Le “marginal” de la RDO écope d’un mois de prison et d’une obligation de soins

    vendredi 6 janvier 2017

    RDO marginal tribunal

    Le “marginal” de la RDO avait d’abord été placé en établissement psychiatrique juste
    après les faits, en novembre dernier, avant de passer hier devant le tribunal correctionnel. (© Vaiana Hargous)

    L’ancien acolyte du “roi” Fuller, P.F.,  qui squatte et orne de ses pancartes un bout de terrain en bas de la RDO, côté Punaauia, passait hier après-midi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Papeete pour des faits qui remontent au 13 novembre dernier, sur le lieu même de son squat.

    Trois muto’i de la commune, suite à un signalement disant que le prévenu était sur la voie publique avec un sabre katana, se rendent sur les lieux et lui demandent de ranger l’arme. Ils se font alors insulter et menacer par P.F., qui ne veut rien entendre, et ils finissent par appeler la gendarmerie à la rescousse.

    Deux gendarmes répondent à l’appel, lui demandent d’obtempérer et reçoivent également leur lot d’insultes en tahitien. Le prévenu ne veut toujours rien entendre et se met à courir sur la chaussée, manquant de créer un accident. Il aura fallu que l’un des gendarmes le tienne en joue avec son Taser pour qu’il finisse par déposer le sabre. D’abord placé en garde à vue, une expertise psychologique le conduira d’office le lendemain en hôpital psychiatrique, d’où il est sorti avant-hier.
    Au tribunal hier, les deux gendarmes et les trois muto’i se sont portés partie civile et ont chacun demandé 50 000 F au titre de dommages et intérêts pour préjudice moral.

    Le procureur a, quant à lui requis, un an de prison, dont six mois avec sursis, et une obligation de soins pendant deux ans à l’encontre de celui qui a déjà été condamné à 16 reprises par le passé, entre autres pour détention de stupéfiants et dégradations…
    “C’est un marginal qui souffre de schizophrénie, et qui prend des toxiques qui accentuent les effets de cette maladie, a-t-il justifié. Son instabilité est une bombe, une menace permanente pour la société.”
    Pour l’avocate du prévenu, Me Ayoun, “il était dans un délire et puis c’est tout”. “Selon les expertises, il n’est ni curable, ni réadaptable. Vous ne pouvez pas envoyer en prison une telle personne ! Mon client est prêt à faire des TIG (travail d’intérêt général, NDLR) pour répondre de ses actes.”

    Le tribunal a finalement reconnu le prévenu coupable des faits qui lui étaient reprochés et l’a condamné à six mois d’emprisonnement, dont cinq avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve pendant deux ans avec obligation de soins, d’une interdiction d’avoir une arme et d’une obligation d’indemniser les deux gendarmes et les trois muto’i à hauteur de 10 000 F chacun, au titre du préjudice moral.
    Le “marginal” a été déferré directement à Nuutania. 

     

    V.H.

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