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Les médecins des hôpitaux prêts à s’engager dans une grève dure

mardi 7 novembre 2017

médecin grève

Les médecins des hôpitaux sont prêts à s’engager dans une grève dure. (© Jennifer Rofès)


Tous les services ont répondu présents à l’appel du Syndicat des praticiens hospitaliers. Ce dernier a obtenu un rendez-vous avec le ministre de la Santé, aujourd’hui à 10 h 30.

La grève des médecins hospitaliers est effective. Lors de l’assemblée générale qui a réuni l’ensemble des praticiens de l’hôpital de Taaone, hier matin, ils étaient 99 % à souhaiter un mouvement de grève dur.

Plus qu’une sonnette d’alarme, c’est un code rouge que veulent déclencher les médecins des hôpitaux de Polynésie.

En effet, tous les services étaient représentés. Qu’ils s’agisssent de la gynécologie, du Samu, de la pharmacie, des urgences, de l’ORL, de la psychiatrie, de la néphrologie, tous ont répondu présents à l’appel du syndicat.

À Raiatea, ce sont quatre médecins sur dix qui sont également solidaires du mouvement.  

Selon Christophe Alle, chef de service de gynécologie et vice-président du Syndicat des praticiens hospitaliers, les médecins sont aujourd’hui en grève à cause d’un statut dépassé qui ne leur permet plus d’attirer des spécialistes en Polynésie, car celui-ci n’est pas attractif.

 

“Mépris pour le dialogue social”

 

Ce manque d’attractivité se traduit par une pénurie de médecins. Aujourd’hui, nous avons un superbe mammographe, qui est malheureusement sous-utilisé. Le dépistage du cancer du sein ne marche pas bien. Nous avons des néphrologues qui ne sont pas remplacés parce que cette spécialité très difficile est très attractive dans l’Hexagone. Actuellement, il manque deux urologues à l’hôpital. La semaine dernière, nous n’avons pas pu effectuer de greffe rénale pour cela. C’est également le cas en neurologie, où plusieurs médecins qui devaient venir se sont désistés”.

Par ailleurs, le président du Syndicat des praticiens hospitaliers, Marc Levy, dénonce un mépris pour les médecins et le syndicalisme : “La ministre Tea Frogier nous a clairement dit qu’elle ne s’occuperait pas des médecins, que cela n’était pas de son ressort. Or, dans le même temps, elle reconnaît que le statut de la fonction publique est de sa compétence, mais nous renvoie au ministre de la Santé. C’est ce mépris pour le dialogue social qui ne passe plus aujourd’hui.”

Un point sur lequel le ministre de la Santé, Jacques Raynal, a tenu à rétablir la vérité, hier après-midi, et à répondre au président du syndicat, qui ajoutait dans nos colonnes, hier, que son ministère n’avait pas non plus cherché à les rencontrer.

Un élément que réfute le ministre, qui a convoqué par deux fois le syndicat avant que la grève ne soit effective.

Quant à la pénurie de médecins en Polynésie, point sur lequel le Syndicat des praticiens hospitaliers a mis l’accent, en expliquant que, “si le statut des médecins en Polynésie ne permet pas d’être concurrentiel, ils ne pourront pas faire venir de spécialistes, y compris des médecins de Polynésie qui ont fait leurs études en France et qui hésitent déjà à revenir”.

Le ministre n’est pas totalement d’accord : “Contrairement à ce qui est affirmé, le statut des médecins, ici, leur permet d’avoir des revenus assez confortables. Et ce statut, par rapport au statut métropolitain, est assez avantageux puisqu’on peut dire qu’ils ont en gros 30 à 35 % de bonus par rapport à l’Hexagone”, a tenu à rectifier Jacques Raynal.

Pour les médecins grévistes, les carences de médecins sont pourtant réelles et entraînent des retards de prise en charge des patients et des délais importants pour les chirurgies, ainsi qu’un temps de travail au-delà de la normale.

“Le problème, c’est que nous sommes de garde au moins une fois ou deux par semaine. Le temps moyen que nous passons à l’hôpital est de 60 heures par semaine”, affirme Christophe Alle.

Le président du Syndicat des praticiens hospitaliers souhaite pour la population et les patients que cesse ce désaveu, car, comme il le souligne  : “Nous, on a le choix. Ce sont les gens d’ici qui n’ont pas le choix”.

L’hôpital fonctionne désormais en service restreint. Seules les consultations et les actes urgents qui nécessitent une hospitalisation sont assurés.

 

Jennifer Rofes

 

jacques raynal marc levy

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