Le ministère de la Santé veut aider les fumeurs à arrêter

    lundi 15 mai 2017

    Cigarette tabac

    En Polynésie, les maladies liées au tabagisme sont responsables d’au moins un tiers des décès avant l’âge de 65 ans. (© DR)

    Le constat affole les autorités de santé du Pays. L’entrée dans le tabagisme avant 12 ans est passée en 20 ans de 33  % à 50 %. Pour le docteur Brugiroux, il n’y a qu’une seule solution : devenir drastique.

    “Il ne devrait plus y avoir un seul gamin de moins de 18 ans qui puisse acheter un paquet de clopes. Ici, les jeunes fument leur première cigarette à 7 ou 8 ans. Les cancers du poumon se développent beaucoup plus tôt, presque 10 ans plus tôt qu’en métropole à cause de la précocité du tabagisme. C’est ça, la gravité du problème”, tempête-t-il.

    D’autres chiffres sont tout aussi alarmants. En effet, en Polynésie, les maladies liées au tabagisme sont responsables d’au moins un tiers des décès avant l’âge de 65 ans.

    Si le Pays a déjà réagi en 2009, avec l’adoption de la loi de Pays contre l’abus du tabac et le tabagisme, en interdisant de fumer dans les lieux publics, en empêchant toutes les formes de publicité et en imposant la présence de messages sanitaires sur les paquets de cigarettes, d’autres mesures doivent continuer d’être mises en place.

    Des taxations sur le tabac ont certes déjà été appliquées, avec des hausses de prix en 2006, en 2013 et en 2014, mais en 2017, les autorités du Pays ont décidé de frapper encore plus fort, en impactant réellement le portefeuille des fumeurs.

    Depuis le 1er avril, le prix des cigarettes et du tabac à rouler a subi une augmentation exemplaire de près de 38,7 %.

    Avec cette mesure, tous les paquets et tabac à rouler ont franchi la barre des 1 000 F. Des tarifs finalement équivalent à ceux appliqués par la Nouvelle-Calédonie, car jusqu’alors la Polynésie était le seul pays du Pacifique à avoir des prix aussi bas.

    Pour aider les fumeurs à prendre conscience du danger qu’ils courent et qu’ils font courir à leurs proches, le ministère et la direction de la Santé ont décidé d’accompagner cette mesure de campagnes d’aide à l’arrêt du tabac pour réduire de manière significative le nombre de fumeurs.

    Pour la deuxième année consécutive, et à l’approche de la journée sans tabac, qui aura lieu le 31 mai, le gouvernement a décidé de relancer la Semaine sans tabac.

    Du lundi 29 mai au lundi 2 juin, la direction de la santé via son réseau de structures de santé et par le biais de personnels de santé publique formés aux méthodes d’entretien motivationnel appliquées lors des consultations de tabacologie, va aider les fumeurs qui le veulent à arrêter de fumer.

    “Aujourd’hui, la plupart des fumeurs connaissent les risques auxquels ils s’exposent. L’arrêt du tabac n’en reste pas moins un pas difficile à franchir. Pour preuve, ils sont plus de 60 % à exprimer le souhait d’arrêter. Mais cesser de fumer est un changement de comportement.  La décision de passer à l’acte résulte d’un long processus qui débute par la motivation. Cela nécessite aussi de dédramatiser les craintes du sevrage, de bien connaitre sa relation avec la cigarette et de trouver la ou les bonnes raisons qui vont déclencher l’envie de renoncer”, assure-t-on au bureau des programmes de prévention de la direction de la santé.

    Le dispositif d’information et d’accompagnement personnalisé de l’arrêt du tabac va donc permettre aux fumeurs de faire le point sur leur consommation, de réfléchir à leur principale motivation à s’arrêter et à accompagner ceux qui le souhaiteront dans leur sevrage.

     

    Jen.R

     

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