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Moorea – Un agriculteur excédé par les vols sur sa plantation d’ananas

lundi 15 janvier 2018

ANANAS

Jean-Luc Durietz, locataire d’une parcelle d’un hectare pour sa plantation d’ananas, montre un des fruits, en partie écrasé, trouvé dans son champ. (© Jeannot Rey/LDT)


Depuis l’ouverture au public du domaine de Opunohu, de plus en plus de vols sont constatés par les agriculteurs. Il s’agit, pour la plupart, de planteurs d’ananas, qui ont constaté des dégradations de leurs plantations, en plus des vols de fruits. Les randonneurs à pied et les vététistes sont les premiers montrés du doigt, comme Jean-Luc Duriez l’a, une nouvelle fois constaté, il y a quelques jours dans sa plantation.

Le dernier vol dont Jean-Luc Duriez  a été témoin s’est produit vendredi 5 janvier. “Il était aux alentours de 16 heures, à cause de l’état de la route, j’avais été obligé de laisser mon 4X4 un peu plus bas et j’ai donc poursuivi mon chemin à pied pour atteindre ma plantation d’ananas.
Là, il y avait sept personnes. Un petit groupe, qui devait faire une sortie en VTT. Ils étaient là, pas gênés un brin, dans ma plantation, en train de remplir leurs sacs à dos d’ananas mûrs, qu’ils arrachaient.
Je les ai de suite interpellés en leur criant dessus. Dès qu’ils m’ont vu, ils ont jeté à terre ce qu’ils venaient d’arracher avant de détaler avec leur VTT.
J’ai essayé de les  poursuivre, mais j’ai marché sur un bout de branche qui est rentré dans la plante du pied droit. Blessé, j’ai été obligé d’abandonner la course poursuite et le groupe de vététistes a pu disparaître dans la nature.”

 

Des vols de plus en plus fréquents

 

C’est un exemple parmi tant d’autres, selon Jean-Luc Duriez,  qui confirme que les vols dans les plantations sont de plus en plus fréquents, surtout depuis que le domaine a été ouvert au public.

On parle de vols de fruits, mais aussi d’autres produits de la terre, y compris maraîchers. Ces vols se produisent de jour, parfois très tôt le matin et n’importe quel jour de la semaine, week-end compris.

Selon Jean-Luc Duriez, agriculteur d’une parcelle du lotissement agricole du SDR depuis 7 ans, il s’agit presque toujours de personnes qui effectuent des randonnées, parfois seuls, parfois en petit groupe, qui sont à pied ou à vélo.

“Ceux que j’ai vu devaient avoir aux environs de 30-35 ans, voire un peu plus… ”

Pour lui, ces personnes n’ont aucun respect pour le travail des autres. Ce sont des voleurs. 

“Ces gens profitent des sorties qu’ils font dans le domaine de Opunohu pour prendre nos fruits et, en particulier, les ananas ou les avocats, comme c’est le cas chez moi.
Au lieu d’être là pour s’entraîner ou juste passer un bon moment, ils s’arrêtent quand ils voient des fruits murs. Ils les arrachent… souvent après avoir piétiné les plantations et laissent sur place des champs dévastés, puis ils s’en vont, leurs sacs à dos bien remplis.”

Le champ de l’agriculteur est l’un des champs visités au moins une fois par semaine, car il n’est pas en vue des servitudes principales. D’autres champs, comme celui d’un de ses condisciples, qui fait dans la variété dans sa production de fruits et légumes, sont tous les jours visités.

“Ils ne comprennent pas que c’est un très gros travail que d’être un agriculteur ou un planteur d’ananas, comme moi. Je suis accompagné d’un jeune  CAE pour travailler ma plantation”.

Cette dernière fournit plus de 10 000 têtes d’ananas, récoltées en indépendant. Jean-Luc Duriez vend chaque semaine sur Tahiti environs 150 paquets.

“Ce travail, c’est mon gagne-pain. Avec lui, je nourris ma famille”, explique-t-il.

Jean-Luc Duriez a débuté dans la vie active dans l’hôtellerie, avant de se mettre à son compte comme agriculteur. Il est marié et père de deux enfants. Une productrice du même lotissement est, elle aussi, victime de vols réguliers et récemment de ses ruches.

Jean-Luc Duriez a contacté Éliane Garganta, la responsable du SDR de l’antenne de Moorea, qui doit se rendre sur place, cette semaine, et voir avec lui ce qui pourrait être fait, concrètement sur le terrain, pour mieux protéger ces agriculteurs de cette nouvelle délinquance. 

En attendant, Éliane Garganta lance un appel au civisme et à la responsabilité de chacun pour que ces vols s’arrêtent rapidement.

De notre correspondant Jeannot Rey

Jean-Luc Durietz

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Selon le planteur de Opunohu, les fruits sont arrachés et les champs piétinés. La plupart du temps, c’est le fait de randonneurs et/ou vététistes. (© Jeannot Rey/LDT)

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L’avocatier est aussi dépossédé de ses fruits dès qu’ils arrivent à maturité. (© Jeannot Rey/LDT)

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“Lorsque les pluies sont fortes, la servitude devient impraticable. On attend que les autorités coulent du ciment pour qu’on puisse traverser et accéder à nos champs en voiture.” (© Jeannot Rey/LDT)

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Les vététistes sont de plus en plus nombreux. Certains respectent la nature qu’ils traversent, d’autres non. (© Jeannot Rey/LDT)

 

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