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Marcel Tuihani garde un goût d’“inachevé” après son départ du Tahoera’a

vendredi 9 juin 2017

Marcel Tuihani

Marcel Tuihani, hier matin, dans son bureau de l’assemblée de la Polynésie française, a tenu une conférence de presse pour
s’expliquer sur les raisons de sa démission du Tahoera’a huiraatira. Il a notamment évoqué des décisions qui ont “heurté
sa conscience”. (© Photo : Caroline Perdrix)


Mardi soir, le président de l’assemblée, Marcel Tuihani, ainsi que son père, trésorier du Tahoera’a, ont démissionné du parti orange. Il s’en est expliqué, hier matin, devant les médias. Marcel Tuihani Jr estime, tout comme Édouard Fritch en son temps, qu’il reste fidèle aux valeurs du parti et que c’est Gaston Flosse qui l’a forcé au départ, par son attitude et ses récents choix politiques.

Vous aviez dit que vous ne quitteriez jamais le Tahoera’a. Il ne faut jamais dire jamais ?
Malheureusement, il y a des situations qui peuvent remettre en question certaines choses. J’ai avant tout quitté un homme, (…) mais de là à considérer que je quitte le Tahoera’a et ses valeurs, ce n’est pas le sentiment que j’ai, et je considère même que je reste fidèle à l’axe politique du Tahoera’a huiraatira. (…) Ce n’était pas une politique de division qui avait été initiée dès 2012, bien au contraire, c’était une politique de rassemblement. Je considère aujourd’hui, dans la décision que j’ai prise, que je suis en phase avec ces valeurs.

Quelles raisons vous ont poussé à partir ? Vous avez notamment évoqué l’“humiliation” qu’a vécue votre père…
La politique, c’est accepter certaines décisions, qui parfois peuvent heurter notre conscience, c’est ce que j’ai su faire, me semble-t-il. J’ai eu un comportement solidaire avec mon mouvement, mais s’agissant de l’attitude humiliante à l’égard de mon père, c’est vraiment quelque chose que je ne peux pas accepter. J’ai avalé la pilule des affaires judiciaires (celle de la vaisselle de la présidence et celle des emplois cabinet à l’assemblée, pour lesquelles il a été placé en garde à vue, NDLR), j’ai également avalé la pilule de la ligne politique, et malheureusement, les résultats au premier tour des législatives en apportent la démonstration, mais il y a bien une pilule que je ne pourrai jamais avaler, c’est l’attitude humiliante que Gaston Flosse a pu avoir à l’égard de mon père, à plusieurs reprises. Lors du dernier bureau exécutif, c’est moi qui ai souhaité partir. J’ai vu certains comportements et j’ai simplement dit à mon père que je voulais m’en aller. Il s’est levé, je me suis levé et nous sommes partis.

Le Tahoera’a se dit surpris de votre départ et prétend que vous n’avez jamais exprimé clairement votre désaccord avec la ligne du parti. Est-ce exact ?
Non, bien évidemment, je m’inscris en faux. Lors de l’examen du statut de pays associé, bien au contraire, j’étais le seul avec mon père à m’exprimer dans le bureau exécutif. J’estime avoir fait ma part des choses et j’en ai tiré les conclusions.

Ne serait-il pas plus logique de rendre votre siège, si vous démissionnez du Tahoera’a ?
Pour quelle raison ? Je ne fais plus partie d’un parti politique, mais je demeure malgré tout le président de l’assemblée. Il n’est pas question pour moi de démissionner de mes fonctions. Je remercie les élus Tahoera’a qui m’ont porté à cette fonction, les 22 qui ont quitté le Tahoera’a pour le Tapura et les 16 qui sont restés. Mais on m’a également appris, M. Flosse en particulier, qu’il faut aller au bout de ses engagements, et j’ai porté des chantiers importants qui ont été soutenus par l’ensemble des partis politiques à l’assemblée et je tiens véritablement à aller au terme de ces chantiers. En tous les cas, j’ose espérer que l’attitude des élus ne changera pas, donc je reste confiant sur la fin de mon mandat.

Vous étiez un pilier du Tahoera’a. Dans quel état laissez-vous le parti ? D’autres élus pourraient-ils vous suivre ?
Pilier, c’est flatteur, mais mon père est certainement le dernier pilier qui restait au Tahoera’a. Que restera-t-il du Tahoera’a huiraatira ? J’ose simplement espérer que la ligne politique qui a été retenue pour la présidentielle et le premier tour des législatives pourra être modifiée afin de conserver la base militante.

Et pourtant, vous aviez dit à plusieurs reprises que vous ne feriez jamais de politique sans le Tahoera’a huiraatira…
Oui, raison pour laquelle je considère que c’est véritablement un échec d’en arriver à cette situation-là. Il y a quelque chose d’inachevé. Je me retrouve dans la même situation que beaucoup. Vous savez, il y a un dénominateur commun : tous ceux qui ont travaillé de près ou de loin avec M. Gaston Flosse ont quitté le mouvement, à un moment ou un autre. Je n’en suis pas satisfait. Maintenant, ce qui compte pour moi, c’est la suite de ma vie, de mon engagement au sein de l’institution, de ce que je peux apporter à la vie politique polynésienne. Je n’ai pas le sentiment d’être au-dessus de tout, comme j’ai pu le lire dans certaines déclarations, pas du tout. Je veux apprendre mon métier, je veux rester en contact avec la population, je veux être à l’écoute de la population et, autant que faire se peut, apporter des solutions.

Aujourd’hui, avez-vous des contacts avec d’autres formations politiques, en avez-vous pris ou avez-vous été approché ?
Aucun contact.

Est-ce que la suite, c’est fonder votre propre parti ?
Chaque chose en son temps. Encore une fois, j’ai des chantiers importants à l’assemblée. Je ne vais pas m’égarer dans les projets qui peuvent s’ouvrir à moi. Je veux véritablement terminer mon mandat dans les meilleures conditions et aboutir dans les chantiers que j’ai pu porter jusqu’à présent.

Au-delà de l’assemblée, quelles sont vos ambitions politiques ?
Je l’ai déclaré récemment, je souhaite me lancer en politique dans la commune de Papeete en 2020, donc je m’y prépare. C’est une commune très importante, c’est la capitale de la Polynésie française, donc je souhaite m’y préparer sereinement et intelligemment.

Sous quelle étiquette vous présenteriez-vous aux municipales ?
Vous savez, il y a plein de candidats qui se présentent sans étiquette politique. Il n’y a pas forcément besoin d’une étiquette pour se lancer dans une élection communale.

Et les territoriales ?
Les territoriales, c’est l’année prochaine. Chaque chose en son temps.

 

Propos recueillis par C.P.

Orianne Obrize
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