Migrants – Alternative aux campements indignes

    mercredi 7 septembre 2016

    hidalgo

    (Photo Philippe Grangeaud : Solfé Communications)


    Le centre d’accueil humanitaire parisien ouvrira mi-octobre

     

    Annoncé au printemps, le centre humanitaire pour migrants prévu à Paris ouvrira finalement mi-octobre près de la porte de la Chapelle, une alternative aux campements indignes qui continuent de se reconstituer dans la capitale.

    Nous avons fait le choix d’une double localisation”, a déclaré la maire de Paris Anne Hidalgo, en détaillant hier son projet dont l’annonce avait fait grand bruit fin mai.

    Le site parisien, installé “dans une ancienne friche SNCF” du nord de la capitale, ouvrira “autour de la mi-octobre” et sera réservé aux hommes seuls qui pourront y rester “de cinq à dix jours”.

    Un second, à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, en proche banlieue sud, accueillera dans une ancienne usine de traitement des eaux “les publics vulnérables, les femmes, les enfants, qui nécessitent un accompagnement beaucoup plus important”.

    Le camp parisien aura une capacité de 400 lits à l’ouverture, portée à “600 d’ici la fin de l’année”, et celui d’Ivry proposera 350 places. Mais “si d’autres sites doivent être créés, nous le ferons”, a-t-elle assuré.

    Le dispositif veut offrir un “accueil digne” aux migrants qui s’entassent dans des campements de fortune, a insisté Bruno Morel, le directeur général d’Emmaüs solidarités qui pilotera le centre.

    Depuis un an, l’État a proposé des mises à l’abri à 15 000 personnes environ, au cours de 28 opérations menées dans la capitale.

    Mais les bidonvilles se reconstituent. Hier matin encore, un campement de plusieurs centaines de personnes a été partiellement démantelé près du métro Jaurès.

    D’où la nécessité, selon Anne Hidalgo, de “changer de braquet et de méthode” face à la “saturation” des dispositifs existants, avec ce “centre d’accueil” où les migrants pourront “se poser, bénéficier d’un bilan médical, d’une aide psychologique” et “d’un conseil sur leur situation et ce à quoi ils peuvent prétendre”.

    En clair : vers quel type d’hébergement ils peuvent être orientés. Centre pour demandeurs d’asile (Cada), centre d’accueil ou d’orientation (CAO)… “Ce centre complétera les 74 sites franciliens que l’État a déjà mis à disposition” et “les 161 CAO” où “plus de 5 000 personnes ont été orientées”, ont rappelé les ministres de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et du Logement Emmanuelle Cosse dans un communiqué.

     

    Et pour les migrants non éligibles à l’asile ?

     

    Bien entendu, ce ne sera pas un lieu de contrôle policier”, a assuré Bruno Morel. Mais pour les orienter, les personnes “seront invitées à un point sur leur situation administrative qui sera réalisé en dehors du centre. Elles iront ou n’iront pas”, selon la préfète de Paris, Sophie Brocas.

    Ce centre représente aussi un “défi budgétaire” puisque l’investissement initial s’élève à 6,5 millions d’euros, pris en charge à 80 % par la ville de Paris.

    L’État assurera les coûts d’hébergement et “au moins 15 millions d’euros en année pleine”, a expliqué Emmanuelle Cosse, évoquant “un maillon supplémentaire de la chaîne que nous construisons depuis plusieurs mois”.

    L’Office français d’immigration et d’intégration (Ofii) apportera “jusqu’à 500 000 euros par an”, selon son directeur Didier Leschi.

    Selon la ministre du Logement, dans cette crise, “aucun territoire ne peut s’en sortir seul, et la clé du succès repose sur la solidarité nationale” et “l’ouverture de places dans toute la France”.

    Du côté d’Emmaüs, qui officialisait sa participation au centre de Paris, mais déplorait l’incendie d’un de ses futurs centres d’accueil pour migrants à Forges-les-Bains (Essonne), on avertit aussi qu’“il faut de la fluidité pour que ce centre fonctionne”.

    Au niveau pratique, les sites retenus sont temporaires, destinés à d’autres projets d’ici deux à quatre ans, a prévenu Anne Hidalgo, et “il faudra les libérer”.

    Il ne s’agit pas d’installer des lits de camp en ligne dans un gymnase”, a dit l’architecte Julien Beller, en précisant que “le site dans 18 mois pourra être démonté et remonté”.

    Le projet sera “réversible et attentif à l’environnement et au paysage” : chambres en bois, sanitaires…

    L’accueil sera installé dans une “structure gonflable” et les bureaux “dans des containers maritimes transformés”.

     

    AFP

     

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