Même un faible réchauffement du climat affectera la Grande barrière de corail d’Australie

    jeudi 14 avril 2016

    Même un faible réchauffement pourrait avoir des effets dévastateurs sur la Grande barrière de corail d’Australie, qui risque de perdre sa capacité d’adaptation à des montées brusques de températures océaniques, selon une nouvelle étude publiée jeudi.

    La plupart des récifs coralliens qui n’ont pas pu développer ce mécanisme protecteur subiront des blanchissements à répétition quand la température à la surface de l’océan dépassera de 0,5 degré Celsius celle d’aujourd’hui, suggèrent ces travaux publiés dans la revue américaine Science.

    Or cette augmentation de la température à la surface de l’océan pourrait se produire d’ici 40 ans.

    Selon les chercheurs, si la température grimpe de deux degrés, comme cela pourrait arriver d’ici 2100, la proportion de coraux de ce récif capables de développer ce mécanisme protecteur serait réduite de 75%, laissant prévoir un blanchissement plus sévère et étendu qu’actuellement.

    Le mécanisme d’adaptation des coraux aux hausses de température, qui se met en place sur plusieurs semaines, agit « un peu comme un entraînement, une préparation pour les coraux qui sont moins stressés et tolèrent mieux ce phénomène quand il se produit », explique Tracy Ainsworth de l’Université James Cook à Queensland en Australie, principal auteur.

    Les coraux contiennent des algues microscopiques, appelées zooxanthelles, qui fournissent au corail ses nutriments et lui donnent ses couleurs chatoyantes.

    Or le réchauffement des océans stresse les coraux, les fait expulser des zooxanthelles et « blanchir ». Et si ces algues ne retournent pas dans le tissu corallien, le corail meurt, expliquent les scientifiques.

    Pour déterminer les différents seuils de température du blanchissement, cette scientifique et ses collègues ont analysé 27 ans de relevés de températures à la surface de la Grande barrière de corail et identifié 372 épisodes thermiques stressants capables de provoquer ce phénomène.

    Ils ont établi la température moyenne mensuelle maximum pour chaque région de la Grande barrière, et déterminé que le seuil pour provoquer un blanchissement se situait deux degrés au-dessus de ce maximum.

    Ils ont ensuite entré ces données dans un modèle mathématique pour simuler les réactions des récifs coralliens au réchauffement pendant le reste du siècle, en s’appuyant sur les relevés de températures des précédentes décennies.

    Ils ont conclu que ceux qui bénéficient du mécanisme d’adaptation toléraient davantage des montées du thermomètre au-dessus de deux degrés, subissant moins de blanchissement et de dépérissement.

    Des observations aériennes de la grande Barrière, qui s’étend sur deux mille kilomètres, ont révélé l’un des plus graves épisodes de blanchissement des coraux de cet écosystème australien unique, avaient annoncé fin mars des scientifiques.

    Agence France-Presse

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