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Monoi – La chambre territoriale des comptes fait l’autopsie du défunt GIMT

mardi 29 août 2017

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La gouvernance approximative du Groupement interprofessionnel du mono’i de Tahiti et la surveillance tout aussi approximative du Pays sont pointées par la chambre territoriale des comptes. (© archives LDT)

La chambre territoriale des comptes (CTC) vient de publier son rapport sur la gestion du Groupement interprofessionnel du mono’i de Tahiti (GIMT) pour la période 2010-2015.

Créé en 1992 pour structurer la filière et fédérer les producteurs, le GIMT a été dissous au 1er janvier par le gouvernement, qui l’avait mis sous tutelle début 2016.

La chambre territoriale des comptes note que son travail “a été mené dans un contexte de dissensions entre les membres du gouvernement”, à l’image des dissensions entre les membres du GIMT depuis 2009, certains voulant privilégier la promotion et le développement commercial, d’autres la protection de l’appellation et les études techniques.

L’aspect “développement de la filière” est contesté et la concurrence entre les producteurs s’est accrue. Aujourd’hui, quatre des sept producteurs ont créé le GIE Mono’i de Tahiti, tandis que trois autres, qui avaient quitté le GIMT en 2015, n’ont pas réussi à s’entendre : l’association Cluster Tahiti Cosmetic qu’ils avaient créée ne compte plus… qu’un seul membre.

Pour la CTC, cette situation risque de fragiliser la filière à l’international et de diminuer la protection de l’appellation.

 

“Nébulosité statutaire”

 

Le GIMT, souligne la CTC, était une entité juridiquement farfelue : il n’avait rien d’“interprofessionnel” puisqu’il était uniquement dirigé par les producteurs de mono’i et que même son ministère de tutelle n’y disposait d’aucun représentant, bien que ses membres et son dirigeant aient été nommés par le gouvernement et que le groupement ait été financé par une taxe parafiscale.

“La nature publique des recettes (863 millions de francs en près de 25 ans, NDLR) n’a pas toujours été bien comprise par les dirigeants du GIMT, qui se sont crus légitimes à engager seuls certaines dépenses”, note le rapport.

Le GIMT ne répondait pas non plus à la définition d’un établissement public, ni à celle d’une association.

Ce problème de “nébulosité statutaire”, “identifié de longue date”, n’a jamais été résolu. La CTC relève également des dysfonctionnements dans la gouvernance, facilités par des statuts imprécis : réunions convoquées irrégulièrement ou non tenues, gestion courante effectuée par un bureau restreint non prévu par les statuts, augmentations de salaire du directeur sans validation de l’assemblée générale et du commissaire du gouvernement, non-transmission des comptes à tous les membres, ou encore non respect de la double signature des chèques.

Le Pays n’est pas épargné non plus : “Lorsque le Pays a créé le GIMT, il lui a assigné des missions, dont le spectre est important, mais il ne lui a jamais donné d’objectifs, il n’a jamais engagé de démarche d’évaluation de sa performance et n’a jamais remis en cause les résultats obtenus depuis 1992.(…) En l’absence d’objectifs assignés par le Pays, les producteurs ont défini eux-mêmes leurs objectifs et leurs priorités.”

La chambre territoriale estime l’action du groupement difficile à évaluer dans ces conditions.

La CTC recommande au Pays de “définir l’assiette de taxation en cohérence avec la nomenclature douanière”, de “rechercher l’équité” entre les différents contributeurs afin d’éviter de nouveaux conflits nuisibles à la filière, de formaliser ses objectifs, et surtout de définir qui sera en charge de la protection de l’appellation – la suggestion étant de la confier au syndicat des fabricants de mono’i.

C.P.

 

 

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