Milou Maraiauria, un grimpeur au sommet de sa forme

    mercredi 20 janvier 2016

    Milou Maraiauria a découvert ses talents de grimpeur il y a quarante ans, lorsqu’il était employé au service de l’économie rurale.  À 61 ans, le bûcheron-cueilleur de Faaone continue d’escalader entre 20 et 30 cocotiers par jour, pour fournir les producteurs de mitihue des environs. De la récolte au décorticage, il fait tout lui-même, avec le soutien de sa femme et d’un travailleur.

    Tandis que sonne l’heure de la retraite pour certains, Milou Maraiauria, 61 ans, lui, continue de grimper aux arbres. Il a fait de ce talent son métier, il y a quarante ans, alors qu’il travaillait au service de l’économie rurale – actuel service du développement rural.
    “On nous a demandé s’il y avait des volontaires pour grimper. On s’est contenté de nous fournir le matériel. Il n’y avait pas d’instructeur pour nous former : nous devions nous débrouiller par nous-mêmes. C’est comme ça que j’ai su que j’étais capable de grimper et de travailler en hauteur”, se souvient Milou Maraiauria, qui considère ce savoir-faire comme un don.
    S’il a gagné en expérience au fil des ans, il semble être resté aussi habile et robuste qu’au premier jour. À la fois bûcheron et cueilleur, il exerce principalement à la Presqu’île, et parfois au-delà, sur l’ensemble de Tahiti et jusque dans les îles. À Faaone, où il réside, il intervient depuis 25 ans dans une cocoteraie où les arbres se comptent probablement par centaines, à proximité de Faratea.
    Sous le regard à la fois admiratif et inquiet de sa femme, Déborah Tauru, c’est avec une aisance pour le moins déconcertante que Milou Maraiauria gagne la cime des cocotiers afin de les délester de leurs fruits, simplement équipé d’un couteau, de chaussures de sécurité armées d’une griffe et d’un baudrier. “Mais j’ai modifié le modèle. J’ai fait plusieurs nœuds, pour pouvoir plus facilement adapter la longueur de la sangle en fonction de la grosseur du cocotier”, précise-t-il. Dix mètres, vingt mètres, ou davantage, loin d’avoir le vertige, Milou Maraiauria dit ne pas s’imposer de limites. “Je ne suis tombé qu’une seule fois, il y a cinq ans, à Hitia’a”, confie-t-il.

    Jusqu’à 120 douzaines par jour

    “J’étais en train de couper une grappe, quand le nœud de mon dernier cran a lâché. Le couteau est parti se planter dans le sol et j’ai atterri juste à côté. Je suis resté une semaine à l’hôpital. Depuis, je ne suis plus jamais tombé.”
    Malgré cet incident, Milou Maraiauria continue de multiplier les ascensions à la force de ses bras, dès les premières lueurs du jour, parfois à un rythme effréné. “On peut vivre de ce métier, en travaillant quotidiennement. Je monte 20 à 30 cocotiers par jour. Tout dépend des commandes. Je peux fournir entre 150 et 200 douzaines par semaine. Les années passées, avec ma femme, on pouvait récolter jusqu’à 120 douzaines par jour ! Mais je commence à prendre de l’âge et, aujourd’hui, je préfère travailler uniquement le matin”, confie-t-il.
    De retour sur la terre ferme, Milou Maraiauria ne prend guère le temps de se reposer. Avec le soutien de sa femme et d’un travailleur, les cocos sont acheminés dans le fond de la cocoteraie pour être décortiqués.
    “C’est tout un art !”, souligne-t-il, un brin facétieux. Là encore, Milou Maraiauria brille par son efficacité. Débarrassée de son enveloppe verte, la noix – issue d’une variété hybride, à la chair sucrée et épaisse – fera le bonheur des producteurs de mitihue de Vairao, Toahotu et Mataiea.
    “Je pense que je suis le seul à monter aussi souvent et depuis aussi longtemps à Faaone. Aujourd’hui, c’est rare de trouver des jeunes capables de faire comme moi. Ça se perd”, regrette-t-il. Véritable force de la nature, Milou Maraiauria restera, quant à lui, perché entre ciel et terre aussi longtemps que sa santé de fer le lui permettra.

    A.-C.B.

     

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