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Mickaëlla Duhaze, 28 ans au service des élèves de Papeno’o

samedi 27 juillet 2019

Après 13 ans au CJA de Papeno’o, mais 28 ans au total dans la commune, Mickaëlla Duhaze part pour Mataiea. (© Jean-Luc Massinon)

Après 13 ans au CJA de Papeno’o, mais 28 ans au total dans la commune, Mickaëlla Duhaze part pour Mataiea. (© Jean-Luc Massinon)


Après 15 ans d’enseignement à l’école Mamu et 13 années à la tête du CJA de Papeno’o, Mickaëlla Duhaze quitte la commune pour Mataiea. Son nouvel objectif sera d’aider les élèves en difficulté afin qu’ils ne finissent pas en CJA. Parcours d’une femme pleine de conviction, à la hauteur des défis de l’éducation.

À Papeno’o, l’annonce du départ de la directrice du Centre des jeunes adolescents (CJA) n’a pas laissé indifférent en cette fin d’année scolaire. Et pour cause. Mickaëlla Duhaze n’a que 49 ans, mais ce sont 28 ans de carrière qu’elle a déjà offert à la commune.

Native de la pointe Vénus, à Mahina, l’enseignante avait été adoptée par Papeno’o ! Elle arrive à l’école Mamu en 1991, après trois ans de formation à l’École normale. Elle fait classe pour la première fois à des élèves de classe de CM1. “Il y avait 24 élèves, 12 filles et 12 garçons”, se souvient encore Mickaëlla. Le directeur de l’école est alors l’ancien maire Albert Taruoura.

Durant les quinze ans qui suivent, l’institutrice va accueillir près de 400 élèves dans le cycle 3 (de CE2 à CM2). Elle vit la reconstruction de l’école et l’implantation du préau inauguré en grande pompe par le haut-commissaire de l’époque.

En 2002, un projet pédagogique, rondement mené, conduit sa classe à Paris pour l’assemblée junior ; et c’est la député Béatrice Vernaudon qui lui sert de guide.

Avec l’arrivée de Mirna Trafton à l’école Mamu, on passe d’une direction paternaliste à une gestion plus rigoureuse. Mickaëlla a face à elle “une femme à poigne”, s’identifie à elle, et s’imagine un jour reprendre la direction de l’école Mamu.

 

Établissement peu prestigieux

 

En 2005, l’institutrice passe avec succès son aptitude à la direction. Et Mickaëlla postule pour diriger Mamu, ou une école à Tiarei, ou à Mahina. Et en dernier voeu, elle se propose pour le CJA de Papeno’o.

Comme la direction de Mamu ne se libère finalement pas, la directrice en devenir se voit confier les rênes du CJA. Ses collègues ne comprennent pas ce choix : “Pourquoi le CJA ? Que vas-tu faire là-bas ?” Mickaëlla, elle-même, n’a que l’image de grands gaillards qui attendent devant le centre, mais c’est peut-être un tremplin avant de prendre une plus grande école. Reste que le premier défi de la novice directrice est ailleurs, il faut remplacer Yves Doudoute, une personnalité à Papeno’o. Il la remerciera d’avoir choisi le CJA.

 

Comprendre leur problématique

 

À la rentrée 2006, Mickaëlla Duhaze découvre de vieux bâtiments pas clôturés. Le CJA est à l’abandon, mais il accueille près de 60 élèves arrivés de CM2, des classes de perfectionnement, des redoublants… ceux dont le système éducatif ne veut plus.

La nouvelle directrice comprend qu’il faut s’occuper différemment de ces “délaissés” : “Il fallait d’abord les réconcilier avec eux-mêmes, avec leur famille. C’est seulement après qu’on pourra leur mettre du français et des maths dans la tête.”

Avec l’équipe en place, elle réactive la section agriculture, trouve des outils pédagogiques. Par ailleurs, il faut assimiler toutes les réformes des CJA, mais l’une d’elles va faire entrer les Centres dans la Charte de l’éducation. On reconsidère cette voie de garage qui a mauvaise réputation, et les jeunes peuvent désormais entrevoir de poursuivre des études en lycée.

 

Travailler en amont

 

Maman de trois grands garçons, résidente depuis dix ans dans le fief familial des Van Bastolaer-Lucas à la Presqu’île, Mickaëlla Duhaze a souhaité se lancer un nouveau défi dans une nouvelle école plus proche de chez elle.

À la rentrée, le 12 août, elle va prendre les commandes du groupe scolaire Nuutafaratea à Mataiea au PK47 où l’attendent plus de 300 élèves, dont des petits de 2 ans de STP.

La directrice s’est sentie très attirée par le dynamisme de cette commune au riche passé culturel. D’ailleurs, cette appartenance est rappelée chaque matin lorsque les enfants chantent l’hymne de Mataiea avant d’entrer en classe. Bien qu’elle sache, plus qu’une autre, tout ce que l’on fait de bien dans les CJA, Mickaëlla veut travailler en amont pour que ses futurs élèves ne se retrouvent pas en CJA, significatif d’échec scolaire.

À Papeno’o, c’est Eva Royer, jeune institutrice de Mamu et enfant de la commune, qui s’est vue confier le CJA.

 

LDT

 

Mickaëlla Duhaze itw

Mickaëlla Duhaze

Mickaëlla Duhaze

Mickaëlla Duhaze

eva royer

Il y a quelques jours, les élus de la commune ont voulu remercier la directrice du CJA par un pot de l’amitié en présence de sa remplaçante Eva Royer (couronnée à gauche).

CJA PAPENOO

Groupe du CJA de Papeno’o qui est parti à Paris en 2016 après avoir remporté le festival des CJA.

Mickaëlla Duhaze avait déjà effectué 15 ans à l’école Mamu avant de prendre la direction du CJA.

Mickaëlla Duhaze avait déjà effectué 15 ans à l’école Mamu avant de prendre la direction du CJA.

 

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