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Marama nui : “On souhaite que le grand public découvre l’hydro”

mercredi 7 juin 2017

marama nui hydro

La société de production d’hydroélectricité a fait poser des garde-corps à la structure béton pour que le public puisse prochainement accéder à l’installation. (© Jean-Luc Massinon)


Courant août, Marama nui va poser à la sortie de sa seconde centrale à Papeno’o une turbine de nouvelle génération, et avant la fin 2018, une autre turbine prendra place au barrage de Tahinu, dans la haute vallée. Ces deux installations feront l’objet d’une ouverture libre au public. Attaché à une grande transparence de l’activité hydroélectrique, le directeur de Marama Nui, Yann Wolff, fait le point sur les travaux en cours dans la vallée.

Où en êtes-vous du projet de nouvelle turbine ?

Le conteneur de commande vient d’arriver. On l’a installé le 1er juin. Pour cette partie, on est dans les temps. Par contre, on est un peu en retard sur la livraison de la turbine. Elle a pris le bateau mercredi dernier, alors qu’elle aurait dû partir début mai. Il faut rappeler que l’on est sur un projet qui a commencé il y a sept ans et que l’on a signé il y a deux ans.

La turbine, elle, va produire de l’électricité pendant 25 ans. On a perdu quelques semaines, mais ce n’est pas dramatique. Aujourd’hui, on est presqu’au bout. Il reste le montage de la turbine, mais c’est une partie maîtrisée. Le génie civil est là depuis décembre. L’ouvrage en béton se comporte bien ; on n’a pas de problème d’écoulement hydraulique.

 

Pourquoi reconfigurez le canal de sortie et la présence d’engins dans la rivière ?

On a passé une saison des pluies un peu difficile, avec des épisodes météorologiques un peu durs qui nous ont rappelé que c’est la nature qui domine dans la vallée de la Papeno’o. On s’est fait secouer un tout petit peu à la sortie du canal de fuite de la centrale Papenoo 1. S’est formé un bouchon qui ne va pas avec l’exploitation de la future turbine.

Aussi, on profite d’un chantier interrompu en haut de Papeno’o pour redéployer nos prestataires sur cette partie-là. L’idée est de tout préparer pour la VLH (Very Low Head, NDLR), qui sera livrée sur place fin août. On en aura pour trois semaines de montage et un mois d’essai dans la foulée. J’espère que l’on va injecter les premiers kilowatts début octobre.

 

Il s’agit de la 101e turbine de ce genre, mais ça reste un exploit pour Tahiti ?

C’est déjà un exploit pour la MJ2 Technologies, le constructeur français. Ce sont des gens que j’ai rencontrés à un séminaire en 2007. À l’époque, ils n’avaient qu’un PowerPoint et une maquette qui tenait dans un attaché-case. Dix ans après, ils ont produit 101 VLH de tailles différentes.

Nous, nous sommes plutôt sur une petite VLH, mais pour Tahiti, c’est un exploit aussi, car c’est la première VLH du Pacifique. Il faut le crier haut et fort. On est très fier de ça. Et pour Marama nui, c’est la première turbine mise en service depuis 1998. C’est aussi une nouvelle technologie, une turbine Kaplan, un type que l’on n’avait pas encore sur Marama nui. Cela va permettre à notre personne d’acquérir des compétences complémentaires.

 

Vous en êtes où du projet hydromax ?

Le projet a débuté en interne, il y a à peu près sept ans, sur lequel nous avons eu des feux verts gouvernementaux, il y a deux ans, après de longues négociations sur l’impact environnemental, sur l’intégration dans le parc existant, sur les tarifs… Hydromax Titaaviri est en cours de finition. Il nous reste une dizaine de jours de chantier. On a prévu l’inauguration le 15 juin.

Là-bas, on double une conduite forcée (énormes tuyaux souterrains qui alimentent en eau les centrales, NDLR), on aménage un site de baignade et on met à disposition des terres pour le syndicat des agriculteurs de Teva I Uta.

 

Ça va au-delà du projet hydroélectrique ?

C’est un projet emblématique qui montre comment le groupe Engie voit l’hydroélectricité de demain. L’hydroélectricité sert à faire de l’énergie décarbonée. C’est important de décarboner notre énergie, quoiqu’en dise le président américain. Ces projets permettent aussi d’aménager les territoires et de valoriser un potentiel qui ne l’est pas. L’hydroélectrique doit être vécu comme un outil d’aménagement, pas comme une concurrence.

À Titaaviri demain, les visiteurs locaux, les touristes, les écoles et les associations auront un endroit sympa pour se baigner dans une cascade, des tables pour pique-niquer. C’est une mise en valeur de la vallée. Et je pense au syndicat des agriculteurs de Teva i Uta avec qui l’on commence un projet pilote de 10 000 m2 où on va essayer de leur donner la possibilité de développer des cultures vivrières. On valorise ainsi des terres difficiles d’accès.

L’hydroélectricité a permis de faire des pistes et surtout l’exploitant hydro a l’obligation de leur entretien. En faisant du fa’a’apu, on ne peut pas financer l’entretien des pistes, car il n’y a pas suffisamment de valeur ajoutée pour y parvenir. C’est comme cela que l’on voit aujourd’hui le développement hydro.

 

Et vous avez un autre projet sur la haute vallée, à Tahinu ?

Ce projet s’appelle Maroto, puisque l’on va turbiner des eaux qui viennent de la rivière Maroto. Aujourd’hui, un captage renvoie vers le bassin de Tahinu des eaux à l’air libre, et demain on va y mettre une petite turbine de 100 kilowatts. Demain, c’est en fait dans un an, car on a signé la commande de la turbine la semaine dernière.

Cette turbine kiwi est fabriquée dans l’île du Sud, à Christchurch, chez nos partenaires industriels néo-zélandais. Ils sont très en phase avec ce que l’on fait, et ils produisent le type de produit qui répond bien à notre demande. C’est ça aussi l’intégration de Marama nui dans le territoire polynésien et plus vastement dans le Pacifique.   

 

L’originalité, c’est que la VLH et la turbine de Tahinu seront ouvertes au public ?

Après la mise en service de la VLH, on a pour projet de l’ouvrir au public en auto-visite. On va sécuriser le site, installer des panneaux d’information pour permettre aux nombreux visiteurs de la Papeno’o – on parle de 10 000 personnes par an – de venir visiter la VLH. Sur la turbine Maroto, on est en train de réfléchir avec un architecte pour faire une intégration paysagère du bâtiment de la centrale et avoir des murs transparents en verre qui vont permettre aux gens de vivre, de l’extérieur, ce qui se passe dans les turbines qu’ils ne voient pas habituellement.

On fait beaucoup de visite sur l’hydro à la centrale de Papeno’o 0, mais c’est de la visite institutionnelle. Les groupes s’inscrivent à l’avance. Mais ça ne répond pas aux interrogations du grand public. À l’occasion d’une balade dans la vallée, un week-end ou un jour férié, on souhaite que ce grand public découvre l’hydro sans qu’on lui tienne la main.

 

Propos recueillis par J.-L.M.

 

 

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