Météo- Un El Niño “atypique” épargne le fenua

    vendredi 20 mai 2016

    Météo France a présenté hier le bilan de la saison chaude qui s’est officiellement achevée le 30 avril.

    En octobre dernier – avec un peu d’avance sur le calendrier habituel car les pouvoirs publics aussi bien que les médias le réclamaient –, le service études et climatologie, dirigé par Victoire Laurent, avait posé ses prévisions pour la saison cyclonique.

    On annonçait un fort El Niño et un risque d’événement cyclonique de 90 %. Et, effectivement, fin février – qui est statistiquement le mois le plus à risque en Polynésie française – la dépression tropicale Yalo a soufflé des vents atteignant parfois 110 km/h sur les Australes.
    Pour ses prévisions saisonnières, Météo France s’appuie sur l’observation du phénomène El Niño, qui voit une zone d’eau de mer anormalement chaude (28 à 30°C) se déplacer d’ouest en est dans l’océan Pacifique ; à cela s’ajoute un affaiblissement des alizés, et l’activité cyclonique, confinée en temps normal à l’ouest du Pacifique, se rapproche de la Polynésie française.

    Puis, au fil des semaines, le “réservoir” d’eau chaude dont les tempêtes ont besoin pour se former s’amenuise jusqu’à ne plus présenter de danger.

    À l’inverse, lorsque la température de l’océan passe en dessous de la moyenne, on entre dans La Niña. Cette année, Météo France est resté en alerte deux à trois semaines de plus que d’habitude en raison de la température élevée de la mer.

    Mais avec l’arrivée de l’air frais, le risque cyclonique actuel se situe entre 0 et 25 %.
    Météo France qualifie cette saison cyclonique “d’atypique”. En novembre dernier, les températures de l’eau confirmaient un El Niño “à maturité”, équivalent à celui de 1997-98 ; en janvier, la conjugaison des facteurs océaniques de El Niño et des facteurs atmosphériques montrait un pic du potentiel énergétique.
    Ni les fortes pluies du 12 décembre, ni le coup de vent violent le 21 février ne sont anormaux dans ce contexte.

    Mais le “Godzilla” annoncé par les médias américains, notamment, ne s’est pas matérialisé, notamment parce que les alizés n’ont pas faibli.

    Au final, le Pacifique a connu deux dépressions modérées (Tuni et Yalo, la seule qui a touché la Polynésie), une dépression forte (Tatiana) et cinq cyclones (Ula, Victor, Winston, Zena et Amos) principalement dans le nord du bassin Pacifique.

    Les précipitations ont été majoritairement excédentaires sur la Polynésie à l’exception de Takaroa et de Tubuai.
    Les Marquises ont été bien arrosées de novembre à janvier (+106 %) et la Société de février à avril (+124 %).
    Rapa a même connu son record absolu en février, avec 818,3 mm de pluie.
    Concernant les températures, si elles ont été supérieures à la normale en journée (jusqu’à +0,5° C), elles étaient inférieures d’autant en février.

    Ce sont surtout les nuits qui sont restées anormalement chaudes sur toute la période de novembre à avril, avec un pic en mars : presque 1,5° C de plus en moyenne.

    C.P.

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