Matrimoine : le tapa, un lien sacré entre les femmes

    vendredi 22 janvier 2016

    Une productrice parisienne est actuellement au fenua pour les préparatifs d’un documentaire-fiction qui sera tourné cette année. Il portera sur le tapa et sera le premier d’une collection consacrée au patrimoine transmis par les femmes dans les territoires d’outre-mer. Fouzia Kechkech était hier à l’assemblée de la Polynésie française pour présenter sa démarche.

    “Matrimoine”. Un beau néologisme pour résumer l’esprit qui anime Fouzia Kechkech, productrice parisienne de Neal Productions. Fouzia est actuellement au fenua pour finaliser les repérages et les préparatifs d’un documentaire-fiction de 52 minutes qui sera tourné cette année tant aux Marquises qu’aux îles Sous-le-Vent. Ce sera le premier d’une collection consacrée au patrimoine transmis par les femmes dans les territoires et départements d’outre-mer. Pourquoi le tapa ? Parce qu’il a une dimension sacrée venant du fond des âges aussi bien qu’une dimension profane, permettant d’aborder la culture dans sa globalité et le rôle pivotal qu’y jouent les femmes.
    Fouzia Kechkech a déjà conclu plusieurs accords, notamment avec France Télévisions qui diffusera le film sur plusieurs de ses antennes et Air Tahiti Nui, dont le directeur régional Europe, Jean-Marc Hastings, et l’attachée de presse Françoise Sigmond accompagnent le projet depuis le début. Elle en cherche d’autres, car un tel film, avec quelque 50 acteurs et un réalisateur reconnu, Laurent Bergers, nécessite des moyens conséquents. D’autres “pointures” sont également associées au projet, notamment Manouche Lehartel et l’ethnoarchéologue Michel Charleux, qui avait organisé en 2014 l’exposition au Musée de Tahiti et des îles et le premier Festival du tapa ; il prépare d’ailleurs un livre sur le sujet. 
    Enfin, le Musée du Quai Branly à Paris présentera, du 12 avril au 24 juillet prochains, l’exposition Mata Hoata : art et société aux îles Marquises, attisant l’intérêt du grand public pour la culture marquisienne.
    Avec Gisèle Bourquin qui amène au projet sa grande connaissance des outre-mers (lire ci-dessus) en tant que conseillère éditoriale, Fouzia Kechkech était invitée hier à l’assemblée de la Polynésie française par Armelle Merceron et Nicole Bouteau, et par le Conseil des femmes, notamment Maina Sage et Chantal Galenon, à qui elle a présenté sa démarche. Le projet Matrimoine y a rencontré un accueil chaleureux qui est, souhaitons-le, de bon augure pour sa réalisation. 

    C.P.

    Gisèle Bourquin, un concentré d’outre-mers

    Gisèle Bourquin fonde et préside depuis 2008 l’association Femmes au-delà des mers pour l’échange et la transmission des savoirs entre les femmes des différentes collectivités d’outre-mer et au-delà. Née en Martinique, elle fut enseignante de français en faculté, notamment au Zaïre, en Iran et en Nouvelle-Calédonie. C’est elle qui fut à l’origine du salon du livre qu’organise le ministère des Outre-mer à Paris et de plusieurs autres événements culturels, avec la femme pour fil conducteur : “Le monde aurait tort de ne pas prendre en compte ce que les femmes peuvent apporter à la société”, dit-elle, “et je veux changer le regard sur les outre-mers”.

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