Matea Sud mise sur la vente en direct

    jeudi 20 août 2015

    Depuis bientôt cinq ans, Augustin Vonken, gérant principal de l’entreprise Matea Sud, s’emploie à développer une production de fruits et légumes bio. Avec le soutien de Romain Borie, consultant spécialisé, ils ont surmonté certaines contraintes propres
    à cette forme d’agriculture afin d’optimiser la production.  Les premiers paniers bio, à destination des particuliers, devraient être livrés dès à présent.

    Sur les hauteurs de Vairao, un projet d’agriculture biologique inédit se dessine depuis bientôt cinq ans. Dans un immense jardin de 15 hectares, perpétuellement en cours d’aménagement, 5 hectares de forêt ont été conservés, tandis que le reste du terrain est réservé à de multiples cultures de fruits, légumes et aromates.
    “Cela fait déjà quatre ans qu’on y travaille, et la cinquième année est déjà bien entamée”, précise Augustin Vonken, gérant principal de la société Matea Sud.
    “On avait commencé par bien produire, et puis tout s’est écroulé. Pendant tout ce temps, on n’a pas arrêté de rechercher des solutions”, ajoute-t-il, alors qu’il vient tout juste de devenir le neuvième exploitant agricole polynésien certifié par la SPG Bio Fetia en garantie totale ; une victoire pour le pharmacien retraité qui avait souhaité se lancer dans le bio en raison de ses allergies, mais aussi pour permettre à tout un chacun d’accéder à des produits frais de qualité.
    “Avec mes connaissances en pharmacie et en botanique, on s’est tourné vers des plantes aux propriétés répulsives, en remplacement des traitements chimiques. Par le biais des pH, on peut aussi activer certains processus afin d’enrichir le sol en éléments nutritifs”, explique Augustin Vonken.
    La technique du paillage est également largement pratiquée sur l’exploitation, à partir de déchets végétaux et organiques recyclés. Les haies naturelles, constituées d’herbes sauvages, s’érigent de part et d’autre des cultures les plus fragiles, en raison d’une exposition au vent accrue ; une contrainte compensée par une fraîcheur appréciable, le terrain oscillant entre 250 et 315 mètres d’altitude, limitant notamment la prolifération de certains champignons dévastateurs.

    Optimiser la production : un véritable défi
    Actuellement, au sein de l’entreprise, seule une petite dizaine de personnes prend part à un défi de taille, surtout dans le cadre de l’agriculture biologique, celui d’assurer une production régulière.
    Avec le soutien de Romain Borie, consultant spécialisé, Matea Sud devrait reprendre dès aujourd’hui ses livraisons à destination des particuliers, en complément des grandes surfaces et des marchés spécialisés.
    “On fait remplir aux particuliers une fiche client, pour avoir leurs coordonnées et connaître leurs préférences. Le panier de 6 kg est à 3 000 francs”, explique Sandra, commerciale en charge des livraisons.
    “Pour l’instant, on tient une liste d’attente. Les premiers inscrits seront les premiers livrés, en fonction de ce que l’on a dans le fa’a’apu”, précise-t-elle.
    Une centaine d’inscriptions auraient d’ores et déjà été enregistrées ; autant de demandes que Romain Borie compte bien honorer.
    “Pour chaque fruit, légume ou aromate, on s’est fixé un objectif de production, en sachant qu’on a un bon 30 % de pertes, propres à l’agriculture bio, que ce soit en pépinière ou en champ. Par rapport aux tarifs, c’est une des raisons pour laquelle on est un peu plus cher que les conventionnels ; c’est aussi dû au fait qu’on n’a pas accès aux produits chimiques qui facilitent le travail”, explique le consultant, conscient d’être en pleine phase de recherche, et ce, pour les dix années à venir, avec la volonté de pérenniser cette production bio de grande ampleur.
    “Pour l’instant, l’exploitation n’est pas encore rentable”, confie Augustin Vonken. “Mais j’espère vivre encore 70 ans pour pouvoir continuer !”, ajoute-t-il, convaincu d’être sur la bonne voie.

    A.-C.B.

    Renseignements et inscriptions au 87.21.41.75. (Sandra).

    Quand bio rime avec écolo…

    Le fonctionnement de l’exploitation repose intégralement sur l’énergie solaire et éolienne. “À part le carburant”, précise Augustin Vonken, qui pense, là encore, à une alternative biologique. Des cultures de ricin, de coco et de tournesol sont d’ailleurs en cours d’expérimentation, en vue de produire un carburant respectueux de l’environnement, à moindre coût. “Il y a vraiment une volonté de proposer quelque chose de propre, au-delà de l’absence de pesticides. C’est une chance pour moi d’intervenir dans un projet comme celui-là”, confie Romain Borie.

    Un concept amené à se développer

    Une chose est sûre, Augustin Vonken ne manque pas d’idées. Production d’ananas, de vanille, mais aussi de miel, l’exploitant est sur tous les fronts. Actuellement, une trentaine de ruches sont réparties aux quatre coins de l’exploitation ; elles devraient prochainement être rassemblées, pour certaines d’entre elles, sur un bassin, afin de contrer les attaques de fourmis. Les serres de l’exploitation devraient également être rénovées, avant d’être, elles aussi, entourées d’eau par mesure de protection. À proximité des cultures, un système d’aquaponie pourrait être mis en place, l’omniprésence des poissons permettant de fertiliser naturellement les sols tout en réduisant la présence d’insectes.

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