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Manatea Lau, maître dans l’art du pliage

jeudi 29 novembre 2018

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Manatea fabrique un cygne avec de simples morceaux de papier.

Avec une simple feuille de papier, de ses doigts agiles, il crée des cygnes, des pingouins, des lapins… Des animaux nés de pliages impressionnants, grâce à sa maîtrise de l’origami modulaire.

Lui, c’est Manatea Lau, dit “Arno” (nom d’artiste), un Polynésien de 19 ans. D’origine chinoise, tahitienne et indienne, il a grandi dans l’amour de l’art. Sa maman étant créatrice de bijou, elle a initié Manatea dès son plus jeune âge à l’art du pliage. Une technique découverte à neuf ans. Un coup de cœur.

J’ai commencé par des origamis modulaires simples et faciles”, se rappelle-t-il. Un cygne qu’il a voulu reproduire, encore et encore. Jusqu’à pleinement y parvenir. Aujourd’hui patenté, il vit de ces pliages en papier, il est un des seuls à le faire au fenua et il explique son engouement.

 

Parcours scolaire normal

 

Ce jeune artiste a suivi un parcours scolaire normal. Il reconnaît qu’il était un gamin doué à l’école, mais hyperactif à la fois. Je ne me décrirai pas comme étant surdoué à l’école. Certes, j’avais de très bonnes notes. Je me souviens qu’on a voulu me faire sauter une classe en maternelle parce que j’étais en avance par rapport aux autres, mais finalement je n’ai pas voulu. J’étais un enfant hyperactif et on convoquait souvent ma maman. Il fallait qu’on trouve un moyen pour canaliser mon énergie. Elle m’a donc initié à l’origami modulaire. Plus j’en faisais et plus j’y prenais goût ! Ça m’a beaucoup aidé et j’ai pu canaliser mon énergie”.

Il a poursuivi sa scolarité au collège de Paea. Sa vie de collégien, il l’a très bien vécue. Et pourtant, il se faisait couramment punir par ses professeurs. Pourquoi ? Tout simplement parce que durant les cours, il confectionnait des origamis sous son bureau.

Au collège, j’ai été maintes fois sanctionné par mes professeurs. J’avoue que j’ai eu comme une passion explosive. Je ne pouvais pas m’empêcher de fabriquer des origamis modulaires. Je m’ennuyais en cours.” Néanmoins, ses enseignants ont été très impressionnés par son talent et ont décidé d’exposer ses œuvres au Centre de documentation et d’information.

Ensuite, Manatea a poursuivi au lycée de Papara, où il se faisait juger par ses camarades par rapport à son apparence.

Je suis une personne qui a un look atypique et excentrique. On me critiquait beaucoup et j’en ai un peu souffert. Aujourd’hui, je prends du recul. J’ai toujours voulu me démarquer des autres.” Malgré les critiques, Manatea a continué de créer et lui a valu une forte notoriété auprès de ses camarades. “Il n’y avait que moi qui fabriquais des origamis modulaires. J’étais devenu l’attraction à chaque récréation.”

 

« Que faire après mon Bac ? »

 

Une fois son Bac littéraire en poche, il se demandait ce qu’il pourrait faire ensuite. L’idée de travailler et de gagner des sous s’imposait, mais que faire. « Réellement je ne savais pas ce que je voulais faire, je me voyais archéologue, ou bien travailler dans l’administration en passant des concours.”

Toutefois, le jeune garçon décide sur un coup de tête de s’inscrire à l’Université de Polynésie française, en première année de licence économie et gestion. Il n’y reste que quelques mois. “J’ai décroché au bout de quelques mois. C’est ainsi que je me suis posé les bonnes questions. Qu’est-ce que je voulais vraiment faire ? J’avais envie de vivre de ma passion”.

Au début de cette année, avec les encouragements de ses proches, il fait le grand saut pour se consacrer pleinement à l’art du pliage.

J’ai fait de ma passion mon métier. Mes proches m’ont énormément poussé. J’ai pris une patente pour proposer mes formations et vendre mes créations. Je ne vis pas encore de mon art, mais ça viendra avec le temps. Petit à petit, je me fais connaître.”

Ses œuvres sont réalisées avec un pliage d’une seule feuille, sans découpage, ni collage. Le temps de fabrication de ses sujets, lui, varie… de 10 minutes pour un petit pingouin, réalisé en guise de démonstration, à 4 heures pour les plus complexes.

Certains origamis sont plus compliqués que d’autres comme l’origami modulaire qui permet d’augmenter le nombre de feuilles avec lesquelles on travaille pour réaliser un volume. Là, ça me prend plus ou moins une matinée.”

À force de travail, de soutien et de contacts, Il a exposé à la mairie Paea et à la librairie Odyssée, où il a pu vendre certaines de ses créations. “J’ai pu vendre trois à quatre origamis modulaires par exposition. Je les vends entre 1500 F et 4000 F, cela dépend du temps de travail. J’ai aussi des commandes personnalisées. Je ne cherche à tout prix à être riche. Je veux promouvoir mon talent et dire que je suis fier de mon travail !”

Si cet art du pliage vous intéresse, sachez que Manatea travaille avec la librairie Odyssée, entre autres, et qu’il y propose des ateliers pour toute la famille. Un prochain atelier origami modulaire se déroulera, de 9 à 11heures, à partir de 10 ans, le samedi 1er décembre.

J’emploierai alors la méthode de l’origami modulaire, qui consiste à assembler les différents éléments construits par chaque participant.”

Il est possible de le suivre sur sa page Facebook “Origamino”. On y découvre son univers et son amour pour cet art. Le jeune artiste a déjà une philosophie de vie : “Dis-toi que rien n’est impossible. Tu dois croire en tes capacités, te dépasser pour atteindre l’objectif visé.”

Jessica Maroaunui

 

 

 

Infos pratiques

Manatea Lau

Contact Facebook : Origamino

Samedi 1er décembre, prochain atelier d’origami modulaire

Pour les plus de 10 ans, de 9 à 11h, à la librairie Odyssée

Réservation au 40.54.25.25

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