Habillage fond de site

Marcel Tauraa, porteur d’oranges depuis plus de 40 ans

vendredi 28 juin 2019

À 59 ans, Marcel Tauraa continue la cueillette des oranges. (© Charles Taataroa)

À 59 ans, Marcel Tauraa continue la cueillette des oranges. (© Charles Taataroa)

À 59 ans, malgré son poids et sa carrure d’Obélix, Marcel Tauraa continue l’ascension du mont Tamanu, à Punaauia, pour cueillir et ramener les précieuses glanes d’oranges, destinées à la consommation.

Il a commencé à 12 ans et veut maintenant transmettre cette tradition à son fils de 22 ans.

“Je suis satisfait que mon fils suive mes traces. Au départ, il n’aimait pas ça parce que c’est fatiguant, mais progressivement, il a commencé à y prendre goût”, confie Marcel.

Tous les ans, Marcel se prépare physiquement et moralement pour la cueillette des oranges.

“Trois mois avant le jour J, on commence déjà à grimper dans la vallée pour acheminer de la nourriture, préparer le bivouac et tout le nécessaire pour l’expédition. Ensuite, on participe à la campagne de nettoyage des sentiers. C’est toute une organisation que l’association des porteurs d’oranges met en place tous les ans avec des équipes de bénévoles”, raconte-t-il.

Marcel a pris goût à cette activité dès sa première ascension au mont Tamanu, situé à 800 mètres d’altitude. Cette grimpette est même devenue une obsession. “Si je rate une année la cueillette, je ne suis pas bien. Moralement, c’est insupportable.”

À 22 ans, il chargeait lourdement son bambou. Mais au fil des années, sa performance a diminué.

 

“Il faut être en bonne santé”

 

“C’est une activité qui demande beaucoup de force. Il faut donc être en bonne santé. Autrement, ce n’est pas la peine de s’aventurer.”

Une fois dans la vallée, Marcel est en communion avec ses ancêtres.

“On est loin de toutes les tracasseries familiales et quotidiennes. Pour ce qui me concerne, je me sens bien dans cet univers. Je suis en harmonie avec la nature, et je sens même la présence de mes ancêtres, c’est-à-dire tous ceux qui m’ont initié à la cueillette des oranges. Ils ne sont plus de ce monde, mais j’avoue que leur esprit est toujours là. C’est ce qui me donne la force de continuer à venir au mont Tamanu.

Je m’arrêterai quand mes jambes ne me permettront plus de grimper. Autrement, je continuerais à venir dans la vallée parce que je sens réellement une certaine joie de vivre.

Je pense que tous ceux qui continuent à monter sont dans le même état d’esprit que moi. C’est comme si la vallée et nos ancêtres nous appellent. C’est la raison pour laquelle je suis malade lorsque je rate une année.”

Marcel connaît comme le fond de sa poche tous les recoins de la vallée et du mont Tamanu. Il sait où sont situées les oranges les plus sucrées.

Il maîtrise également la confection des glanes et n’hésite pas à transmettre son savoir aux nouveaux grimpeurs.
En dehors de sa consommation d’oranges, il met toujours en vente le surplus pour couvrir ses frais.

 

CT

 

2 CT Portrait Marcel Tauraa porteur d'orange_4847

Il a transmis le virus à son fils. (© Charles Taataroa)

3 CT Portrait Marcel Tauraa porteur d'orange_4864

Son frère Narcisse le suit tous les ans. (© Charles Taataroa)

4 CT Portrait Marcel Tauraa porteur d'orange_4899

Marcel connaît comme le fond de sa poche tous les recoins de la vallée et du mont Tamanu. Il sait où sont situées les oranges les plus sucrées. (© Charles Taataoa)

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Édouard Fritch veut que les personnes hospitalisées après un accident qu'ils ont causé, sous l'empire de l'alcool ne soient pas pris en charge par la CPS. Pensez-vous que ce soit une bonne mesure ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete