Les manu manu, appelés “éphémères” à tort, préparent leur ballet de l’amour

    mardi 16 août 2016

    manu manu

    Les termites reproducteurs, ailés le temps de quelques envolées, sortent du bois à la saison fraîche pour essaimer. Leur nombre fait leur force : “C’est une stratégie pour que certains survivent”, explique une entomologiste. (Photo : Ganesh Subramaniam / Wikicommons)


    Ces termites s’accouplent et essaiment à la saison fraîche

     

    Ils arrivent ! La semaine dernière, à Papeete, quelques nuées d’éphémères, ou manu manu, ont refait leur apparition. Tout le monde a déjà vu ces petites larves ailées qui se collent à la lumière, mais dans le fond, qu’est-ce que c’est ? 

    En réalité, point “d’éphémères” au fenua. “Les gens appellent ça comme ça, mais c’est des termites”, corrige Julie Grandgirard, une entomologiste du service du développement rural (SDR).

    Ces insectes “sociaux”, qui vivent en colonie et se nourrissent du bois, s’organisent en trois castes : “Les reproducteurs (un roi et une reine), des soldats stériles qui défendent la colonie et les immatures, des ouvriers qui creusent les galeries”, explique la spécialiste des insectes.

    La plupart du temps, leur vie souterraine échappe à l’œil de l’homme. Mais chaque année, à la période fraîche, des immatures achèvent leur mue en rois ou reines. Échappant à l’armée et à leur destin ouvrier, ils ont alors la lourde charge d’assurer la survie de l’espèce.

    Munis d’ailes, les nouveaux individus reproducteurs sortent à la tombée de la nuit pour essaimer, c’est-à-dire créer de nouvelles colonies”, raconte Julie Grandgirard.

    S’ils ne sortent pas tous “du bois” exactement à la même date, les manu manu jouent le nombre : “C’est une stratégie pour que certains survivent”, précise l’entomologiste du laboratoire de Papara.

    Car s’ils ont un rôle certain dans la décomposition des déchets, les termites feraient aussi le délice des margouillats et des oiseaux… Voire des pare-chocs, lorsque les phares des bolides brisent la nuit.

    Les nouveaux reproducteurs perdent leurs ailes au bout d’une dizaine de mètres”, reprend Julie Grandgirard.

    Ils doivent donc très vite former des couples, chercher un trou deux par deux, s’y glisser et le reboucher. Pendant quatre ou cinq ans, rien ne sort. Les larves font leur trou et grignotent le bois. Les ouvriers immatures nourrissent la reine qui pond un œuf toutes les deux secondes ! La colonie vit environ dix ans. Ce sont des milliers et des milliers de termites, qu’on ne remarque en général qu’aux petites boulettes de poudre de bois sous les meubles ou lorsque les nouveaux reproducteurs sortent.

    Pour éviter qu’ils dégradent les meubles, des poudres desséchantes et divers autres produits existent pour traiter les constructions en bois. Lors de leur ballet de l’amour dans les airs, restent les méthodes du grand feu dans lequel ils se jettent, du sac plastique sous les néons ou des bandes collantes flashies.

    En tout cas, préparez-vous : les nuits de pleine lune sont réputées renforcer la fertilité… La prochaine est le 17 août.

     

    Marie Guitton

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