Moorea – À la recherche de nouvelles surfaces agricoles pour les ananas

    lundi 5 octobre 2015

    Jeudi matin, Philippe Couraud, chargé de mission à la direction du SDR, en charge de la direction du domaine de Opunohu accueillait son ministre de tutelle, Frédéric Riveta. Celui-ci était accompagné de Jean-Claude Tang, conseiller technique, Stéphane Ingenito, chef du département aménagement et équipement rural au SDR et François Lebronnec, chef de l’antenne SDR de Afareaitu, Moorea. Jean Tama, président de la Copam, était également présent.
    Depuis deux ans on a constaté pour certaines saisons une pénurie d’ananas sur le marché local mais également à l’usine de jus de fruit de Moorea. Cette situation résulte de la cessation d’activité d’un gros producteur de Tahiti qui travaillait environ 30 ha de plantation d’ananas.
    Pour réagir face à cette situation le ministre a fait un point avec l’ensemble des services concernés en vue de l’attribution de 30 ha supplémentaires à la Copam sur le domaine de Opunohu. L’augmentation des terres destinées à la culture d’ananas sera échelonnée sur une période allant de 2015 à 2017.
    D’ores et déjà, une commission d’attribution des lots agricoles se tiendra le mois prochain, afin d’attribuer des parcelles représentant 4,3 ha au total. Ces parcelles hors lotissement seront prélevées sur d’anciens lots affectés au Lepa (Lycée d’enseignement professionnel agricole), d’une surface d’1,5 ha environ (au carrefour de la route des ananas et de la route du belvédère). Deux parcelles du lotissement agricole de Opunohu devenus vacantes en septembre 2015 suite à une résiliation de bail pour mise en valeur insuffisante, soit 2,8 ha seront également proposées. Ces terres pourront être mises à la disposition des agriculteurs de la Copam très rapidement.
    Dans le même temps, dans la mesure où les dossiers correspondants auront pu être finalisés, d’autre parcelles pourront aussi être mises à disposition pour une surface totale de 9 à 11 ha. Elles seront prélevées pour 3 ha sur des parcelles actuellement en pâturages. Le reste sera créé après défrichement d’une zone de forêt secondaire, d’une surface estimée entre 6 et 8 ha.

    Forêt primaire et vestiges archéologiques préservés

    Au cas où l’affectation formelle ne pourrait se faire lors de la commission d’attribution de novembre, l’affectation serait reportée à une commission ultérieure réunie dès lors que les dossiers auront pu être finalisés au plus tard en février 2016.
    On présentera également à la commission d’attribution des lots agricoles, un programme de coupes définitives de parcelles forestières situées en zone agricole, pour une surface totale d’environ 15 ha, ces lots seront libérés en 2016 et 2017.
    Au cours de cette réunion le ministre, très à l’écoute, a bien spécifié qu’il ne sera pas question de toucher à la forêt primaire, qui abrite des espèces endémiques, ainsi que des parcelles identifiées par le SDR présentant un intérêt archéologique certain. À ce sujet une étude d’impact réalisée en vue de la mise en valeur agricole de la zone de 20 ha située au-dessus du lotissement de Opunohu a mis en évidence l’intérêt archéologique et patrimonial de cette zone. Le projet de défrichage et mise en valeur agricole a donc été abandonné et la zone fera l’objet d’un déclassement lors de la prochaine révision du Plan général d’aménagement communal (PGA).
    Au cours de cette réunion il est apparu que le plan général d’aménagement communal (PGA) en vigueur sur le domaine de Opunohu doit être modifié. Il faut en effet tenir compte de la nouvelle situation en matière de besoins et disponibilités des terres agricoles. Il est également nécessaire de maintenir en l’état les zones archéologiques protégées, et le cas échéant d’augmenter leur superficie afin d’inclure dans celles-ci la zone Tupaururu, riche en vestiges archéologiques mais située actuellement en zone agricole protégée, alors même que les projets de mise en valeur agricole ont été abandonnés. Il faudrait d’autre part, reclasser à terme certaines parties des zones forestières en zone agricole, afin de pouvoir étendre les surfaces de culture d’ananas sur le domaine.

    Faire cohabiter harmonieusement les différents projets

    Un bilan général de la filière ananas sur l’île de Moorea devra être dressé, en recensant les surfaces sur terres privées et terres domaniales, les terres cultivées en location, les évolutions prévisibles des surfaces cultivées dans les cinq ans à venir.
    Aujourd’hui, la culture de l’ananas est très encadrée. Il faut impérativement d’une part, pouvoir fournir l’usine de jus de fruit, mais aussi, satisfaire le marché local, très demandeur et beaucoup plus intéressant pour les agriculteurs. Le domaine de Opunohu est assez vaste non seulement pour l’exploitation de la filière de l’ananas mais aussi maraîchère et pour d’autres projets à vocation touristique, comme l’accrobranche ou le parcours santé, ainsi que les sentiers pédestres et même VTT qui font la joie des familles pendant les week-ends. Une gestion s’impose donc pour que tous ces projets puissent cohabiter.

    De notre correspondant Philippe Vinckier

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