Habillage fond de site

Modernisation électorale, “perles OGM” et “hold-up” à la CPS

vendredi 25 novembre 2016

oscar temaru

En marge d’un débat sur la modernisation du code électoral, Oscar Temaru a fait le point sur la présidentielle et les législatives de 2017. (© Marie Guitton)

 

 

Les indépendantistes de l’assemblée de la Polynésie se sont démarqués sur deux textes adoptés par le Tahoera’a et le RMA, hier. Une modification du code électoral, qui a donné l’occasion à Oscar Temaru de faire le point sur sa candidature à la présidentielle de 2017, et l’annulation de l’ardoise des patrons liée aux avantages en nature. Tous les représentants ont en revanche approuvé des projets de recherche sur la sélection génétique des huîtres perlières, pour “redynamiser” la filière.

 

 

Alors que l’assemblée de la Polynésie française s’apprêtait à rendre un avis favorable sur la modernisation du code électoral actuellement à l’étude au Parlement national, les indépendantistes ont vertement critiqué, hier, le système “colonial”.

La réforme prévoit que la propagande électorale (les programmes des candidats et les bulletins de vote) ne soit dorénavant plus envoyée par la poste aux 47 millions d’électeurs à chaque tour de scrutin, mais publiée sur un site Internet et mise à leur disposition en préfecture, sous-préfecture et mairie.

Outre le gain environnemental, la mesure représenterait une économie de près de 20 milliards de francs pour les seules présidentielle et législatives de 2017. Elle ne s’appliquera toutefois pas en Polynésie française, compte tenu des “difficultés de couverture d’Internet dans les îles éloignées”.

L’envoi en version papier est donc maintenu au fenua, “sans incidence financière pour les communes ni pour les candidats”. Mais dans les rangs indépendantistes, qui se sont abstenus hier, on n’y croit pas.

 

“Caractère colonial” de la législation

 

“Il peut y avoir désormais des répercussions sur le financement de ces éléments écrits, qui pèseront sur les candidats, a ainsi assuré l’ex-sénateur Richard Tuheiava. Ce sont des économies de l’État au détriment des candidats les moins nantis.”

Rien ne permet de soutenir cette analyse à la lecture du projet de réforme, puisqu’il ne concerne tout simplement pas le fenua. Mais en réalité, “ce qui nous pose problème, c’est l’approche globale de la démocratie”,
a reconnu Richard Tuheiava. “L’UPLD proposera un candidat à l’élection présidentielle pour démontrer que pour être candidat de la Polynésie française, il faut se présenter aux élections nationales, et pour démontrer que le système électoral de la Polynésie française n’est pas voté par nos propres élus, mais par ceux de Paris, ce qui est pour nous une démonstration du caractère colonial de cette législation”, a-t-il ajouté.

Ce candidat, Oscar Temaru, regrette, quant à lui, des critères “compliqués” à remplir pour pouvoir participer à la course à l’Élysée : “Par exemple, le nombre de parrainages qu’il faut : 500. Pour les trouver, il faut vraiment appartenir aux grosses formations politiques, a-t-il remarqué, en faisant le point sur ses soutiens (lire ci-dessous). Donc, c’est encore une forme de violation de la démocratie. Tout le monde devrait pouvoir se présenter.”

Depuis 1977, les toilettages successifs du statut d’autonomie n’auraient eu pour but que de “favoriser l’équipe qui est en phase avec celui qui gouverne à Paris”. “Peut-on parler de démocratie dans un pays occupé ? C’est ça qu’il faut dénoncer. Voilà la démocratie à la coloniale !”, s’est emporté l’ancien président du Pays.

Marie Guitton

 

capture-decran-2016-11-25-a-08-37-49

 

Avantages en nature : nouvelle annulation de la dette des patrons : “Un hold-up légal”

(© Marie Guitton)

(© Marie Guitton)

Les redressements des patrons pour impayés de cotisations dues au titre des avantages en nature et en espèces n’en finissent plus de faire débat à l’assemblée. Alors que les élus devaient se prononcer hier sur une nouvelle proposition de loi du Pays prévoyant une “annulation complémentaire” de leur ardoise, deux visions fondamentalement opposées ont une fois encore résonné dans l’hémicycle.

Prévues par un arrêté de 1956 – jamais respecté –, les obligations des employeurs leur ont été rappelées par la Caisse de prévoyance sociale (CPS) à partir de 2009, contrôle après contrôle, lorsqu’elle a pris conscience du déficit de la branche maladie des salariés.
Le cadre réglementaire a finalement été clarifié par une loi du Pays en janvier, complété par un dispositif d’apurement progressif des dettes des employeurs et d’annulation totale de celles des établissements de l’enseignement privé sous contrat avec l’État.

Mais en 2016, la CPS a poursuivi ses vérifications sur des périodes antérieures à l’entrée en vigueur de la loi du Pays, ce qui pourrait aboutir à des redressements “conséquents” notifiés à une quarantaine d’entreprises avant mars prochain.
Ce sont notamment ces impayés, susceptibles d’être réclamés aujourd’hui, que la commission de la solidarité et du travail de l’assemblée a donc proposé hier d’annuler, au nom de la situation financière déjà fragile des entreprises.

Les voix du RMA et du Tahoera’a ont permis l’adoption de la proposition. Mais outre la question qu’elle pose sur l’inégalité de traitement vis-à-vis des employeurs “consciencieux” qui ont payé leurs cotisations, Éliane Tevahitua, de l’UPLD, a dénoncé une nouvelle loi “faisant droit au lobbying patronal”, “au détriment des bénéficiaires du régime de protection sociale”. “Une fois que la proposition de loi sera votée, elle effacera les redressements et, proportionnellement, les droits à retraite des 70 000 salariés polynésiens, a-t-elle souligné.

Le manque à gagner pour le RGS (régime général des salariés, NDLR) s’élève à près de 3 milliards (490 millions de francs suite à l’annulation de la dette des établissements privés sous contrat et 2,3 milliards de redressements actuellement à l’instruction, NDLR) ! C’est ni plus ni moins qu’un hold-up légal.”

 

 

Recherche : vers la sélection génétique des huîtres perlières

“On ne va pas faire des perles OGM !” Les trois groupes de l’assemblée ont adopté hier, à l’unanimité, la passation de quatre conventions de partenariat entre la direction des ressources marines et minières (DRMM), l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) et d’autres organismes publics ou privés, afin de mener des recherches sur “l’amélioration génétique de l’huître perlière”.

Perles “mieux colorées, plus lustrées, de taille plus importante”, huîtres “mieux adaptées et plus résistantes aux perturbations de leur environnement”… Des recherches et expérimentations seront menées dans les cinq archipels entre fin 2016 et fin 2019, pour un montant total supérieur à 150 millions de francs. L’objectif est de “maîtriser la qualité” de la perle polynésienne afin de “redynamiser” l’activité de production, seconde ressource économique du Pays. “On ne va pas faire des nacres avec des écailles et des oreilles !

Ce sont les plus belles nacres qui vont être sélectionnées, a résumé le ministre de l’Économie bleue Teva Rohfritsch, à l’adresse des élus. On a besoin de ces recherches pour avancer.”
Deux autres conventions approuvées hier, sur la même période de trois ans et pour un montant total de 96 millions de francs, auront pour objet de favoriser le “développement de filières aquacoles écoresponsables et durables”. “On souhaite prévenir plutôt que guérir”, a souligné Teva Rohfritsch, en évoquant la définition de “paramètres de surveillance” qui permettront de fixer des “contraintes” aux exploitants.

L’aquaculture à Hao ? “Oui, mais pas au détriment de notre lagon et de la santé de nos populations”, a-t-il promis.

 

 

1
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Le Pays a lancé l'opération "plage propre", vous sentez-vous concernés ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete