Mara, Le Gauguin ma’ohi (diaporama)

    samedi 8 novembre 2014

    Mara est un sculpteur polynésien disparu en 2005. Une exposition, privée tout d’abord, lui est consacrée grâce à Miguel Hunt, galeriste au Vaima. Ses œuvres sur bois et corail sont d’une grande et profonde force.
    Le retour de la force. Le titre du prochain épisode – le VII – de La guerre des étoiles s’y prête à merveille. Le retour sous les feux de la rampe des œuvres, sur bois et corail, de Vaiere Mara, né en 1936 (lire encadré) mérite ce titre, tant attendu.
    Une vingtaine de ses œuvres sont réunies, à l’initiative de Miguel Hunt, galeriste du centre Vaima, pour une exposition privée, réservée aux négociants accrédités pour la vente du GIE Poe O Rikitea, qui a démarré hier, au “Papenau building” jusqu’au mardi 11 novembre.
    Si tout cela se passe bien, d’autres expositions, notamment au Musée de Tahiti et ses îles, devraient suivre.
    La Polynésie est passée à travers, selon Miguel Hunt. “J’ai découvert Mara chez un ami, cela m’a intéressé, cela m’avait touché”, confie Miguel Hunt, à l’origine du retour de Mara. “J’ai mis trois ans à réunir une cinquantaine de pièces. C’est très “gauganiesque”. Ce qui est surprenant, c’est un homme qui n’a jamais été au cinéma, qui n’est jamais sorti de la Polynésie, qui n’a jamais lu un livre, mais comment a-t-il fait cela ?”, s’interroge le peintre et galeriste du centre Vaima.
    “L’idée est de réunir une grande exposition (sans vente) sur son œuvre au Musée de Tahiti et ses îles, pour montrer ce que cette personne faisait il y a quarante ans, personne n’a pris la relève. Je suis persuadé que dans quelques années, il deviendra le Gauguin de la sculpture”, soupire Miguel Hunt, enthousiaste.
    Il est clair que la comparaison, notamment des œuvres sur bois, est assez frappante.

    Mara ne voulait pas dénaturaliser la nature
    Son œuvre est forte et profonde, c’est indéniable. “Il ne voulait pas dénaturaliser la nature”, rappelle le galeriste.
    C’est on ne peut plus vrai, même de tout près, tant le recto semble se glisser dans le brun du bois ou le blanc du corail dont le verso est resté brut. Comparé à de l’art brut, il est plus que cela, il est singulier.
    Collectées, prêtées, glanées, ses œuvres attendent leurs “feti’i”. Vaiere Mara, artiste oublié, produisait une œuvre par jour selon Jonathan Bougard, artiste qui expose quelques œuvres, tout comme Julien Magre, Yanick Margerit et bien sûr Miguel Hunt, à côté des sculptures de Mara au GIE Rikitea. Il se baladait avec une brouette avec ses coraux et bois flottés, sculptés ou non, pour nourrir sa famille.
    “Il ne se prenait pas pour un artiste”, selon Jonathan Bougard, mais ses pièces sont nombreuses à être présentes de par le monde. Les collectionneurs n’ont plus qu’à se faire connaître auprès de Miguel Hunt, dont on ne peut que saluer l’heureuse initiative de redonner vie à une œuvre profonde.

    Christophe Cozette

    Voir ici notre diaporama

    Pratique

    Mara au GIE Rikitea jusqu’au 11 novembre, exposition privée. Bientôt à la galerie l’Art en fusion et au Musée de Tahiti et ses îles.

    Qui est Mara?

    Vaiere Mara, sculpteur polynésien, originaire de Rurutu, est né en 1936 et est décédé à l’été 2005. Arrivé à Tahiti à l’âge de dix ans, il commença la sculpture à 18 ans en tant qu’élève du maître de la sculpture, Kimitete. Le succès remporté par les œuvres de Mara a rapidement dépassé les frontières polynésiennes et la clientèle d’amateurs d’art internationale a très vite été conquise par le travail de cet artiste.
    De nombreux collectionneurs américains ont acquis ses œuvres. Le gouverneur Sicurani, haut-commissaire de la Polynésie française de 1965 à 1969, et qui a fait plusieurs acquisitions à titre personnel, qualifiait l’artiste de génie.
    Mara reste simple et ne cherche nullement à rentrer en contact avec le monde extérieur. “Sans télé, ni radio, ni journaux”, selon Miguel Hunt, qui cite l’ouvrage d’O’Really. Sa vie durant, il nourrira ses quatre enfants du fruit de la vente de ses œuvres. Patrick O’Really, animateur de la société des océanistes, lui consacrera un ouvrage (à une centaine d’exemplaires seulement, NDLR), et ira jusqu’à présenter une dizaine d’œuvres à Jean Dubuffet, père de l’art brut en Europe. Mara disparu, son fils, Mateha Mara, prend le relais et officie aujourd’hui à Moorea.

     

    Cieslak 2014-11-08 21:16:00
    Bonjour, je possède une très belle oeuvre de Mara. Je suis désolée d'apprendre que cet homme est décédé. Ma sculpture est une condensé de la Polynésie, j'y tiens énormément. Excellente idée que cette exposition.
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