Habillage fond de site

La méningite à éosinophiles liée aux mollusques

jeudi 5 octobre 2017

escargot

L’Achatina fulica, l’escargot terrestre géant, est l’un des hôtes intermédiaires du parasite Angiostrongylus cantonensis à l’origine de méningites à éosinophiles, tout comme les chevrettes, crabes, planaires et autres mollusques. (© DR)

Le dernier bulletin de surveillance du bureau de veille sanitaire fait état de huit cas déclarés de méningite à éosinophiles. Cette maladie rare (100 cas documentés par an dans le monde) est en réalité endémique de Polynésie française, qui en comptabilise entre dix à quinze cas par an.

Selon le microbiologiste du laboratoire du centre hospitalier de Polynésie française, Marc Levy, ce nombre de cas pourraient diminuer, voire disparaître, si quelques précautions sanitaires étaient observées, notamment lors de la consommation de certains produits et mets locaux. Car le mode de contamination habituel en Polynésie française est alimentaire.

Cette maladie due à un parasite du rat se développe en réalité chez les mollusques. L’un des principaux vecteurs de la méningite à éosinophiles serait l’Achatina fulica, l’escargot terrestre géant, introduit en Polynésie en 1967 et que l’on retrouve aujourd’hui partout sur le territoire.

Il est, avec les chevrettes d’eau douce, les crabes, les planaires et autres mollusques, l’hôte intermédiaire du parasite.

La plupart des Polynésiens et touristes touchés par la maladie sont contaminés après avoir ingéré ces produits crus. C’est généralement après avoir consommé des plats traditionnels, comme le taioro ou le miti hue, qui sont à base de tête de chevrettes crues que les personnes sont infectées.

Cependant certains pêcheurs de chevrettes qui ont par habitude d’en consommer pendant leur activité, sont aussi les premiers touchés.

Chez les enfants de moins de deux ans, la contamination survient plus généralement après avoir joué ou avoir porté à la bouche les fameux escargots géants.

 

Congeler chevrettes et mollusques

 

Les premiers symptômes apparaissent en moyenne une à trois semaines après l’ingestion du parasite.

Chez les adultes, les céphalées sont l’un des premiers signes cliniques isolés ou associés à d’autres signes méningés comme une raideur de la nuque, une photophobie (difficulté à supporter la lumière) et des vomissements. D’autres symptômes comme des troubles visuels et des paresthésies (fourmillements au niveau des extrémités) peuvent aussi apparaître.

Pour les enfants, ce sont essentiellement les vomissements qui inaugurent la maladie.

Si celle-ci est relativement grave, avec une moyenne d’une semaine d’hospitalisation, la plupart du temps les patients sont sur pied en deux à huit semaines sans présenter de séquelles.

Cette maladie ne confère pas d’immunité, ce qui veut dire que le patient peut être réinfesté.

Il existe cependant deux moyens simples de s’en prémunir, la cuisson ou la congélation. Selon les médecins, pour ceux qui souhaiteraient continuer de consommer des crustacés ou mollusques crus, il suffit simplement de les congeler pendant 24 heures, avant leur consommation, pour tuer les larves d’Angiostrongylus cantonensis.

Pour protéger les plus petits, il faut surveiller qu’ils ne mettent pas d’escargots ou de limaces à leurs bouches et s’assurer qu’ils se lavent correctement les mains après avoir joué dans la terre.

Le bureau de veille sanitaire conseille également de laver soigneusement les végétaux et tout ce qui aurait pu être souillé par les déjections de ces escargots.

 

Jennifer Rofes

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Retraites : Selon-vous, la réforme de la Protection sociale généralisée est-elle nécessaire, même si cela suppose des efforts de tous pour la survie du système ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete