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Miri Nui et Miri Iti, le cauchemar de cinq propriétaires

mercredi 28 juin 2017

miri nui et iti

La résidence n’a que cinq ans, mais dans le parking, la pergola tombe en ruine et menace de tomber à tout moment. (© Photo : Élénore Pelletier)


Sur les hauteurs de Punaauia, deux résidences aux allures fantômes, Miri Nui et Miri Iti, ne sont presque plus habitées. Seuls deux logements sont occupés, les huit autres ont été désertés par leurs propriétaires ou locataires. La raison : des conditions d’habitat difficiles et un état de délabrement, bien que ces résidences soient récentes.

Miri Nui et Miri Iti, deux résidences délabrées, situées sur les hauteurs du lotissement éponyme, à Punaauia. Il y a un an, La Dépêche de Tahiti s’était rendue sur les lieux… Un reportage était paru en mars 2016.

Des portails hors d’usage, des pergolas qui tombent en ruine dans le parking, des systèmes d’éclairage qui ne fonctionnent plus dans les parties communes, des murs criblés de tâches d’humidité dans les appartements, des piscines verdâtres devenues des gîtes à moustiques, un des bâtiments inachevé… Cette résidence n’a pourtant que cinq ans.

Un an plus tard, la situation ne s’est guère améliorée. Elle a même, visiblement, empiré.
Si l’an passé, dans ces résidences composées de huit appartements et de deux villas, quatre logements étaient encore occupés, aujourd’hui, seuls deux le sont encore. Propriétaires et locataires désertent les lieux les uns après les autres. Ceux qui restent assurent ne pas avoir d’autre choix.

“J’aimerais pouvoir me payer un deuxième loyer pour partir d’ici, mais je ne peux pas, je n’en ai pas les moyens. Je me suis endetté sur vingt ans pour acquérir cet appartement. Dire que j’ai mis des années avant de faire le choix de devenir propriétaire. Toutes mes économies, je les ai mises dans ce bien, il y a six ans, en me disant “Super, je vais avoir un lieu correct pour vivre”. Le but, c’était de rester cinq ans dedans puis de mettre mon bien en location. Mais aujourd’hui, ce n’est même pas la peine d’imaginer pouvoir louer cet appartement dans l’état”, se lamente l’un des propriétaires.

Tehani, mère de deux enfants, a quitté son logement en février, après un épisode de pluies diluviennes qui se sont abattues à Tahiti. De l’eau s’était infiltrée chez elle par les gaines électriques du plafonnier de sa chambre. Un court-circuit s’était alors produit.
Le plombier-électricien qu’elle avait fait venir pour rechercher la fuite avait alors constaté que les gaines électriques étaient brûlées par les UV au point de ne plus pouvoir assurer d’étanchéité.

Dans son rapport, il indiquait également que “les parements muraux présentent des défauts dans le traitement de surface extérieur entraînant des infiltrations”.
La jeune femme est retournée vivre chez son père, depuis quatre mois, en attendant qu’une solution soit trouvée du côté des assurances, le problème provenant des parties communes. Mais elle continue à payer ses traites à la banque.

 

Résidences “dangereuses et malsaines”

 

Une autre propriétaire, ne supportant plus de vivre dans ces résidences qu’elle estime “dangereuses et malsaines”, a décidé de quitter son logement pour prendre une location ailleurs. Pour cela, elle a interrompu le remboursement de ses dettes, au risque de se voir saisir son bien par la banque.
Sur les cinq propriétaires des deux résidences, trois sont aujourd’hui en procès contre le promoteur Miri 2010, que nous avons tenté de joindre à de multiples reprises. Un rapport d’expertise a été transmis au tribunal en octobre 2015. Une autre personne occupant les lieux a entamé des démarches auprès d’un avocat pour mener elle aussi une action en justice.

 

miri nui

Les piscines privatives, qui sont sous la propriété du promoteur, ne sont plus entretenues depuis longtemps et sont devenues de vrais gîtes à moustiques. (© Photo : Élénore Pelletier)

De son côté, le syndic de copropriété, la Sogeco, indique que “le promoteur paie ses charges une fois par an, après de multiples rappels, mais on y arrive. Le problème, c’est que les autres ne paient plus. Avec l’argent qu’on récupère, on assure juste l’essentiel, c’est-à-dire qu’on paie l’assurance, les charges de Miri, qui sont exponentielles, et l’électricité.” Excédé par l’état de délabrement des lieux, l’ensemble des copropriétaires a en effet cessé de payer ses cotisations. “À quoi bon continuer de payer, vu que rien n’était fait lorsque l’on payait ?”, expliquent-ils. Une situation qui semble devenue aujourd’hui inextricable et que seule la justice pourra peut-être parvenir à démêler. 

 

 É.P.

 

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