’immersion dans la culture grâce à ce type d’hébergement.

 

 

 

 

CP Hironui Johnston

« La destination devient plus attirante »

Hironui Johnston, conseiller technique au ministère du Tourisme

 

« Nous accueillons environ 300 personnes. Tahiti Tourisme et les agents réceptifs ont organisé des voyages dans les îles pour ces chefs de produit qui vendent la destination. Nous les encourageons à voir d’autres îles que le fameux triptyque Tahiti-Bora Bora-Moorea, pour qu’ils puissent promouvoir la diversité de nos îles et de nos activités. On voit une augmentation de plus de 2 500 touristes en provenance des marchés nord-américains, sur les neuf premiers mois de l’année. La destination devient plus attirante, à la fois en termes de prix et de type de voyage. »

 

 

 

 

CP Maui Shan

« On s’agrandit ! »

Maui Shan, de l’auberge de jeunesse Mahana Lodge

 

Vous avez ouvert, il y a bientôt deux ans, la première auberge de jeunesse de Polynésie, comment ça se passe ?

Super bien, et on s’agrandit ! On avait commencé avec un étage. Six mois après, on avait deux étages, et ce matin, j’ai récupéré les clés du troisième étage ! Donc on a le bâtiment entier, et on peut accueillir 40 personnes. Avec l’espace récupéré, on ne va pas augmenter la capacité, mais on va avoir un lobby, faire de la location de scooters et de vélos, et proposer des excursions. On devrait être prêts pour mi-janvier.

Le concept fonctionne bien, Avez-vous envie de faire la même chose dans d’autres îles?

Oui, mais je regarde d’abord Tahiti. Je viens de la Presqu’île. Pour moi, c’est la prochaine étape, pas forcément une auberge de jeunesse mais plutôt une pension de famille.

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