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MARCHÉ AUTOMOBILE – “Nous avons pu embaucher une cinquantaine de personnes”

lundi 29 janvier 2018

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Jacques Solari, président du président du Syndicat professionnel des concessionnaires automobiles, se réjouit de la bonne santé du secteur automobile, après des années de crise. (© Désiré Teivao)


Le marché de l’automobile au fenua a été, pendant de longues années, en crise. Le 18 janvier, le vice-président du Pays faisait un bilan des divers dispositifs de soutien au secteur et évoquait les perspectives pour l’année à venir, avec le Syndicat professionnel des concessionnaires automobiles (SPCA). Depuis deux ans, le secteur se porte mieux. Le marché a tout d’abord retrouvé des couleurs en 2016, pour continuer sa progression en 2017. Ce sont ainsi plus de 6 000 véhicules (6 340) qui ont été vendus par les concessionnaires, au cours de l’année précédente, soit une progression des ventes de 35 %. Jacques Solari, président du SPCA, s’attend néanmoins à une année 2018 plutôt stable, voire un peu en recul.

Pouvez-vous dresser un premier bilan du marché automobile pour l’année 2017 ?

Oui, mais dans nos chiffres, nous avons uniquement les déclarations de ventes des concessionnaires. Nous ne disposons pas encore des chiffres officiels établis par le service des immatriculations. Mais selon nos chiffres, 6 340 véhicules ont été vendus au cours de l’année 2017. Soit une progression de 35 % par rapport à 2016, qui avait été déjà une assez bonne année.

 

Une telle augmentation a-t-elle été observée au cours des dernières années ?

De mémoire, je ne me rappelle pas avoir déjà vu une telle progression. Eeffectivement, on peut dire que 2017 a été une année assez exceptionnelle.

 

Vous êtes donc plutôt optimiste pour 2018 ?

C’est vrai qu’il y a eu un réel engouement au cours des deux dernières années, notamment de la part des clients qui avaient une voiture vieille de sept ans. Maintenant, nous avons déjà beaucoup puisé dans ce vivier.

Pour 2018, nous pensons que le marché se maintiendra à un niveau correct. C’est-à-dire que si nous arrivons à vendre entre 5 000 et 6 000 voitures, ça sera déjà très bien.
Mais je pense que le marché sera stable, voire un peu en régression. Cela ne veut pas dire que c’est une catastrophe. Si l’on arrive à maintenir les chiffres de ventes à 6 000, on aura réussi une belle année 2018.

 

Le gouvernement a mis en place des aides à l’achat, comme par exemple la prime “voiture propre”, et a également exempté de taxes les voitures hybrides et électriques. Ces mesures seront-elles reconduites en 2018. La croissance est-elle essentiellement due à ces mesures ?

Oui, on peut dire ça. Même si je pense qu’il y aurait eu une petite embellie du marché même sans toutes ces mesures. Car on voit bien qu’il y a une amélioration de l’économie du pays en général.

Par contre, c’est sûr qu’il n’y aurait pas eu une telle croissance des ventes sans cette “prime écologique” couplée avec l’exemption de taxes pour les voitures hybrides et électriques.

Après, c’est difficile de vraiment mesurer l’impact que cette prime a eu. Il faudrait réaliser un sondage auprès des acheteurs, et leur demander si cette prime les a motivés dans leur achat.

Cette embellie a permis aussi à tous les concessionnaires de la place de se refaire une santé financière. Ce qui nous a permis d’embaucher pas mal de personnes, une cinquantaine environ.

C’est sûr que, quand vous vendez 35 % de voitures en plus, vous avez évidemment besoin de personnel, notamment pour assurer les services après-vente.

Pendant dix ans, nous avons beaucoup restructuré le secteur, et nous nous sommes séparés de beaucoup de personnes. Et en 2017, c’est la première année, depuis longtemps, où il y a eu des embauches importantes.

Donc on peut dire, sans faire de la publicité pour le gouvernement, qu’il y a eu une mesure qui a porté ses fruits et qui a été bénéfique à l’économie locale.

 

Les voitures hybrides et électriques sont très à la mode. Comment va évoluer la part des ventes de ces véhicules ?

En effet, la part de ces véhicules augmente d’année en année, et ne pas va s’arrêter de croître. Parce que les constructeurs vont proposer à l’avenir plus de modèles, que ce soit en hybride ou tout électrique.

Et donc, nous, concessionnaires, proposerons plus de véhicules de ce type. Au cours des derniers mois, jusqu’à 15 % des ventes de véhicules neufs concernaient des voitures hybrides ou électriques.

Peut-être qu’il y aura des pick-up hybrides et électriques dans les années à venir. Les constructeurs se mettent dans les segments les plus larges pour lancer leurs offres de véhicules hybrides et électriques.

Après, ils vont chercher dans les niches de marché. Il y a d’ailleurs certains constructeurs qui vont sortir des pick-up dans les deux voire trois années à venir.

 

Donc, les voitures essence ou diesel vont faire place, à l’avenir, aux véhicules propres ?

Selon certains constructeurs, d’ici 2025, la part des ventes de véhicules hybrides et électriques devrait être au même niveau que les véhicules à combustion. Et puis, plus loin dans le temps, les voitures hybrides et électriques prendront définitivement le dessus.

Il est difficile de transposer cette analyse sur le territoire, mais je pense également que cette tendance va bien se confirmer dans les années à venir, sur le fenua. Le souci, je crois, se posera au niveau de notre capacité à pouvoir charger tous ces véhicules.

 

Comment se porte le marché de l’occasion ?

Il a été très perturbé à cause de la prime écologique. Donc, il y a eu moins de véhicules repris par les concessionnaires, car tous les véhicules de plus de sept ans que l’on reprenait sont partis à la casse. Sauf quelques exceptions.

Par exemple, si quelqu’un a un 4×4 diesel super bien entretenu, il ne va pas évidemment mettre à la casse son véhicule pour toucher 250 000 F, alors que la voiture peut valoir 1,5 million de francs.

 

Quelles sont les marques leaders au fenua ?

Peugeot reste numéro un des ventes ici avec 747 voitures vendues sur 2017. En deuxième position, on retrouve Kia Motors qui, pour la première fois, a réussi à passer devant son cousin Hyundai, qui descend à la quatrième place, Toyota occupant la troisième place des ventes. Et on a des marques comme Renault et Dacia respectivement aux cinquième et sixième rangs.

 

Que vous souhaitez-vous pour l’année en cours ?

Que le marché se maintienne comme je l’ai expliqué précédemment, et que l’on continue à embaucher. Et surtout aussi que cette embellie se propage à d’autres secteurs de l’économie locale.

 

Propos recueillis par Désiré Teivao

 

 

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