Maupiti – État des lieux par Thomas Moutame, de la communauté des communes de Raromata’i

    mercredi 3 août 2016

    maupiti

    L’île de Maupiti souffre d’une desserte a minima qui l’empêche de développer ses potentialités dans les domaines agricole et touristique. (Photo : A Maiarii/LDT)


    L’isolement, frein au développement

     

    Maupiti compte près de 1 500 habitants et fait partie des joyaux de notre fenua, de par la beauté de ses paysages paradisiaques comme pour le naturel souriant, chaleureux et attachant de ses habitants.

    Mais depuis que les liaisons maritimes du Maupiti Express ont cessé à Maupiti, l’île connait l’asphyxie économique et alimentaire : près de 90 % de la production agricole a chuté.

    Les melons, les pastèques et les nonis, jadis ressources pour la population, ont presque complètement disparu. La population survit grâce au coprah par la liaison mensuelle du Tahiti Nui, navire de transport marchand. Le secteur de la pêche est également touché.

    Seul le tourisme continue à se maintenir par le biais des petites pensions de familles et par la desserte aérienne de l’île deux fois par semaine.

     

    Un navire pour rallier Bora Bora

     

    “Maupiti est entrée dans la communauté des communes de Raromata’i cette année, Huahine, Raiatea et Taha’a en font également partie. Ensemble nous aimerions demander au Pays de nous attribuer certaines compétences territoriales : les transports maritimes, le tourisme nautique et les espaces verts. Les compétences obligatoires actuelles des communes étant le traitement des déchets, la distribution de l’eau et le développement économique des communes”, explique Thomas Moutame, maire de Taputapuatea et responsable du développement économique de la communauté des communes de Raromata’i

     

    “Il y a deux gros soucis à Maupiti, que nous aimerions résoudre. Le premier est celui des transports maritimes. Pour cela, nous aimerions former une association avec l’État français, le Pays et la communauté des communes de Raromata’i pour l’achat d’un navire commercial de soixante tonnes afin de relier Maupiti à Bora Bora. L’idée étant de redévelopper les productions de pastèques, de melons et de légumes. Et de les revendre à Bora Bora qui importe pour quatre-vingt-dix millions mensuels de denrées alimentaires à destination des hôtels de luxe. Alors, si Maupiti peut répondre de 1% à 5% de cette demande, ce serait une nouvelle vie pour les habitants de l’île. Cette desserte maritime pourrait également servir à mieux ravitailler les habitants de l’île.”

     

    Le second souci de Maupiti concerne l’enrichissement de la terre : “Nous envisageons d’investir dans un broyeur de déchets verts. Cet outil de développement servira à remplir de grandes fosses creusées que nous remplirons de compost biologique que Maupiti sera alors capable de fabriquer.Cela permettra de faire reverdir l’île et de diversifier la flore des motu par la plantation d’arbres fruitiers et la production de légumes biologiques. Et même, de développer une l’apiculture de qualité.”

     

    L’ancien ministre de l’Agriculture sait de quoi il parle : “Pour cela nous envisageons aussi de proposer des formations agricoles de qualité aux jeunes en recherche d’emploi. Pour qu’à terme, ils puissent développer leur propre activité de manière autonome. Le but étant de générer un travail de qualité à chaque étape de la production à la vente. Les élevage de poissons et de poules pondeuses sont des secteurs de développement auxquels nous réfléchissons également pour Maupiti”, a conclu Thomas Moutame.

     

    Pour accompagner ces projets, les jeunes prêts à se lancer dans leur propre entreprise espèrent que le Pays prendra des mesures pour alléger les charges des patentés, afin de favoriser l’auto-entreprenariat.

     

    De notre correspondante
    Arava Maiarii

     

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