Manu Farrarons fait le grand saut

    lundi 19 janvier 2015

    Tous les lundis, nous vous proposons de découvrir un homme ou une femme qui, à sa manière, illustre l’actualité. Aujourd’hui, voici le portrait de Manu Farrarons, un passionné de dessin, d’histoire, de tatouage et de la Polynésie française. Tatoueur depuis 1991, récemment nommé ambassadeur pour la compagnie aérienne Air Tahiti Nui, il vient de recevoir une proposition qui ne se refuse pas, une place au sein du renommé salon de tatouage Zulu Tattoo, à Los Angeles, où il va essentiellement tatouer du polynésien.

    Manu Farrarons, le joyeux luron au dermographe, est un drôle de personnage. Un atypique au parcours singulier. Un tatoueur tombé dans l’encrier quand il était petit. Amoureux de la vie, mais surtout de la Polynésie française, de son art et de sa culture, cet idéaliste, a décidé de faire de la peau, une toile vivante.
    Passionné de dessin, dès son arrivée à 13 ans au fenua, les motifs polynésiens le happent, l’interpellent. “J’aime les motifs tahitiens. Depuis très jeune, j’ai toujours été attiré par ces motifs. À l’époque, quand j’avais environ 15 ans, j’habitais un quartier paumotu à Mamao, et avec les copains, on voyait des motifs et on les gravait sur des arbres et on commençait à se tatouer aussi, sans savoir vraiment ce que cela voulait dire”, se souvient Manu, en souriant.
    Avec un père tatoueur, le tout ne fait qu’attiser sa soif d’apprendre et de connaître le sens des motifs polynésiens. Ses parents préfèrent pour autant le voir suivre une formation classique. Un baccalauréat littéraire en poche, il poursuit des études d’histoire, puis intègre l’École normale, d’où il sortira major de sa promotion.
    Naturellement, avec un parcours comme celui-ci, Manu devient instituteur. Cependant, il n’oublie pas son amour pour le dessin. “Depuis gamin, j’ai toujours aimé dessiner des trucs, gribouiller des trucs”, plaisante-t-il.
    Perfectionniste et passionné d’histoire, Manu ne lâche pas le morceau. Sa curiosité pour les motifs polynésiens le titille toujours autant  : “Je suis quelqu’un d’ultra-curieux. C’est ma curiosité qui m’a poussé à creuser un peu sur les motifs marquisiens, car ce sont les motifs qui ont été le plus répertoriés. Tout cela m’a amené à Hawaii, au Bishop museum, pour trouver des sources et des documents par rapport à ses motifs et par rapport à leur signification. C’était, pour moi, la découverte graphique et esthétique, et cela a encore plus exacerbé ma passion pour le tatouage et mon envie de me mettre dans ce style de tatouage plus qu’un autre. Avoir un papa tatoueur a contribué à tout cela, car tu baignes dans l’ambiance.”
    Après 17 ans passés sur les bancs d’école, Manu troque ses stylos contre des aiguilles. Manu rêve de motifs, rêve en “black” et fait le grand saut.
    En 2003, c’est le début d’une nouvelle aventure. Il rachète le studio de son père, Jordi’s tattoo shop, après s’y être formé, et le fait évoluer en Mana’o tattoo, où il perfectionne sa maîtrise du graphisme polynésien. De fil en aiguille, Manu se fait un nom et une réputation dans la profession. Il est invité à de prestigieuses conventions du tatouage comme Ink N’Iron en 2008 et 2011, où il rafle les prix de “meilleur tatouage tribal” et “meilleur artiste tatoueur de style tribal”.
    Une dizaine de conventions plus tard et sept prix à son actif, c’est le début de la consécration pour le tatoueur. Et Manu aime à promouvoir la Polynésie à chacun de ses déplacements à l’étranger. C’est par ailleurs pour cette raison que la compagnie aérienne Air Tahiti Nui vient de le nommer ambassadeur.
    “Cela fait onze ans que je m’occupe de Mana’o Tattoo. Onze ans à me déplacer dans le monde avec mes banderoles Mana’o Tattoo Tahiti. Onze ans que je fais de la promotion pour notre destination, sans rien demander à personne. Je fais la promotion de notre culture et voilà qu’enfin, avec Air Tahiti Nui, nous avons trouvé un partenariat et c’est génial. Je vais pouvoir parler de notre pays encore plus. C’est une première pour un tatoueur d’être ambassadeur de la compagnie aérienne. Par ailleurs, il faut savoir qu’il y a des gens qui viennent exprès en Polynésie pour se faire tatouer. Ils allient l’utile à l’agréable. La culture devient de plus en plus importante et c’est primordial de communiquer et d’inciter les étrangers à venir nous rendre visite en Polynésie.”
    2015, un nouveau tournant.
    À 48 ans aujourd’hui, Manu s’apprête à encrer un nouveau chapitre de sa vie. L’an dernier, le réputé studio de tatouage américain, Zulu  Tattoo de Los Angeles, le contacte et lui propose une place au sein de son équipe.
    “Zulu Tattoo Los Angeles m’a contacté et ils ont une énorme réputation dans la zone de Beverly Hills. Plusieurs stars s’y sont fait tatouer, comme Mariah Carey, Janet Jackson, Christina Aguilera, Bruce Willis… Ils ont repéré mon travail et donc Zulu Tattoo m’a demandé de travailler avec eux. D’autant qu’ils ont de plus en plus de demandes en tatouage polynésien. Ils m’ont fait cette proposition et je suis très reconnaissant de cette chance qu’ils m’offrent”, souligne l’artiste en toute humilité.
    Un visa d’artiste dans les valises, Manu s’envolera prochainement à la conquête des États-Unis et doit enchaîner plusieurs conventions cette année. L’ancien instituteur explique : “Je dois participer à de grands événements qui sont prévus cette année. Je dois faire Ink N’Iron en juin. Ensuite, je vais devoir partir en Europe pour la convention de Londres, qui est un grand événement. Peu de temps après, je pars en Nouvelle-Zélande pour le Tattoo N’art Festival, puis je suis déjà en contact avec les organisateurs du mondial à Paris pour mars 2016.”
    Manu n’a pas encore posé sa valise qu’il croule déjà sous les rendez-vous. “Des rendez-vous sont déjà calés. Ça en devient affolant. Je ne sais même pas comment je vais faire pour m’en sortir. Ça me fait un peu peur. Pour m’en sortir, il me faudrait quatre mains et deux cerveaux pour pouvoir répondre à la demande aux États-Unis. C’est juste un truc de fou”, rigole-t-il.
    C’est avec un gros pincement au cœur, que le tatoueur quitte le territoire. “C’est difficile de quitter le fenua. En même temps, je sais où je vais, je connais bien la Californie, mais c’est une nouvelle expérience de vie à 48 ans. Je me dis que c’est maintenant qu’il faut la vivre et la faire. De toute façon, je ne vais jamais lâcher le fenua et je compte finir mes jours ici. J’y vais, je pars avec ma femme et on voit ce qui se passe. C’est sûr qu’on va y rester quelques années et qu’on fera des allers-retours à Tahiti. Tout va me manquer. La culture, la nourriture, la façon de vivre, le climat… c’est un sacré changement.” Un changement qui lui permettra de faire rayonner la culture polynésienne. 

    Jenny Hunter

    Un tatoueur ambassadeur pour Air Tahiti Nui

    Air Tahiti Nui souhaite être le promoteur des talents les plus valorisants de la destination polynésienne. “Sportifs de haut niveau, musiciens, représentants de notre culture… Manu Farrarons, tatoueur professionnel, a toute sa place à nos côtés pour promouvoir le fenua”, explique Torea Colas, directeur adjoint marketing et communication de la compagnie aérienne. Et de poursuivre :
    “Le tatouage est l’une des expressions artistiques les plus populaires de nos îles et Mana’o Tattoo est certainement l’une des signatures locales les plus reconnues dans le monde. Avec son travail, nos visiteurs ont littéralement la Polynésie dans la peau… sans nul doute le moyen le plus durable d’en faire la promotion ! Air Tahiti Nui est donc heureuse et fière de s’associer à Manu dans cette nouvelle étape que représente son installation à Los Angeles. Nous donnons également rendez-vous à tous les fans de la petite aiguille à la prochaine convention du tatouage de Polynésie en partenariat avec Air Tahiti Nui.”

    Parcours

    ⁃ Manu Farrarons est né le 23 mai 1967.
    ⁃ De 1986 à 2003, il exerce la profession d’instituteur.
    ⁃ Parallèlement, depuis 1991, il commence à faire ses armes dans le salon de son père, Jordi’s tattoo shop.
    ⁃ En 2003, il reprend Mana’o Tattoo.
    ⁃ En 2005, lors du premier festival Tattoonesia à Moorea, Manu Farrarons a été primé pour une de ses œuvres.
    ⁃ En 2008, à l’occasion du grand festival Ink N’Iron de Long Beach en Californie, Manu a été récompensé “Meilleur artiste tribal” de l’année pour l’ensemble de ses œuvres présentées dont l’une a en outre reçu le prix “Best Tribal 2008”.
    ⁃ En mars 2010, deux de ses œuvres remportent chacune le deuxième prix en catégorie “Tribal” au Sydney Tattoo and Body Art Expo en Australie.
    ⁃ En 2011, Manu se voit à nouveau décerner le titre de “Meilleur artiste tribal” au festival Ink N’Iron à Long Beach, pour la deuxième fois.
    ⁃ En 2013, il gagne le premier prix dans la catégorie “open”
    à la convention Polynesia Tatau 2013.
    ⁃ En 2014, il préside le jury de la convention Polynesia Tatau.

    vanessa 2015-04-08 10:52:00
    A tout ceux qui critique le travail d un autre! Faites en autant.Moi je connais un peu la personne pour avoir partage un peu de sa vie et il vaut vraiment le detour. C''''est une personne exceptionnelle que je n oublierai jamais! biz a lui!
    tauarai 2015-01-21 14:42:00
    E me aroha to tatau nuna'a e tai'o nae hia ia ou'rua e mau ma'ohi hotu païnu
    o vai outou "la tahitienne" e o heitiare no te ha'a imo i teie tamarii papa'a o tei here i te ie fenua e maha ahuru matahiti tei nei ? o tei ha'a tae i te àrà te u'i o te peu o te tata'u, o tei faa hanahana o te tahi pae o to tatou hiro'a tùmù, O ai ra te ma'ohi e tàno e ha'areva i te aàrà no te matai o to tatou hiro'a tùmù ? O ou'rua ia ? eaha te ohipa o ta ou'rua i rave no te matai' o to tatou fenua ? faaite mai' nà ? aore ra a tùma rii to o'urua vaha, mea ha'ama.

    j'ai honte pour mon peuple pour mon pays quand je lit les deux ma'ohi de service, fruits flottants,à la lecture de votre fiel gratuit. Qui êtes vous la "tahitienne" et toi heitiare pour vous permettre de critiquer ce fils de popa'a certes mais qui aimes et vit pour et par ce pays depuis plus de quarante ans ? Lui a essayé de faire briller à l'étranger un tatouage qu'on avais oublié et qui a toujours oeuvré pour cet art et lui donner ses lettres de noblesses dans des salons depuis 20 ans sans demander l'aide de personne ? Qui d'après vous est assez ma'ohi pour nous représenter à l'étranger ? Vous deux ? Qu'avez vous fait concrètement pour le bien de notre pays et sa culture pour porter de tels critiques gratuites ? si ce n'est pas le cas, il vaut mieux tourner 7 fois sa langue dans sa poche.. vous me faites honte
    Tavita 2015-01-21 13:34:00
    Bravo Manu! Au moins lui il se bouge le C** pour faire parler de la culture tahitienne, et les autres alors? J'aime pas les propos raciste des 2 premieres en haut, c'est n'importe quoi et mechant. Faaitoito Manu et revient nous voir au fenua, on veut tes tattoos aussi nous
    Mauri T 2015-01-21 10:57:00
    Respect à Manu. C''est a ses action qu''on reconnait la valeur d''un homme. Il a fait beaucoup pour le tatau maohi et les tatoueurs ici. Obama est black, Manu est uo''uo, et alors? Big up man!
    Heifara 2015-01-21 09:18:00
    Il fait parler de notre culture grace a son talent et ses conaissances. Beaucoup de tahitiens portent ses tatau comme moi. Je suis fier, c''est un mec bien et un bosseur. Les autres n''ont qu''a suivre son exemple au lieu d''etre jalou. Faaitoito Manu
    Joshua Teremate 2015-01-21 09:04:00
    Bonjour,vous critiquez les talents de chacun, de Manu et du tahitien..non aucunes raisons de faire ça. Manu est bon il le mérite, mais le tahitien est timide et son argent il le dépense autrement que dans des voyages et conventions.donc moin connu
    Heitiare 2015-01-21 08:59:00
    Oui vous avez tous raison, il a du metier et de l experience générés à ses frais. Par contre je ne crois pas qu''aucun tatoueur tahitien ne lui arrive a la cheville,faut pas exagéré non plus...
    UltraVomi 2015-01-21 04:28:00
    La raison pourquoi il a été choisi n'est pas une question de talent mais de popularité. Tahiti Nui pense en termes de profits non de culture. Manu a du talent mais sa clientèle veut du tattoo de touriste pas du traditionnel, chose qu'il peut faire
    T.girl 2015-01-20 20:36:00
    Il ne fait pas juste des bons tattoo,il n''a pas juste gagné des concours! Il s''intéresse à nôtre culture,VOTRE CULTURE! Cette"chance" dont tu parles Heitiare n''a pas offerte sur un plateau en or! Il a trimé des années pour en arriver là!Et vous osez!
    Maire 2015-01-20 17:44:00
    Mea ma c''est pas une "occasion donnée". C''est des années de rigueur, de voyages et de conventions à ses frais. Rien n''est donné, il est allé le chercher lui même avec 20ans de boulot derrière. Ca tombe pas tout cuit dans la bouche c''est tout.
    Heiura 2015-01-20 17:36:00
    Nuls vous 2 Ok il y a de bons tatoueurs Tahitiens mais je suis désolée , ils n arrivent pas a la cheville de Manu!! Si il en arrive la aujourd hui ç est entièrement mérité , il a du talent, pas de copier coller, travail de qualité et tattoo unique...
    Heitiare 2015-01-20 16:27:00
    Si on donné l''occasion a un VRAI TAHITIEN. De voyager et promouvoir sa VRAI CULTURE de SANG Nous serions tous fièrs. La Polynésie compte de nombreux excélents tatoueurs, pourquoi ne pas donner cette même chance à un autre.
    la tahitienne 2015-01-20 13:33:00
    Pffff c''''est même pas un "taata tahiti"! Mort de rire. ATN vous êtes fort pour nommé un ambassadeur farani. Ok il à grandi ici, ok il fait des tatoo local, ok il a gagné des concours de tatoo à l''''international.. mais il y aussi de bon tatoeur TAHITIEN
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