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Le meurtrier de Sandy Ellacott demande « profondément pardon »

mercredi 7 février 2018

henri T ellacott sandy

« Si je pouvais revenir en arrière, je voudrais que ce soit moi qui prenne la place de Sandy. » a explique le meurtrier présumé. (© Florent Collet)

Inexplicable. C’est peut-être le sentiment des jurés au terme de la première journée d’audience devant la cour d’assises où sont jugés Henri T., Vetearii T. et Heilani A. pour le meurtre en septembre 2015 de Sandy Ellacott.

Une première journée essentiellement consacrée à tracer le portrait d’Henri T., accusé d’avoir volontairement donné la mort au jeune père de famille, âgé alors de 34 ans.

Les habitués de la cour d’assises savent que l’enfance et le parcours des accusés donnent souvent une explication sur les faits commis. Une enfance difficile avec des parents, soit violents ou absents, un casier judiciaire chargé et des témoignages souvent peu reluisants.

Les différentes déclarations apportées par les proches hier ont, en effet, dressé le portrait d’un jeune homme bien sous tout rapport, quasiment un ange, répandant le bien autour de lui, à l’opposé de déchaînement de violence constaté sur la victime. En apparence déjà, Henri T., pantalon noir à pinces et chemise bleu ciel, a un discours posé, loin du stéréotype d’un meurtrier.

Après avoir reconnu les faits, il a expliqué les difficultés depuis sa mise en détention. “Durant six mois, tout le monde était contre moi, détenus comme surveillants, je ne pouvais pas faire mes besoins ou prendre ma douche. Par rapport à tout ce qui s’est passé et qui tournait en boucle à la télé, on m’avait déjà jugé.”

Il explique qu’au moment des faits, il ignorait qui était la victime, avant d’apprendre que Sandy Ellacott était le petit-fils de sa marraine. “Cela m’a chamboulé dans ma tête, je ne savais pas.”

Il évoque ensuite une enfance sans problèmes, avec un papa couvreur de toits en pandanus et une mère employée d’hôtel, et cinq frères et soeurs, tous bien insérés socialement.

Le jeune est travailleur à l’école, mais il arrêtera en raison d’un autre talent. “Je n’ai pas percé à l’école parce que j’ai dû préparer les championnats du monde de va’a. La rame, c’était ma seule opportunité de sortir du pays, de voyager”, expliquet-il.

Il a tout de même le temps de se faire remarquer au lycée. Le proviseur adresse à ses parents une lettre de félicitations pour avoir su apporter les gestes de premier secours à un élève blessé.

Il évoque son emploi d’agent de sécurité. Très émue, celle qui l’a embauché ne tarit pas d’éloges. “Il était respectueux, sportif travailleur. C’est le seul vigile qui était prêt à faire le ménage. Il en faisait plus que ce que je lui demandais, sans que je lui demande. Il était aimé de tous.”

L’ex-employeuse ajoute parlant Sandy Ellacott : “On dit qu’il était le plus gros dealer d’ice de Bora Bora”.

L’indignation de la famille Ellacott n’est pas retombée que l’ex-employeuse enchaîne : “Si certains témoins ne sont pas là, c’est qu’ils ont peur de la pression de la famille Ellacott, la plus importante de l’île. ”

“Des ragots qui salissent la mémoire de la victime”, selon l’avocat général.

Henri T. est ensuite interrogé sur la chasse sous-marine qu’il pratique dès l’âge de six ans. “C’est plus qu’une passion”. Sa petite amie confirme : “Avec lui, il y avait toujours de quoi se nourrir. Il ramenait du poisson, et on en vendait au bord de la route.” Avec lui, elle a signé à la Croix Bleue pour dix ans. “On ne pouvait pas signer pour plus longtemps”, précise Henri T.

Une ex-belle mère de l’accusé vient, elle aussi, redorer le blason de l’accusé. “Il était calme et doux comme un agneau.”

L’ayant connu au collège, elle ajoute même : “Dans son école, il soutenait les enfants en difficulté. Il a amené cette valeur de respect dans notre maison.”

Henri T. évoque enfin sa religion. Catholique, il a aussi fait des études pendant deux ans avec les témoins de Jéovah.

“C’est ce qui me fait tenir dans les moments difficiles en prison, sinon je ne serais pas là.”

Visiblement ému, il pose la main sur son coeur et regarde vers la famille. “Tous les jours, je regrette ce que j’ai fait. Si je pouvais revenir en arrière, je voudrais que ce soit moi qui prenne la place de Sandy. Je demande profondément pardon. Je n’avais jamais eu ce genre de problèmes. Je demande aussi pardon à la population de Bora Bora.”

En fin d’après-midi, l’exposé des faits a été entamé avec le déroulé de la soirée et les contradictions mises à jour entre les accusés, les victimes et les témoins de la soirée. Il en sera très largement cas aujourd’hui. Et cette fois, cela présentera Henri T. de manière très différente.

 

F.C.

 

 

 

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