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Marché de l’auto en 2018 : “41 % de véhicules propres, un record !”

lundi 7 janvier 2019

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Gilles Bonvarlet, président du syndicat des concessionnaires automobiles : “Les hybrides et les électriques représentent 11 % des ventes, et ça c’est vraiment une performance au niveau international”. (Photo : Damien Grivois)

Gilles Bonvarlet, du groupe Sodiva, préside le syndicat des concessionnaires automobiles de Polynésie française. Il a succédé en 2018 à Jacques Solari du groupe Sopadep. Le représentant du secteur de la distribution automobile dresse un bilan très positif de l’exercice 2018 qui a vu la livraison de 7 336 véhicules, soit 16,5 % de mieux qu’en 2017. Selon lui, la prime à l’environnement et les incitations fiscales n’ont pas seulement boosté les ventes. Elles ont aussi permis de créer de l’emploi, d’assainir le parc roulant, de mobiliser de l’épargne et surtout d’atteindre le chiffre inédit de plus de 11 % de ventes de voitures hybrides ou électriques. Si on les cumule avec les citadines, on atteint “41 % de ventes de véhicules propres”. “Un record à l’échelle internationale”.

 

Que est le bilan 2018 pour le secteur de l’automobile ?

Le bilan est extrêmement positif pour les professionnels puisque, sur douze mois, le marché toutes marques a progressé de 16,5 % en livraisons. Nous terminons à 7 336 véhicules en 2018 contre 6 292 en 2017, qui était déjà une bonne année. Il s’agit de l’un des plus importants pics de vente depuis 2001. C’est très encourageant.

 

Est-ce une traduction directe de la meilleure santé de l’économie ?

Il y a en effet des éléments positifs sur le plan général, avec un frémissement de reprise économique. Mais, dans le secteur automobile, ce n’est pas le fruit du hasard. Les initiatives gouvernementales en concertation avec les concessionnaires ont eu un effet considérable. Le Pays a mis en place des mesures fiscales telles que l’exonération sur les hybrides et les électriques, la suppression de la taxe de mise en circulation pour les pick-up double-cabine dans les îles en 2018 et, également, la prime à l’environnement. Tout cela a permis de booster les ventes et surtout de soutenir le secteur automobile.

 

Est-ce la fin de la période des vaches maigres ?

Il est vrai que le secteur de l’automobile a connu des périodes très compliquées, il était quand même passé de 8 000 véhicules par an à moins de 4 000 ! Ce point très bas est intervenu après la crise des subprimes. À la fin des années 2000, nous étions retombés au niveau de vente de 1992.

 

Ces incitations seront-elles reconduites en 2019 ?

Pour l’instant, elles ne le sont pas. Les deux années précédentes, ça s’est négocié au cours du premier trimestre. Nous allons solliciter une rencontre avec le gouvernement, car nous sommes quand même inquiets pour 2019.

D’abord, parce que le mois de décembre n’a pas été très bon, justement parce que nous n’avons plus la prime à l’environnement. La moyenne du mois est très inférieure à la moyenne mensuelle 2018. On l’a ressenti tout de suite. Il serait donc bon de redéfinir un dispositif d’incitation, surtout au regard de l’impact sur l’emploi.

 

Quels enseignements tire la profession de l’aide du Pays ?

D’abord, elle a permis d’assainir le parc roulant, grâce à la vente de véhicules propres mais également des véhicules plus petits avec des motorisations moins gourmandes et donc moins polluantes.

Autre aspect : la relance de la consommation. La prime à l’environnement, les incitations… ont permis de sortir de l’épargne. La baisse des taux bancaires a aussi favorisé l’accès au crédit, et donc la capacité d’achat. Les banques ont joué le jeu. La situation est nettement plus saine aujourd’hui.

Enfin, il faut souligner la relance de l’emploi puisque plus d’une centaine d’emplois ont été créés en l’espace de 18-24 mois, pour un secteur de la distribution qui totalise environ 800 emplois.

 

Quels sont les véhicules qui se sont le mieux vendus en 2018 ?

Il faudra le confirmer avec les chiffres annuels définitifs des immatriculations fournis par les transports terrestres, lesquels ne sont pas encore disponibles. Les dix voitures les plus vendues sont la Dacia Duster, le Toyota double-cabine, la Hyundai Grand i10, la Peugeot 208, la Renault Clio IV, la Kia Picanto, le Ford Ranger double-cabine, la Toyota Yaris hybride, la Suzuki Swift et la Kia Niro hybride.

 

Quelles sont les tendances par segments de marché ?

On constate qu’il y a beaucoup de citadines. Beaucoup de constructeurs ont opté pour des cylindrées révisées à la baisse, au profit d’une suralimentation par turbo. Le pick-up représente encore 14 % des ventes, mais il est en recul. Il reste un modèle demandé mais coûte encore assez cher. Le sport utility vehicle (SUV) confirme son statut de véhicule prisé avec 23,7 % des ventes, il est très à la mode. Il a rogné sur le segment des berlines même si ça n’est pas le mieux d’un point de vue environnemental.

 

La vraie nouveauté, c’est le succès des véhicules hybrides et électriques ?

Oui, absolument. Les hybrides et les électriques représentent 11 % des ventes, et ça, c’est vraiment une performance au niveau international. Car on ne retrouve nulle part ailleurs de pareils taux de vente, à part peut-être dans les pays scandinaves… Si on les cumule avec les citadines, soit 30 %, on atteint 41 % de ventes de véhicules propres. C’est un record.

Il faut aussi noter la part des véhicules d’origine chinoise puisqu’ils représentent désormais 8,3 % du marché toutes marques.

 

Les motorisations diesel restent-elles beaucoup demandées ?

On note clairement une baisse des ventes de véhicules diesel. Et dans le même temps, en tout cas sur le milieu de gamme, une augmentation de la vente de boîtes automatiques. Les citadines restent majoritairement en boîte manuelle. Il s’agit d’un retour de la consommation rationnelle, pragmatique. Le comportement d’achat a changé grâce à ces incitations fiscales.

 

En matière d’équipement, quelles sont les tendances ?

J’en ai trois qui me viennent à l’esprit. D’abord le Bluetooth qui concerne la sécurité. Le radar de recul, ensuite, et enfin la caméra de recul qui deviennent peu à peu un standard.

 

L’autorité polynésienne de la concurrence évoque un secteur assez concentré avec quatre grands groupes. La limite est-elle atteinte ?

En vérité, nous sommes cinq, puisqu’il faut compter le concessionnaire Ssang Yong qui est membre du syndicat. Il faut savoir qu’il existe une très vive concurrence entre nous. (…) Il pourrait ne rester que trois groupes que cela n’aurait rien d’anormal.

 

Comment évolue le marché de l’occasion ?

Le marché de l’occasion s’est raréfié. Les stocks ont beaucoup baissé, il y a peu d’offre pour une demande qui reste importante. C’est dû notamment à la prime à l’environnement qui a permis de sortir des véhicules polluants de la circulation. Ils ont totalement disparu puisque détruits par Fenua ma. Résultat : les stocks sont extrêmement sains mais avec, en revanche, la difficulté parfois de trouver certains modèles. Les concessionnaires doivent représenter à peine 30 % du marché de l’occasion. Le reste se partage entre les parkings, les sociétés de location et les ventes entre particuliers.

 

Propos recueillis par Damien Grivois

 

 

 

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