Maxime Léontieff, des steppes russes aux lagons polynésiens

    dimanche 29 mars 2015

    Maxime Nicolaïevitch Léontieff était un soldat du tsar Nicolas II de Russie. Il a notamment vécu la bataille de Thessalonique, en Grèce.  Son courage et ses faits d’armes durant la Première Guerre mondiale lui ont valu les honneurs militaires, alors que son pays sombrait aux mains des Bolchéviques.  Il arrive à Tahiti en 1936. Quatre de ses sept enfants viennent l’y rejoindre. Tous seront naturalisés français. Il ont engendré une nombreuse descendance, parmi lesquels l’ancien président Alexandre, le maire de Arue Boris, l’athlète Igor…

    Maxime Nicolaïevitch Léontieff est né le 12 ou 24 août 1871 à Saint-Pétersbourg  en Russie. Il a été élève de l’école des cadets à Saint-Pétersbourg (aujourd’hui Pétrograd), puis page de l’impératrice  de toutes les Russies Marie Alexandre. Officier en 1896, il a suivi les cours de l’Académie de l’État-Major. Il a servi sur la frontière turque et sur la frontière mongole. Attaché militaire, il est fait colonel honoraire lorsqu’il commande le régiment de Viborg, lorsque l’empereur d’Allemagne Guillaume II visite la Russie en 1912. Au début de la Première Guerre mondiale (1914-1918) il est attaché militaire à Constantinople. Promu quartier-maître à l’État-major général en 1916. Il a été remarqué comme général dans l’armée du tsar Nicolas II durant la Première Guerre mondiale à Salonique (aujourd’hui Thessalonique, Grèce). Il a été à cette période chef de la quatrième brigade spéciale russe qui a combattu dans les Balkans (1916-1917). Les journaux de l’époque, dans toute l’Europe ont publié sa photo lorsqu’il salue avec son sabre le Général français Sarrial commandant le “Front d’Orient”. Sous le commandement du général français étaient rassemblées des troupes dîtes alliées venues d’Indochine, de France, du Sénégal, d’Angleterre, d’Italie, de Serbie, de Grèce et d’Inde dans le but de contrecarrer les Allemands en Macédoine. Maxime à cette occasion a été décoré au rang “commandeur de la légion d’honneur”  à titre militaire. Après la guerre, il quitte régulièrement la Russie pour être en poste  à Athènes comme attaché militaire. C’est là qu’il se trouve lorsque la “révolution d’Octobre” survient.

    À Tahiti, Léontieff évoque…une patisserie !

    Il rejoint d’abord Rome, avec l’ambassadeur Girs, organise le bloc pour l’union avec les alliés qui n’est pas soutenu par Clémenceau (président du Conseil en France) et Lloyd George (Premier ministre anglais). Après un passage à l’armée Wranger ( “armée blanche” dans le sud de la Russie qui tente de contenir l’avancée de “l’armée rouge” des révolutionnaires), il vit en Tchécoslovaquie, puis en France au milieu de l’année 1920,avec sa femme et ses enfants. Il arrive à Tahiti en 1936. Quatre de ses sept enfants viendront l’y rejoindre. Tous seront naturalisés français. Madame Léontieff, née Barbara Monastirsky, femme cultivée et courageuse s’éteindra en 1953 à Papeete. “Le “Répertoire des Tahitiens” du révérend père O’Reilly consacre une longue rubrique au général Maxime Léontieff qui fut jadis, en Europe, un véritable personnage historique. « Sa pâtisserie-salon de thé était connue sous le nom de “chez Fita”. Ce nom venait du signe F.I.T.A (Foyer Intellectuel Touristique et Artistique). Ce “foyer” fondé par le général était quelque peu éclipsé, du moins dans le domaine de la notoriété, par sa pâtisserie qui comportait une salle et une terrasse avec des parasols. On y vendait également des cartes postales. Extérieurement, l’on n’aurait pas deviné en lui le chef prestigieux qui avait eu sous ses ordres des milliers de soldats du tsar. À une certaine époque, tous les journaux d’Europe avaient maintes fois publié sa photographie. C’était un homme calme, aux moustaches grises et aux manières effacées, parlant bas, un peu sourd, mais d’une exquise politesse, et l’on devinait, quand on le connaissait un peu mieux, qu’il ne s’agissait pas du premier venu.
    Entre autres pâtisseries, il avait comme spécialité un certain gâteau au fromage qu’il faisait goûter aux gens pour leur donner envie d’en commander, “ c’est un gâteau russe” précisait-il à chaque fois. Par principe, il ne signait jamais d’autographes. L’on pouvait se demander ce que l’on pouvait ressentir, quand on a fréquenté la famille impériale comme page de la tsarine et que l’on a assuré l’un des plus hauts grades dans l’armée du tsar, en servant de la limonade à des soldats de deuxième classe tahitiens ou à des matelots américains… Mais le général avait su accepter intelligemment ce caprice du destin. Et le destin, sans doute, en a su gré à sa famille, car il permit, plus tard, à son petit-fils de devenir pour quelque temps le personnage le plus haut placé de son territoire d’adoption.”

    Éléments historiques recueillis par Patrick Gourrat

    Lire le dossier complet avec un coup de projecteur sur les descendants Alexandre, Igor, Wassily et Boris Léontieff dans La Dépêche Dimanche ou au feuilletage numérique.

     

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