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Le mari violent encourt 20 ans de prison

mardi 19 septembre 2017

assises

L’homme frappait sur sa conjointe “comme dans un sac de boxe”, relate un témoin. (© Florent Collet)

C’est encore l’histoire d’un couple à l’amour destructeur qui est jugée depuis hier devant la cour d’assises de Papeete.

Un amour “fusionnel”, explique la présidente de la cour. Aujourd’hui âgé de 34 ans, Jean-Jacques M. ne quittait jamais Véronika, son premier amour avec qui il a eu trois enfants.

Mais la jalousie et des problèmes relationnels avec le père de la victime causent de nombreuses disputes, “comme tout le monde”.

Dressé par le balai ni’au et les coups de son père, Jean-Jacques M. reconnaît taper ses enfants “pour leur apprendre à bien se tenir”.

Mais c’est sa conjointe qui subit le plus lourd de sa violence. “Je la frappais, parfois elle me griffait, mais nous nous aimions”, a-t-il confié durant l’enquête.

Sur le petit atoll de Fangatau, où le couple s’est installé, personne n’ignore les violences dont est victime Véronika.

En 2005, Jean-Jacques M. a déjà écrit un courrier au tavana de l’île, où il s’engage à ne plus taper sa moitié. Mais l’homme, décrit comme “caractériel”, ne s’arrêtera pas là.

Le dimanche 27 avril 2014, le couple, très impliqué dans la vie de son Église, se rend à la messe, puis prépare à manger pour le père de la victime. Le couple part ensuite en scooter à la recherche d’un endroit où faire la fête.

Jean-Jacques M. a emmené avec lui une glacière de komo. Ils en boiront chacun un litre.

1,05 gramme d’alcool sera retrouvé dans le sang de la victime.

“Mais le policier municipal, il ne vous a jamais dit que c’est interdit de fabriquer et boire du komo ?”, l’interroge la présidente de la cour. “Si, mais le muto’i boit aussi du komo”, répond l’accusé.

 

Il reconnaît certains coups, en réfute d’autres

 

C’est une affaire de famille entre la victime et sa nièce qui va faire monter la tension. “Elle cherchait à se disputer et l’alcool y était pour beaucoup”, a expliqué une témoin de la scène.

Jean-Jacques M. tente de calmer sa conjointe, une réaction qui énerve encore plus la victime, qui espérait être soutenue.

L’accusé prend alors la victime par la mâchoire en lui expliquant qu’elle n’a pas à s’énerver contre lui. En furie, la vahine lui assène alors un coup de poing au nez. Jean-Jacques M. lui répond du tac au tac en la frappant sur la bouche.

La dispute se poursuit, Veronika renverse la table où ils sont attablés ainsi que la glacière remplie de komo.

C’est ensuite la deuxième séance de bagarre. Certains témoins avouent n’avoir jamais vu une violence d’une telle “intensité” venant de Jean-Jacques M.

Lui explique n’avoir donné que quatre gifles, mais les témoignages parlent de coups de poing au visage alors qu’elle est au sol – “comme dans un sac se boxe”, relate un témoin – ainsi que de coups de pied.

La femme part ensuite se calmer chez une tante. Le couple se retrouve plus tard mais l’altercation reprend. Tandis que Jean-Jacques M. s’en va en scooter, elle le tape dans le dos. Il finit par asséner un coup de pied vers l’arrière qui la fait chuter. Et il la laisse en bord de route alors qu’elle pousse des cris de douleur. Des voisins la recouvrent d’un pe’ue alors qu’elle semble ronfler.

Le mari, pris de remords, revient finalement sur les lieux. Sa main est froide. “Elle était partie”, a-t-il expliqué à la barre. L’homme reconnaît certains coups, en réfute d’autres, mais admet qu’il est fautif en ce qui concerne les hématomes qui ont causé sa mort.

Mais, dit-il, “je ne savais pas que cela arriverait à ce point”.

Aujourd’hui, la cour entendra notamment l’expert psychiatre puis les plaidoiries. Jean-Jacques M. encourt 20 ans de réclusion criminelle.

 

F.C

 

 

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