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Le «Momo challenge», un jeu inquiétant en vogue chez les jeunes

mardi 4 septembre 2018

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Après le charlie charlie challenge, un nouveau jeu est à la mode chez les adolescents, le Momo Challenge. Il s’agit de contacter par le biais de son téléphone ce fameux Momo dont le numéro circule sur les réseaux sociaux. Une fois entré en contact, l’adolescent reçoit un certain nombre de défis à réaliser. S’il ne veut pas jouer, place aux menaces, images violentes et harcèlement.

Il y a eu le jeu du foulard, qui consistait à appuyer sur la carotide par strangulation jusqu’à l’évanouissement, le « charlie charlie challenge » qui consistait à évoquer le démon à l’aide d’une feuille et de deux crayons de papier. Le défi de la scarification continue, chez certains jeunes du fenua, âgés généralement de 11 à 14 ans, à faire rage depuis trois ans et consiste à se faire rapidement larguer par son ou sa petite amie du moment et à le faire savoir sur Snapchat en diffusant des photos de poignets, bras scarifiés au compas ou au ciseau. Un nouveau jeu inquiétant  arrive dans nos écoles, essentiellement dans les collèges : le « momo challenge ».

Ce jeu consiste à contacter par message, via le réseau social WhatsApp, un certain « momo ». Le contact est établi lorsque le fameux momo en question envoie en retour une photo déformée d’une fille aux yeux exorbités affublée d’un sourire diabolique et un numéro de téléphone sur lequel le contacter. Dès lors le piège se referme. Texto après texto, le fameux momo lance des défis à l’ado qui doit se prendre en photo pour confirmer qu’il les a réalisés.
Né au Japon, ce challenge s’est très vite installé en Amérique du sud, avant de s’exporter aux États-Unis puis en Europe, en France…Et au fenua depuis la rentrée scolaire.
« J’ai peur, je peux recevoir un message par minute quand je suis chez moi le soir », raconte presque honteuse, Cali, jeune adolescente de 13 ans, scolarisée à La Mennais qui, pour s’amuser, a contacté ce « momo » par WhatsApp. En réalité, Cali n’a jamais répondu aux défis lancés par « Momo » qui, depuis, lui envoie des images violentes, la menace de venir chez elle mais aussi de diffuser aux plus grand nombre ses données personnelles.

Le « momo challenge » connu à La Mennais


« J’ai dit à mon amie de prévenir ses parents », confie Vai, une autre adolescente, témoin des nombreux messages de mort et de menaces que reçoit Cali. « Mais elle a peur, elle peut recevoir presque un message par minute qui dit qu’on va venir la chercher dans son lit, qu’on sait tout d’elle, qu’elle ne sera jamais tranquille, etc. »
Vainui, maman d’un jeune ado, scolarisé dans le même collège, raconte qu’elle en a entendu parler, il y a une semaine, par son fils et l’un de ses amis scolarisé lui, au collège de Taaone. « Ils en ont parlé. Ils m’ont dit qu’il y avait un numéro sur WhatsApp pour contacter un personnage qui allait leur lancer des défis et que, s’ils ne les faisaient pas, il le saurait. Je n’ai pas tout compris mais je les ai dissuadés de jouer à ça. Nos enfants ne se rendent pas compte qu’ils sont des proies faciles. Ils sont impressionnables. »
Pour la responsable du bureau des surveillants du collège La Mennais, ce jeu date déjà de quelques mois. « Des parents sont venus me voir en fin d’année dernière car leur enfant était victime de ce « momo challenge ». Je les ai redirigés vers la DSP pour qu’ils portent plainte car, derrière ce momo, il y a forcément quelqu’un qui les connait bien pour les menacer intimement. Le problème, c’est que les enfants affirment avoir peur de leurs parents ou des enseignants alors que c’est de ce « momo » dont ils doivent avoir peur, car nous sommes là pour les protéger », explique la surveillante qui incrimine les téléphones portables.

« Dans notre établissement, les vini sont strictement interdits mais les parents continuent de munir leurs enfants de téléphones dernier cri pour pouvoir les joindre alors même que le règlement l’interdit. Le portable n’est pas un outil pédagogique. C’est un objet de convoitise qui donne accès aux jeunes à ce genre d’application et de contenus », conclut-elle.
Du côté des collèges Anne marie Javouhey, Mahina, Pomare IV et Notre dame des Anges, les surveillants principaux n’en ont pas encore entendu parler tout comme du côté du vice-rectorat.
Dans l’Hexagone, un député de la majorité a d’ores et déjà prévenu le ministère de l’Intérieur du danger de ce jeu qui s’apparenterait à du cyber harcèlement. En Argentine, une petite fille de douze ans a été poussée au suicide par le biais de ce jeu.

Jen.R


D’où vient ce jeu macabre ?

Le « Momo Challenge » se serait inspiré du « Blue Whale Challenge », un jeu qui consistait à s’adonner à un défi par jour jusqu’au cinquantième : le suicide. Les premiers challenges ont été orchestrés par des Japonais mais à ce jour personne ne connait l’identité de Momo.
Le
visage de Momo est tiré d’une œuvre de l’artiste japonais Midori Hayashi. 

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