Médicaments périmés : bientôt une solution ?

lundi 10 août 2015

Se débarrasser de ses vieilles plaquettes de médicaments n’est plus une mince affaire. Aujourd’hui, nombreux sont les pharmaciens
qui refusent de récupérer les médicaments non utilisés (MNU) et périmés de leur clientèle.  Une situation qui dure depuis plus d’un an.

La date de péremption dépassée, les médicaments ne servent plus à grand-chose. Pour des raisons  de sécurité environnementale, il est toutefois déconseillé de les jeter. Alors que faut-il en faire ? Les pharmaciens sont aujourd’hui au pied du mur et beaucoup se trouvent dans l’incapacité d’accepter davantage de médicaments périmés.
“Nous n’avons pas l’espace pour les stocker”, explique une pharmacienne. “Nous avons déjà les nôtre à gérer”, déclare une autre. En Polynésie, les pharmacies sont tenues de détruire leurs propres médicaments périmés, mais ne sont pas dans l’obligation de récupérer ceux de leurs clients. Ce qui n’est pas le cas en métropole.
En effet, en France, une loi oblige les pharmacies à collecter gratuitement tous les médicaments non utilisés et périmés de la population, qu’ils soient sous forme de comprimés, gélules, pommades ou de sirops. Ils sont ensuite dirigés vers Cyclamed, une association à but non lucrative qui les détruit par incinération.
Ce procédé permet d’assurer l’élimination des médicaments périmés et non utilisés sans que cela ne représente un danger pour la santé et pour l’environnement. En Polynésie, le système est quelque peu différent. Il n’existe pas de loi.

Situation actuelle

Sur le fenua, les médicaments périmés sont considérés comme des déchets ménagers spéciaux (DMS). Au même titre que les piles, huiles ou batteries.
Il y a encore deux ans, les grossistes récupéraient les médicaments périmés et non utilisés auprès des pharmacies. Ces stocks étaient ensuite dirigés vers la Société environnement polynésien (SEP).
Aujourd’hui, le syndicat mixte ouvert (SMO) de Fenua Ma a pris le relais de la SEP, pour gérer et traiter les déchets ménagers spéciaux. Mais, “le programme s’est arrêté du jour au lendemain”, précise Benoît Layrle, directeur général de la Société environnement polynésien.
En effet, depuis 2013, aucun accord n’a été signé et l’opération de traitement des médicaments non utilisés s’est soudainement arrêtée. Une situation devenue ingérable pour les pharmacies, qui se voient refuser les médicaments non utilisés de leur clientèle.
En mars, le ministère de l’Environnement a envoyé un courrier officiel au syndicat mixte ouvert, afin de vérifier son aptitude à gérer de nouveau le traitement de ce type de déchets.
Mais, “nous n’avons pas eu de réponse de leur part à ce jour”, regrette Étienne Taramini de la direction de l’environnement (Diren).
De son côté, le ministère de l’Environnement, qui a débloqué un budget spécial pour cette opération, espère qu’elle se fera “absolument” en cours d’année. “On veut traiter tous les stocks historiques de médicaments au niveau des pharmacies. Nous avons le budget pour”, déclare Sylvaine Fauvet, conseillère technique en charge de l’environnement.
Autre problème qui se présente, le territoire ne dispose pas de structure suffisamment adaptée pour détruire les médicaments localement. Bien qu’il existe un incinérateur au centre hospitalier de Taaone, les médicaments périmés et non utilisés sont exportés en Nouvelle-Zélande pour être neutralisés chimiquement.
“Niveau financier, c’est à peu près le même tarif”, affirme Benoît Layrle. “Si c’est le même prix, autant que les médicaments partent et qu’ils ne restent pas sur le territoire”.
Actuellement, des discussions sont en cours pour que la Polynésie signe une convention avec l’association Cyclamed, afin que les usagers puissent à nouveau déposer leurs MNU dans les pharmacies. Les membres de la direction de l’environnement et du SMO Fenua Ma se réuniront lundi pour choisir qui des deux structures prendra en charge le traitement de ce type de déchets.

Nadia Yonker

Benoît Layrle, directeur général de la SEP : “Aujourd’hui, le système est bouché”

“Nous avons commencé à traiter les médicaments lorsqu’on s’appelait la Société environnement polynésien (SEP). De 2008 à 2012, nous avons mis en place un programme de récupération des médicaments dans les pharmacies. En 2013, il n’y a pas eu de prolongation de cet accord. Donc, nous sommes restés dans le flou total, sans programme. En ce moment, nous sommes sur le point de déstocker les médicaments qui sont chez les grossistes. Ensuite, nous voulons proposer de nouveau au grand public, un dépôt aisé chez les pharmaciens. Aujourd’hui, le système est bouché. Les grossistes sont saturés, les pharmaciens n’ont plus d’évacuation possible donc les particuliers se font refouler par les pharmaciens. Ce qu’il faut dire aux gens, c’est de patienter encore un peu. De faire le tri dans leurs médicaments. Il faut que les quantités vendues aux gens correspondent à leurs besoins. Pourquoi avoir une boîte de trente comprimés si l’on doit en utiliser que cinq ? Des efforts ont été faits par les professionnels. Mais c’est vrai que l’on n’est pas dans un système anglo-saxon, où ils te donnent vraiment le nombre de comprimés correspondant au traitement.”

tari 2015-08-11 08:40:00
disons qu'en refusant les médicaments périmés, c'est d'abord refouler le geste citoyen..c'est comme le tri raisonné des déchets domestiques...cela s'acquiert ! même si les pharmacies ne sont pas encore dotées de système de récupération, il faudrait encourager l'acte citoyen...c'est le premier maillon de la chaîne !
lebororo 2015-08-10 13:12:00
Souvent des "médicaments ou produits" peuvent être efficaces plus longtemps aussi.
que la date mise sur le "produit". Il faut bien qu'il en vendent plus aussi!
      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete