Mata Hotu prépare la Journée mondiale de la vue

    jeudi 6 octobre 2016

    vue

    Association Mata Hotu Voir Ensemble

     

    Pour y voir plus clair. Samedi, à Tahiti, la Polynésie va célébrer la Journée mondiale de la vue – normalement organisée chaque 12 octobre depuis bientôt 20 ans, dans le monde –, où chaque mal et non-voyant, mais surtout les voyants, est convié, toute la journée, dans les jardins de Paofai.

     

    L’association Mata Hotu (ex-6e sens) et ses 18 ans d’existence ont présenté les grandes lignes, hier matin, sur le lieu de l’événement et en musique, de cette manifestation gratuite et ouverte à tous. Dans le monde, une personne devient aveugle toutes les cinq secondes. Un enfant devient aveugle toutes les minutes.

    On estime à plus de sept millions le nombre de personnes qui deviennent aveugles chaque année. En Polynésie, selon l’association, ils sont 448 mal ou non-voyants à être recensés, dont 26 enfants de 0 à 20 ans. Mais “la vue nous concerne tous”, comme l’a rappelé le président de l’association, Diego Tetihia.

     

    “Nombreuses sont les difficultés”

     

    Afin de montrer les difficultés quotidiennes de ces “handicapés sensoriels”, l’association va présenter différents ateliers samedi aux voyants, qui seront privés de vue quelques instants afin de mieux appréhender les difficultés de ces personnes et pour engager le dialogue. Manger, ranger, cuisiner, tant de choses difficiles au quotidien pour certains comme Rainui Poursin, qui a pourtant de nombreux projets en tête et qui a trouvé, dans la musique, son plus formidable compagnon.

    Et les difficultés ne manquent pas. “La principale difficulté, c’est l’accessibilité”, a résumé Diego Tetihia. “Dans la ville, il n’y a pas de point de repère pour les mal et non-voyants. Sur le trottoir, nombreuses sont les difficultés. Il y a des étagères devant les magasins. Il y a des engins garés sur le trottoir et des voitures mal garées dans les parkings”, a renchéri ce dernier. “Même ici (aux jardins de Paofai, NDLR), nous n’avons aucun repère. Seul, ici, on est perdu”, regrette le président de l’association, qui a également cité les transports en commun et le haut-commissariat de la République qui “ne sont pas adaptés pour nous”.

    Ces absences totales de marquage, d’indication et de repère “bloquent” la vie de ces personnes, poussant certaines d’entre elles à des tentatives suicidaires, selon les membres de l’association. Pourtant, des solutions simples comme au Japon existent. Chaque rue ou ruelle y est clairement indiquée au sol via des dalles spécifiques servant de rails pour les cannes des aveugles. À chaque croisement, ce ne sont plus des lignes mais des points qui permettent de le signaler. Simple et efficace.

    Samedi, deux navettes seront mises en place pour faire participer un maximum de mal et non-voyants à cette grande fête de la vue. Les voyants – et donc les responsables politiques et les élus locaux – sont attendus massivement pour partager les difficultés quotidiennes des personnes condamnées au côté obscur.

     

    Christophe Cozette

     

          Pratique

    Samedi, dans les jardins de Paofai, de 9h à 16h.

    • 9h30 : ouverture des ateliers sportifs (pétanque, vélo en tandem, musculation) et ludiques (préparer un repas, manger, se déplacer, ranger, faire de la musique, consulter son téléphone, etc., tout ça sans voir)
    • 13h : animations musicales (musiciens bienvenus)

    Deux navettes sont mises à disposition des mal et non-voyants. Départs de Tautira (côte est) et Teahupo’o (côte ouest) à 6 h 30. Retour à 16h.

    Contact : 87.73.35.30

     

     

     

        Retrouvez dans notre édition du Jeudi 6 Octobre 2016 :   

    • 3 questions à : Rainui Poursin, 25 ans, membre de Mata Hotu – “J’ai connu le bonheur d’avoir des bonnes notes mais aussi de jouer de jolies notes”

     

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