Migrations : Paris et Berlin font front commun pour plus de « solidarité »

lundi 1 juin 2015

Faisant front commun face à l’afflux de migrants, la France et l’Allemagne ont appelé lundi à plus de « solidarité » au sein de l’UE, poussant la Commission européenne à revoir ses propositions en matière de répartition. « La France et l’Allemagne sont disposées à examiner la proposition de la Commission » sur un mécanisme permettant de répartir parmi les États membres « les demandeurs d’asile en besoin manifeste de protection », affirment le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et son homologue allemand Thomas de Maizière, dans un communiqué commun. Ce mécanisme devrait être fondé sur les principes de « solidarité » et de « responsabilité », et sur ces deux principes « d’égale importance », les ministres jugent que « l’équilibre n’est pas encore atteint dans la proposition présentée par la Commission ».
La Commission européenne a demandé mercredi aux pays membres de l’UE de prendre en charge 40.000 demandeurs d’asile originaires de Syrie et d’Érythrée arrivés en Italie et en Grèce, ainsi que 20.000 réfugiés syriens. La répartition doit être calculée en fonction de la population et du PIB des États, de leur taux de chômage et du nombre de demandeurs d’asile déjà accueillis.
Problème : la clé de répartition devra « mieux prendre en compte les efforts déjà effectués » par les États membres en matière d’asile et de réfugiés, assurent les deux ministres, qui rappellent que cinq pays (Allemagne, Suède, France, Italie et Hongrie) se partagent actuellement 75% des demandeurs d’asile.
Aussi « des discussions approfondies seront nécessaires au niveau européen », jugent les ministres, qui assistaient lundi à une réunion des ministres de l’Intérieur du G6 (France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne, Royaume-Uni), à Moritzburg en Allemagne, qui devait être largement consacrée à ce sujet.
En effet, l’idée d’une répartition fait grincer des dents, notamment dans les États d’Europe centrale où le caractère obligatoire du dispositif fait regimber.
A Bruxelles, la Commission européenne a salué cette « position commune » de Paris et Berlin. « Nous sommes ouverts à une discussion sur les critères », a affirmé Natasha Bertaud, porte-parole pour les questions de migrations.
Le mécanisme d’urgence « en faveur de l’Italie et de la Grèce n’entrera pas en vigueur tant qu’il ne sera pas adopté par les États », a-t-elle ajouté, à dix jours d’une réunion des ministres de l’Intérieur à Luxembourg, qui s’annonce cruciale.
 
« Centres d’attente »
 
Les ministres proposent par ailleurs dans leur communiqué la mise en place de « centres d’attente » ou « hotspots », qui seraient « situés à proximité des points de débarquement » -en Europe, donc. Ces centres permettraient de faire un premier repérage entre migrants « en besoin manifeste de protection », qui seraient répartis (« relocalisés ») dans les États membres, et migrants irréguliers, qui « devront rapidement faire l’objet de mesures de retour ou d’éloignement ».
Les autres passeront par la procédure classique de demande d’asile dans le pays où ils sont arrivés, en application du règlement de Dublin qui doit « continuer de prévaloir », insistent les ministres. 
Les pays en première ligne des arrivées (Italie, Grèce…) voudraient assouplir cette règle qui déroge selon eux au principe de solidarité européenne. Mais le mécanisme de répartition proposé par Bruxelles, et qui irait en effet dans cette direction, « doit rester temporaire et exceptionnel », martèlent les ministres dans leur communiqué.
Enfin, les deux ministres dénoncent les « abus manifestes », en matière de demandes d’asile, entraînés par le régime d’exemption de visa accordé à certains pays des Balkans occidentaux, alors que le nombre de migrants de cette région a bondi en début d’année.  « Il est (…) indispensable de prévoir, à l’échelle de l’UE, un suivi et une évaluation solides, ainsi qu’une suspension (temporaire) de la libéralisation des visas -en cas de nécessité impérieuse », notent-ils. « Le résultat des discussions à venir au niveau européen sur le mécanisme de relocalisation dépendra de la prise en compte de l’ensemble de ces éléments et conditions », avertissent les ministres en conclusion.
 
AFP

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