Meurtre de Tipaerui : André A. condamné à 20 ans de réclusion criminelle

    jeudi 16 février 2017

    assises

    La barre de fer qu’André A. avait pris pour rendre visite à l’amant de sa compagne lui sera retirée par l’un des frères de la victime. (© Florent Collet)

     

    La seconde journée du procès d’André A., accusé d’avoir tué l’amant de sa femme en le percutant contre un mur en voiture avant de le traîner sur la route, a débuté hier par l’audition des derniers témoins pour tenter de faire toute la lumière sur les faits survenus le 10 décembre 2014.

    C’est surtout la personnalité de la victime qui a été louée lors de cette dernière journée. “Prends les clefs de ma voiture et emmène ma fille à l’école demain”, ce sont les dernières paroles qu’a prononcées la victime, véritable père fusionnel, à sa belle-sœur, alors qu’il avait déjà le pied arraché. Les experts expliquent aussi que la victime a eu le bassin et le thorax complètement écrasés et une partie de son corps dépecé.

     

    “Destin dramatique”

     

     

    L’avocat de la victime a expliqué ne pas vouloir trop enfoncer André A. “Mon client était tellement bon qu’il n’aurait pas voulu qu’on accable l’accusé.” Il a tout même fait part de sa surprise et sa déception de voir l’accusé nier sa volonté de tuer et ne pas exprimer de regret.

    De son côté, l’avocate générale a d’abord voulu rappeler le “destin dramatique” de la victime en le comparant parfois avec son bourreau, les deux ayant connu la même mésaventure d’être trompés par leur conjointe. Mais tandis que l’accusé a sombré dans l’alcool et la dépression, la victime, handicapée après un accident de voiture l’ayant plongé dans le coma, a eu la force de remarcher pas à pas pour reprendre une vie normale.

    “La vie se charge en permanence de vous envoyer des épreuves qui font apparaître votre véritable personnalité”, a ainsi expliqué l’avocate générale, pour mieux condamner la façon dont André A. a géré les siennes, par exemple en choisissant l’alcool plutôt que les soins au moment de sombrer dans la dépression.

    Pour elle, aucun doute, le geste était prémédité. André A. était venu la veille des faits puis une troisième fois, le jour du meurtre, après avoir été rossé par le frère de la victime. L’intentionnalité ne fait pas de doute non plus pour l’avocate générale, qui se base sur la marche arrière puis la marche avant passées sur le corps malgré les cris de la victime. “Rien n’excuse que l’on prenne une vie, surtout dans ces conditions”, a-t-elle conclu, avant de requérir 20 à 25 ans de réclusion criminelle.

     

    Bières et dépression

     

    Lors d’une longue plaidoirie, Me Antz, l’avocat d’André A., a notamment rappelé que les records de suicides en Polynésie tirent très souvent leurs origines de problèmes sentimentaux. Selon lui, impossible d’accuser son client d’assassinat, son discernement ayant été altéré par sa dépression et les 12 litres de bière consommés. Ayant décidé à la dernière seconde de foncer sur la victime, sans réfléchir mûrement à son plan, André A. n’aurait pas prémédité son geste.

    “On ne sait rien des intentions d’André”, a-t-il clamé, avant de rappeler que le doute doit profiter à l’accusé. Avant que la cour ne se retire pour délibérer, André A., appelé à s’exprimer, a eu ces derniers mots : “Je voudrais exprimer mes sincères regrets et demander pardon à la famille, et notamment à sa petite.”

    La cour n’a pas retenu la préméditation et l’a condamné à 20 ans de prison.

     

    Compte rendu d’audience F.C.

     

     

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