Habillage fond de site

Mésaventure à Mopelia – Solidarité puis pillage après leur naufrage

mercredi 19 juin 2019

La solidarité se met en place et les affaires qui peuvent l’être sont descendues de Ratafia. (© DR)

La solidarité se met en place et les affaires qui peuvent l’être sont descendues de Ratafia. (© DR)


Marc Lucas devait emmener sa petite-fille, Anaïs, pour une virée en mer, une première pour la jeune parisienne. Malheureusement, le navire a terminé sa course sur le platier de Mopelia. Un élan de solidarité s’est mis en place, mais parallèlement, le bateau a aussi été pillé.

C’est une triste mésaventure qui est arrivée la semaine dernière à Marc Lucas, vieux loup de mer de près de 80 ans, rompu à la navigation depuis de longues années, et sa petite-fille, Anaïs Jannet, qui venait de la région parisienne pour la première fois en Polynésie pour voir son “papy”.

Marc se faisait une joie d’emmener sa petite-fille sur son bateau, le Ratafia, qu’il a construit avec son épouse en 1980 et avec lequel il a déjà fait l’équivalent de près de cinq tours du monde. La promenade devait les emmener vers Mopelia, puis Bora Bora et Taha’a avant de rentrer à Tahiti. Soleil, complicité, découverte, qui ont rapidement viré au cauchemar.

Alors que Mopelia se présentait à lui, Marc est allé en cabine pour finaliser ses préparatifs. Un moment d’inattention, lié à l’âge et à la maladie qu’il venait de combattre ces cinq derniers mois, a jeté son bateau sur le récif de l’atoll. “Il restait environ 6 milles soit une petite heure. J’ai travaillé sur l’ordinateur, mis un point MOB par erreur et cherché à l’enlever… puis le choc terrible”, raconte-t-il. “Le temps de rouler le foc, le bateau était trop loin sur le platier et l’hélice hors de l’eau… J’ai dit à Anaïs : ‘le bateau est perdu’.”

Le temps d’appeler les secours à la radio, le Gardian survolait déjà la zone pour vérifier que sa petite- fille et lui étaient en bonne santé.

Rapidement, les habitants de Mopelia, que Marc côtoie depuis de longues années, sont prévenus et viennent lui prêter main-forte pour décharger le bateau et mettre le maximum de choses à l’abri. La houle et le corail n’allaient pas mettre longtemps à briser la coque de Ratafia.

La solidarité fonctionne à plein régime. Marcelo, l’ancien responsable de la coopérative, Adrienne, son épouse, et leurs filles, Faimano et Karena, les aident et les hébergent.

Le soir-même, Marc propose quelques bières et un peu de vin à tous ceux de l’île qui l’ont aidé à débarquer ses affaires, et qui, il en est certain, l’aideront encore le lendemain. Harassés, Marc et Anaïs s’endorment.

 

Réveil difficile

 

Le lendemain matin, à l’heure de retourner sur le bateau pour continuer à sauver ce qui peut encore l’être, Marc fait une triste découverte. Ratafia a été pillé. Plus de GPS, plus de panneaux solaires, plus de matériel électrique. Tous les cordages ont été récupérés, drisses, écoutes, palan, poulies, tous les winchs. Une ancre manque aussi à l’appel, ainsi que des tablettes liseuses, une montre et tous ses cigares.

Écœuré, Marc retourne à terre, commence à faire le tour et récupère de-ci de-là, un onduleur, un moniteur de radar, sa VHF. Mais le reste a bel et bien disparu.

De même que quelques équipements à terre, qui avaient été entreposés en attendant qu’un ami de Raiatea vienne le chercher. “Ils ont désossé le bateau”, expliquait-il hier à La Dépêche après avoir commencé à faire le tour des assurances pour la perte du bateau. “Le pire, c’est qu’ils l’ont même fait n’importe comment, en tordant certains outils, les rendant inutilisables, même si je les avais récupérés”, poursuivait-il amer. “Même notre linge a été volé à terre. Il était mouillé par la mer. Adrienne avait eu la gentillesse de le laver, et on nous l’a piqué à même le fil à linge.”

“Ça fait 20 ans que je vais régulièrement à Mopelia, que je les aide, que je ramène des trucs de Tahiti pour eux quand j’y vais. Je les aidais, ils m’ont aidé. On se connaît, mais cela ne les a pas empêché de me piller”, conclut-il amer. “Ils se sont conduits comme des charognards.”

Marc ne sait pas s’il retournera un jour à Mopelia, un atoll qu’il affectionne particulièrement. Mais c’est avec le cœur très lourd qu’il l’a quitté la semaine dernière.

 

Bertrand Prévost

 

MARC LUCAS RATAFIA

Marc et sa petite-fille Anaïs.(© Bertrand Prévost)

mopelia ratafia

À terre, les affaires sont entreposées avant de pouvoir repartir sur Raiatea. Certaines d’entre elles seront aussi volées. (© DR)

 

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Édouard Fritch veut que les personnes hospitalisées après un accident qu'ils ont causé, sous l'empire de l'alcool ne soient pas pris en charge par la CPS. Pensez-vous que ce soit une bonne mesure ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete