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Un manque de “respect” qui aura coûté cher

vendredi 24 février 2017

victime correctionnelle

La victime souffre de dégâts irréparables au niveau du cerveau, l’incapacitant à 50 %. L’homme
a bénéficié d’une interruption temporaire de travail (ITT) de 338 jours et a été placé sous la tutelle
de son frère. (© Vaiana Hargous)


“C’est une affaire qui revient trop souvent au tribunal, dans le cadre de relations harmonieuses, dans un contexte de vie sur un atoll, et les choses tournent mal quand on a trop bu”, a regretté hier le président du tribunal correctionnel, avant de demander au prévenu : “C’est ce qui s’est passé pour vous ?”. “Oui”, a-t-il répondu dans un hochement de tête.

Thierry (nom d’emprunt) comparaissait hier pour violences suivies de mutilation ou d’infirmité permanente, pour des faits qui remontent à la nuit du 5 au 6 septembre 2015, sur l’atoll de Kauehi, aux Tuamotu.
Là-bas, Thierry, qui travaille le coprah, attache un grand soin à l’entretien de sa cocoteraie. Donc quand les gens viennent y boire de l’alcool puis repartent en laissant derrière eux leurs bouteilles vides, ça l’excède.
Et ce triste soir de septembre, c’est à partir de ce même sujet qu’a débuté une altercation entre lui et Jean (nom d’emprunt), sa victime.

Selon les faits relatés par Thierry, les deux hommes ont commencé à se disputer quand Jean a cassé une bouteille pour le menacer avec le tesson.
Thierry voit rouge, la bagarre démarre. Jean tombe au sol et Thierry se met à lui donner des coups de pied à la tête, ne s’arrêtant enfin que lorsque le jeune homme, la tête ensanglantée, ne bouge plus.
Thierry prévient son frère, qui est policier municipal. C’était vers 2 h 30 du matin, Jean n’arrivera à l’hôpital de Taaone à Tahiti qu’à 17 h 30.

La suite est dure. Trauma cranio-facial, contusions cérébrales, fractures faciales, plaies, abrasions…
Arrivé dans le coma au CHPF, Jean sera placé en coma artificiel au service de réanimation, le temps de lui prodiguer les soins nécessaires.

Aujourd’hui, il souffre de dégâts irréparables au niveau du cerveau, l’incapacitant à 50 %. Il a bénéficié d’une interruption temporaire de travail (ITT) de 338 jours et a été placé sous la tutelle de son frère. Jusqu’à aujourd’hui, du fait de sa condition, Jean n’a jamais pu être entendu sur sa version des faits.
Son frère a indiqué hier que Jean réagissait un peu, et qu’après un an et demi, il pou-vait enfin manger seul, mais que son évolution était incer-
taine…

À la barre, Thierry a reconnu les faits, ajoutant qu’il était très alcoolisé (16 bières) et qu’il n’a pas pu se contrôler. “Si on ne me respecte pas aussi…”, a-t-il lâché.
Le procureur a requis une peine de cinq ans de prison dont une partie, un an ou 18 mois, avec sursis, une mise à l’épreuve et l’obligation d’indemniser la victime et la Caisse de prévoyance sociale, qui réclame plus de
38 millions de francs pour les frais médicaux que ce coup de sang a engendrés.
Le frère de la victime ne s’étant porté partie civile qu’hier, le jugement des intérêts civils a été renvoyé au 14 juin.
Au niveau des sanctions pénales, le tribunal correctionnel a reconnu Thierry coupable des faits et, compte tenu de leur gravité, l’a condamné à cinq ans de prison, dont 18 mois avec
sursis. 

 

Compte rendu d’audience par V.H.

Orianne Obrize
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