MÉTÉO – Toutes les forces s’affairaient hier à rétablir la situation

    lundi 23 janvier 2017

    intempérie HC PR

    Après avoir conjointement tenu un point presse, hier en fin de matinée, une partie du gouvernement et le haut-commissaire se sont rendus sur le terrain afin de faire une première évaluation des dégâts et de déterminer les moyens matériels et humains nécessaires pour un retour à une situation normale. (© Vaiana Hargous)

     

    Les autorités du Pays et de l’État ont uni leurs forces, hier, suite aux précipitations exceptionnelles qui ont touché Tahiti et Moorea dans la nuit de samedi à hier. À la mi-journée, si aucune perte humaine n’était à déplorer, les dégâts matériels étaient plutôt conséquents, autant du côté des particuliers que pour les infrastructures publiques. L’état de calamité naturelle a été déclaré afin de débloquer des crédits qui serviront à la réhabilitation des dégâts occasionnés par ce phénomène qui n’arriverait que tous les dix à vingt ans.

     

    Elle aura surpris tout le monde. La pluie qui s’est abattue sur Tahiti dans la nuit de samedi à hier a réveillé une partie de la population avec pertes et fracas, comme le montrent les nombreuses photos et vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux. Au plus fort des précipitations, il sera tombé jusqu’à 70 litres de pluie par mètre carré par heure. Une quantité plutôt conséquente dans la mesure où, la semaine dernière, les cumuls de pluviométrie atteignaient au plus les 200 litres d’eau par mètre carré par… jour !

    Et “la météo prévoit que cette situation très dépressionnaire se maintienne au moins dans cette intensité, ou pas très loin de cette intensité, 24, voire 48 heures”, confiait hier en fin de matinée le haut-commissaire René Bidal, lors d’un point presse tenu conjointement avec le gouvernement et les forces armées.

    “La première satisfaction que nous partageons avec le président de la Polynésie française, c’est qu’à ce stade, nous n’avons aucune perte humaine, a-t-il poursuivi. La mobilisation des services du Pays et de l’État est entière depuis 3 heures du matin et les gens qui ont parfois perdu leur habitation ont pu être mis à l’abri. Les enfants de l’internat du lycée de Taaone ont également pu être mis à l’abri, alors même que l’établissement a énormément souffert des inondations.”

    À la mi-journée, seul un blessé à la jambe, dont l’état a nécessité une intervention chirurgicale, et des blessés légers étaient à déplorer.
     

     

    Surtout des dégâts matériels

     

    “Ce phénomène a été principalement observé à Tahiti Nui, reprend le haussaire. La Presqu’île et Moorea ont moins souffert. Nous avons évidemment des inondations, mais en termes de dégâts, ce sont essentiellement le nord, le nord-est et le nord-ouest de Tahiti Nui qui ont souffert. Aux îles Sous-le-Vent, il y a eu aussi beaucoup de précipitations, mais ça n’est pas aujourd’hui au centre de nos inquiétudes.”

    Un bilan des dégâts était toutefois difficile à faire hier. “Même moi qui suis à Pirae depuis 3 heures du matin, je suis incapable de vous donner un chiffre sur le nombre de maisons qui ont été touchées, a confié à son tour le président Édouard Fritch. Mais il n’y a pas seulement les habitations de nos populations qui ont été touchées, il y a aussi les infrastructures publiques…” 

    En effet, des pans entiers de chaussée ont parfois été déplacés, voire tout simplement emportés par la force de l’eau et des débris qu’elle traînait avec elle. Selon l’appréciation de Météo France, ce que Tahiti a vécu hier n’arriverait qu’une fois tous les dix à vingt ans.

    “Mais dans les communes les plus touchées, quand on discute avec les gens qui les habitent, ils disent parfois ne jamais avoir vu ça”, ajoute le haussaire.

    Même évaluation du côté du président du Pays. “Je suis dans la commune de Pirae depuis 1982, j’y ai travaillé en tant que chef du service technique, et c’est la première fois que je vois autant d’eau déversée, et sur la Hamuta, et sur la Nahoata, confie Édouard Fritch. Devant l’ampleur de ces dégâts, je crois que la solution est que nous conjuguions tous ensemble nos moyens : le haut-commissariat, l’armée, les communes qui ont fait la plus grande partie du travail depuis 3 heures ce matin et l’équipement qui est intervenu aussitôt. La conjugaison de nos moyens est impérative si l’on veut au plus tôt faire oublier ce mauvais souvenir que certaines familles ont eu dans cette soirée du 21 au 22 janvier.”

    Une cellule de crise a été montée et toutes les forces s’affairaient hier à rétablir au plus tôt la situation : réalimenter les foyers concernés en eau et en électricité, évacuer ceux en situation dangereuse et leur trouver un toit pour la nuit, déblayer, nettoyer… 

    Les dégâts matériels nécessiteront toutefois de nombreux jours de réhabilitation, et donc des fonds. Afin de débloquer des crédits, le président du Pays a réuni hier après-midi un conseil des ministres extraordinaire, qui a pris un arrêté constatant l’état de calamité naturelle des sinistres occasionnés dans les communes de Tahiti et Moorea.

     

    V.H.

     

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