Marraines bénévoles cherchent remplaçantes

    mardi 15 mars 2016

    À l’approche de la fin de l’année scolaire, de nombreuses marraines bénévoles de la Croix-Rouge quittent le fenua.  Jessica, marraine d’Isaïe, 7 ans, et bientôt sur le départ, est soulagée. Karima, une nouvelle marraine, va prendre la relève.  D’autres enfants
    en difficulté vont aussi devoir quitter leur marraine. Tous n’ont pas encore la chance d’avoir trouvé leur remplaçante.

    D’ici quelques mois ce sera la fin de l’année scolaire. La fin des cours annonce également le départ de nombreuses marraines de l’association Croix-Rouge – Les Enfants du Fenua, qui s’occupent d’enfants en grande difficulté scolaire et sociale.
    Grâce à ces parrainages, des enfants parfois en marge de la société reprennent goût aux études, apprennent aussi à se faire confiance, à faire confiance aux autres et à créer de nouvelles relations humaines.
    C’est pourquoi l’association lance un appel aux mamans bénévoles, qui auraient du temps libre pour prendre le relais des marraines en partance.
    Aude Delaunay, secrétaire au sein des Enfants du Fenua, assure que la passation entre l’enfant, sa marraine actuelle et la future est plus facile quand elle se fait pas à pas et ensemble.
    “Beaucoup de marraines partent l’été, ce qui les oblige souvent à arrêter dès le mois de juin. Si on arrive à faire la passation avant la rentrée scolaire, avec des marraines disponibles qui peuvent s’occuper d’eux une fois de temps en temps pendant les vacances, c’est mieux pour les enfants”, ajoute-t-elle.
    C’est le cas de Jessica qui repart définitivement en métropole au mois de juillet après avoir été la marraine d’Isaïe, 7 ans, pendant un an.
    “C’était très important pour moi de savoir que je n’allais pas partir comme une voleuse. Je suis très attachée à Isaïe, qui est un enfant extraordinaire et je voulais m’assurer que tout le chemin que nous avions parcouru ensemble n’allait pas s’arrêter brutalement après mon départ”, a-t-elle confié, soulagée, la semaine dernière alors qu’elle rencontrait Karima, professeur des écoles spécialisées, installée depuis moins d’un an au fenua.
    Karima a, elle aussi, suivi son conjoint en Polynésie pour une durée de deux ans. Disponible, elle envisageait déjà de donner de son temps libre dans une association, lorsqu’on lui parle des Enfants du Fenua.
    Elle rencontre une première fois Aude Delaunay, qui lui explique le but de l’association. L’idée de venir en aide à un enfant défavorisé de l’âge de ses enfants mûrit.
    “J’ai expliqué à Aude que si je m’engageais, je savais que j’allais devenir une figure repère et donc qu’il fallait que ce soit du long terme. J’ai l’habitude de travailler avec des élèves en difficulté et je sais que souvent la tierce personne est le repère qu’ils n’ont jamais eu”, raconte-t-elle.
    En général, l’association fait en sorte que les mamans bénévoles prennent en charge un enfant proche de leur domicile, si possible scolarisé dans la même école que leurs propres enfants pour faciliter les échanges avec les maîtresses et les parents.
    Mais Karima, au courant de la situation de Jessica et d’Isaïe, accepte de prendre le relais : “Jessica va bientôt accoucher et ne pourra donc pas continuer de prendre Isaïe jusqu’à son départ. Ces enfants ont besoin d’une continuité, cela peut être fondamental pour eux, pour leur avenir. Et puis, il a le même âge que mon fils, je n’ai pas hésité.”
    Karima, qui habite Punaauia, s’est rendue aux affaires sociales de Faa’a avec la secrétaire de l’association.
    “J’ai rencontré la marraine et le papa. Ça s’est très bien passé. Du coup, nous avons décidé de nous voir cette semaine avec nos enfants respectifs pour laisser tout le monde s’apprivoiser et se faire confiance en douceur.”
    Les deux frères d’Isaïe, respectivement 9 et 6 ans, sont eux aussi à la recherche de marraines pour les aider. L’un est scolarisé à l’école élémentaire de Piafau et le dernier à l’école maternelle de Heiri, à Faa’a.

    Jennifer Rofes

    Association Croix-Rouge – Les Enfants du Fenua
    Pour devenir marraine bénévole : 87.74.17.05 (Aude)
    Facebook : LesEnfantsduFenua

    Jessica, marraine bénévole : “J’ai eu envie d’aider plus”

    Pourquoi avez-vous décidé de devenir marraine ?
    Quand je suis arrivé mon fils était en grande section de maternelle. J’ai sympathisé avec sa maîtresse qui, au fur et à mesure, m’a permis de participer à des ateliers au sein de sa classe. En discutant beaucoup avec elle et à la vue des difficultés de certains enfants, j’ai eu envie d’aider plus.

    De quelles difficultés parlons-nous ?
    L’école n’est pas obligatoire avant le CP. Beaucoup d’enfants, donc, venaient d’arriver pour la première fois à l’école, alors qu’on était en grande section. Certains ont de vraies difficultés de langage, de comportement, car c’est la première fois qu’ils sont avec d’autres enfants. Certains parents ne communiquent absolument pas avec leurs petits. Par conséquent, eux-mêmes ne savent pas communiquer avec autrui. Or, il suffit de s’occuper d’eux pour qu’ils sortent de leur mutisme.
    Je me rappelle d’un enfant qui avait les ongles longs et sales. Il se mettait dans un coin et ne faisait pas de bruit. Un jour, la maîtresse l’a pris et lui a dit que ce n’était plus possible, qu’elle allait s’occuper de lui et qu’elle allait lui couper les ongles. Ce n’était rien, mais il y a eu comme un déclic chez lui. Dès lors qu’elle lui a prêté de l’intérêt, il s’est ouvert, à commencer à parler, alors que jusqu’à présent, il ne disait rien. J’ai compris qu’il suffisait d’un rien pour que ça change tout et c’est pourquoi j’ai eu envie de m’impliquer.

    Comment s’est passée ta rencontre avec Isaïe ?
    Nous nous sommes vus pour la première fois avec le papa aux affaires sociales de Faa’a. Je voulais un garçon pour que mon fils ait aussi un copain. Quand je l’ai pris, il était en CP. C’était un enfant très renfermé avec beaucoup de difficultés scolaires. Nous étions au mois de mai et il ne connaissait pas son alphabet. J’ai donc été voir sa maîtresse et ensemble nous avons mis en place un programme pour réellement l’aider dans son apprentissage de la lecture.
    Aujourd’hui, ça va mieux, mais je me suis adapté à lui. Je ne l’ai pas harcelé avec les cours. On a un lien très spécial, je l’adore et mon fils aussi, c’est vraiment une belle rencontre.

    Et avec le papa, comment ça se passe ?
    Oh, très bien, il est très investi. C’est un papa très présent, mais qui n’a pas forcément tous les moyens pour aider son fils. Il s’occupe seul de ses quatre enfants, donc il est un peu débordé. Mais c’est vraiment quelqu’un qui fait de son mieux et qui est très à l’écoute. Il aimerait d’ailleurs que ses deux autres fils de 9 et 6 ans puissent bénéficier eux aussi d’une marraine, car ils ont également des difficultés.

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