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Merkel affaiblie, poussée de l’extrême droite

lundi 25 septembre 2017

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Angela Merkel, celle qui voit défiler les présidents et ministres étrangers rempile pour un quatrième mandat, douze ans après sa première élection. (© DR)

Surprise plus grande que prévue en Allemagne : les conservateurs n’ont pas dépassé la barre des 33 % lors des élections législatives, hier.

Dans les derniers sondages, la CDU/CSU était encore créditée de 35 % à 36 % des voix. Du côté des sociaux-démocrates (SPD), le résultat, inférieur à 21 %, était davantage prévisible. Mais le choc n’en est pas moins rude : le SPD mené par Martin Schulz fait encore moins bien qu’avec Frank-Walter Steinmeier en 2009 (23 %).

Il obtient cette année son plus mauvais résultat depuis la guerre. Quant au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), beaucoup s’attendaient à le trouver en troisième position. Mais pas à ce niveau, au-dessus des 13 %.

Les appels lancés par les deux grands partis de gouvernement n’ont donc pas mobilisé les électeurs. Pour faire barrage à l’AfD, le SPD n’avait pas hésité à convoquer l’histoire, évoquant le choc que représenterait l’entrée de “nazis” au Bundestag, comme l’a martelé le ministre des affaires étrangères Sigmar Gabriel.

Il vaut encore mieux s’abstenir que voter pour l’AfD, expliquait quant à lui Peter Altmaier (CDU), le numéro deux de la chancellerie, il y a quelques jours.

Peine perdue : non seulement, les Allemands ont davantage voté qu’en 2013, mais ce surcroît de participation a profité à l’extrême droite, défiant les prévisions contraires de nombreux observateurs.

Avec le score qu’elle a obtenu hier, l’AfD pourrait compter près de 90 députés. Il s’agit par ailleurs d’un parti qui, ces derniers mois, n’a en rien essayé de se “dédiaboliser”. Au contraire : sa campagne a été marquée par une xénophobie affichée, une islamophobie assumée et des déclarations plus que douteuses vis-à-vis du nazisme.

Certains estimaient qu’une telle radicalisation lui porterait préjudice. À l’évidence, elle lui a plutôt profité.

Enfin, compte tenu du fonctionnement de la démocratie allemande, le rapport de forces issu des urnes, hier, rend la suite des événements plus incertaine que ce qu’on pourrait croire de prime abord. Certes, Mme Merkel est arrivée en tête. Mais elle ne gouvernera pas avec le SPD qui, après l’annonce de sa débâcle, a exclu de participer à une nouvelle “grande coalition”.

Pour la chancelière, c’est la fin d’une alliance finalement assez confortable, les huit années (sur douze) pendant lesquelles elle a gouverné avec les sociaux-démocrates (2005-2009 puis 2013-2017) ayant été, pour elle, finalement assez tranquilles politiquement.

 

AFP

 

 

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