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Mieux cerner les pouvoirs cosmétiques de nos plantes

mercredi 23 novembre 2016

cosmétopée

Le Président du Pays, Édouard Fritch, a participé, hier matin à l’ouverture de la 5e édition du congrès international de la cosmétopée, et des premières rencontres internationales de la cosmétopée du Pacifique, au lycée hotelier, à Punaauia. (© Élénore Pelletier)

 

 

La Polynésie accueille pour la première fois le 5e congrès international de la cosmétopée. Durant trois jours, scientifiques, chercheurs et industriels se réunissent pour faire le point sur les avancées de la discipline au niveau international. L’objectif est de favoriser l’innovation cosmétique.

 

 

C’est la Polynésie française qui a été retenue cette année pour accueillir le 5e congrès international de cosmétopée. Une destination qui semble réjouir les organisateurs et les participants, d’après les commentaires recueillis au premier jour de l’événement. Il ne serait donc pas étonnant que celui-ci y soit reconduit dans les années futures.

Hier matin, ce  5e congrès international a ouvert ses portes au lycée hôtelier, couplé à un autre événement : la première rencontre  internationale de la cosmétopée dans le Pacifique avec la représentation de nombreux pays de cette région du monde: les îles Samoa, Fidji, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Japon…

La cosmétopée, qu’est-ce que c’est ? On connaît mieux le terme “pharmacopée” qui est le recensement des habitudes et des applications pharmaceutiques liées aux plantes exclusivement médicinales.
La cosmétopée regroupe, elle, tous les usages traditionnels des plantes pour la beauté et les soins du corps. Si la pharmacopée existe depuis longtemps, les travaux dans le domaine de la cosmétique traditionnelle sont encore peu recensés dans des écrits.

 

“Trouver des idées nouvelles”

 

Durant ce colloque, scientifiques, chercheurs et industriels du secteur de la parfumerie-cosmétique du monde entier se réunissent pour faire le point sur les avancées de la cosmétopée au niveau international et au niveau du Pacifique.

Des conférences, des ateliers thématiques, des tables rondes seront organisés durant trois jours, avec plus d’une quarantaine d’intervenants. Il y sera question de plantes bien sûr, de recettes traditionnelles ayant fait leur preuve, mais aussi de biodiversité et de protection de celle-ci.

L’objectif étant de faire perdurer des connaissances ancestrales en matière de cosmétiques, mais aussi de favoriser l’innovation dans ce domaine. “C’est l’occasion pour les industriels de trouver des idées nouvelles d’utilisation à travers les résultats d’expertises scientifiques et de données d’exploitations traditionnelles qui n’ont pas encore été valorisées”, explique Bernard Costa, membre de Tahiti Fa’ahotu, co-organisateur de l’événement.

Trois axes seront développés : la cosmétique traditionnelle et la dermo-cosmétique, la protection des savoirs et des échanges et enfin la valorisation des produits et la protection du consommateur.

Ce colloque est organisé localement par le cluster Tahiti Fa’ahotu, l’Université de la Polynésie française et par la Cosmetic Valley France, qui est un pôle de compétitivité dans le domaine de la cosmétique.
Lors de son discours d’ouverture du congrès, le président du Pays, Édouard Fritch, a émis le souhait de développer une “petite sœur” de la Cosmetic Valley en Polynésie, dans les années à venir.

 

Élénore Pelletier

 

Jean-Luc Ansel, directeur général et fondateur de la Cosmetic Valley : “Faire le recensement des habitudes cosmétiques avant qu’elles ne disparaissent”

Jean-Luc Ansel

(© Élénore Pelletier)

“La cosmétopée, c’est le recensement des habitudes cosmétiques à travers le monde. Ce recensement, personne ne l’a jamais fait jusqu’à aujourd’hui. Or cette mémoire est en train de se perdre, car elle n’est écrite nulle part. L’initiative que j’ai lancée à travers la Cosmetic Valley, c’est de faire le recensement des habitudes cosmétiques avant qu’elles ne disparaissent. L’idée, ce n’est pas juste de prendre l’information, mais de faire prendre conscience à des peuples, à des pays qu’ils détiennent une richesse et qu’ils peuvent en faire une force économique dans leur région (…).

En Polynésie, par exemple, le tamanu est utilisé à des fins pharmaceutiques, mais il a des propriétés très intéressantes également au niveau cosmétique. Il y avait aussi à l’époque le mono’i des rois fait à partir d’un arbre, le fitchia. C’est un arbre plutôt rare, mais spécifique à la Polynésie et dont les vertus étaient exceptionnelles pour la peau. Des études nous l’ont démontré. Mais voilà, ce mono’i est en train de disparaître et l’arbre avec. Mais en en parlant, en prenant conscience de son potentiel, on peut replanter des arbres de ce type, avant qu’il disparaisse.”

 

 

Marc-Antoine Jamet, président de la Cosmetic valley : “Ici, on est vraiment dans la problématique du consommateur”

marc antoine jamet

(© Élénore Pelletier)

La biodiversité de la Polynésie française est reconnue comme étant très riche. Les gens ont peut-être un peu peur de se faire piller leur savoir-faire, leurs ressources. Que pouvez-vous leur répondre ?
Il y a un principe à l’origine de tout ça. C’est le développement durable et l’équilibre. Nous sommes dans la suite du protocole de Nagoya. Il ne s’agit pas de déposséder, d’arracher, ni d’extraire. Il s’agit de s’inspirer, de connaître et de respecter.

On est dans un moment qui est décisif. On voit que les recettes ancestrales sont en train de disparaître, car l’oralité est quelque chose qui est en train de décliner. Il faut aujourd’hui transmettre, si on ne veut pas perdre toutes ces connaissances, ce savoir-faire.
C’est important notamment en termes de développement durable, si on ne veut pas que des molécules artificielles, que des produits chimiques plus envahissants, plus abrasifs deviennent de vrais produits cosmétiques.

 

Ce congrès du Pacifique, c’est une première. Est-ce le début d’une longue série ?
Un certain nombre de territoires polynésiens sont des territoires où la nature est restée intacte et où le paradis originel est encore là. Je crois que la force de ce congrès du Pacifique, c’est de montrer la richesse de la biodiversité dans un endroit où elle est constatable et vérifiable.

Nous avons fait une enquête de biobotanique aux Marquises. Il était remarquable de voir qu’avec simplement 29 personnes interrogées, nous avons pu collecter plus de 500 recettes naturelles ancestrales, parfois bien meilleures que les produits actuels. Le congrès du Pacifique, c’est un congrès de démarrage, de mise en avant. Il y en aura très certainement d’autres.

 

Le président Édouard Fritch a parlé tout à l’heure de sa volonté de créer la “petite sœur” de la Cosmetic valley, ici au fenua. Qu’en pensez-vous ?
Ici, il me semble qu’il y a matière à mettre en place quelque chose de spécifique. Ici, on est vraiment dans la problématique du consommateur, car aujourd’hui, celui-ci veut quelque chose d’authentique dont il est sûr et liée à une culture.

Il veut une expérience et non un achat. En ce sens, la Polynésie française montre la voie. Il y a des outils, des structures, des rendez-vous à créer. Je suis pour que ce domaine d’excellence stratégique sur la cosmétopée s’enracine en Polynésie.

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