Moorea – Agriculture biologique certifiée : visite d’exploitations

    lundi 22 août 2016

    moorea

    Visite des serres de l’exploitation biologique du lycée agricole de Opunohu. (Photo : J Rey/LDT)

     

    Le consommateur est là, mais la production ne suit pas encore !

     

    Lorsque l’on parle d’agriculture “bio” dans la région, on sous-entend une agriculture suivant la norme océanienne de l’agriculture biologique, (NOAB), donc répondant aux normes techniques bien spécifiques, sans ajout de pesticides ou d’engrais chimiques, travaillée uniquement avec de la matière organique.

    Moorea a été choisie pour l’installation de ces fermes pilotes, du fait de la maîtrise du foncier par le Pays (vallée de Opunohu), et la présence d’agriculteurs déjà engagés dans la démarche.

    Hier, une visite sur le terrain a été programmée avec entre autres comme participants, Stephen Hazelman, à l’origine de la “Norme océanienne d’agriculture biologique”.

    Basé à Fidji, le coordinateur de l’association régionale Pacifique, “Poet-com” (Pacific Organic and Ethical Trade Community) est sur le territoire pour faire un état des lieux de la culture biologique en Polynésie française et en particulier, sur les moyens qui sont engagés pour inciter nos agriculteurs à respecter ces normes, très soutenues entre autre, par la santé publique.

    Pour faire vivre cette norme, l’association “Poet-com” s’est assurée de la présence de plusieurs groupes basés dans différentes régions et qui ont en charge de soutenir la culture biologique dans la région. C’est le cas de “Bio fetia” de Gilles Parzy.

    Le groupe s’est donc rendu sur les sites concernés, à commencer par l’exploitation des maraîchers. Trois agriculteurs se sont regroupés sur une exploitation d’environs 10 hectares.

    On y trouve principalement du maraîchage mais aussi quelques productions vivrières. Un ingénieur a été recruté par le Pays au niveau du centre de formation professionnelle et de promotion de l’agriculture (CFPPA) au titre de référent technique de ce programme d’agriculture biologique en Polynésie française.

    Ce dispositif de fermes pilotes et d’essai géré en partie par le CFPPA a pour objectifs premiers la formation les agriculteurs et d’établir des référentiels techniques et économiques pour amener les agriculteurs conventionnels à l’agriculture biologique. Nous avons ici tous types de culture maraîchère”, explique Hubert Teheura-Ahupu, propriétaire d’une exploitation.

    Personnellement j’y crois bien que cela soit difficile. Je n’ai pas encore suffisamment de connaissance sur l’agriculture biologique. Je ne la maîtrise pas encore. J’ai personnellement une formation d’agriculture conventionnelle, heureusement que j’ai ça. Cela me guide.

    Pour garantir aux consommateurs que les produits utilisant la mention biologique sont issus d’exploitations respectant les normes en vigueur, les producteurs doivent faire contrôler leur exploitation.

    Deux types de contrôles sont possibles :

    1. Les certifications “par tiers” qui sont établies par des organismes de contrôle spécifiques, qui vérifient au moins une fois par an, que l’agriculteur respecte bien les normes en vigueur à savoir principalement qu’il n’utilise pas d’engrais ni de produits issus de l’industrie chimique, qu’il respecte le bien-être animal…
    2. L’adhésion à un système participatif de garantie (SPG) qui regroupe, généralement sous forme associative des consommateurs et des producteurs impliqués dans le “bio” et qui contrôle les exploitations des producteurs adhérents . Ces derniers, s’ils respectent les normes, obtiennent leur garantie qui leur permet de commercialiser leur production avec la mention “Bio”. Un SPG a été créé en Polynésie, il s’agit du SPG “Bio fetia”. Les agriculteurs du SPG, tous certifiés ont effectué des stages de formation à l’agriculture biologique et sont aujourd’hui, quelque part les garants de l’agriculture dite “bio”.

     

    Des produits recherchés

     

    Autre point de visite : le lycée agricole de Opunohu, et plus particulièrement son exploitation, avec ses parcelles d’essais étalées sur 5 500 m2 travaillées en partie par les élèves en BTS Développement de l’agriculture des régions chaudes.

    Ces essais en culture maraîchère se diversifient, en allant de la production d’ananas et à la fabrication de compost. Raimoana Oito, ancien élève du lycée, titulaire d’un BTS DARC est technicien en agriculture biologique depuis le début du programme (2015).

    Il explique : “J’effectue des suivis des cultures que nous mettons en place pour le programme Integre au travers de la culture biologique. Nous avons ici des produits de maraîchage, concombre, tomate aubergine, courgette, salade et autres dont des herbes aromatiques. Nous travaillons actuellement en conversion biologique inspectée par le SPG Bio fetia. Nous avons déjà produit, notamment en concombres et courgettes.

    Il faut pourtant bien le dire, malgré toutes ces bonnes volontés, de la part du Pays, de la région des producteurs ou des consommateurs, la production certifiée biologique actuelle en Polynésie française est encore très limitée.

    Par contre c’est une filière soutenue par les pouvoirs publics (avec financements européens notamment) mais aussi par le consommateur, qui recherche de plus en plus des produits sains et de qualité.

    Le gros challenge aujourd’hui est donc d’attirer le plus possible d’agriculteurs dans le “bio”. Raiatea n’est pas en reste dans cette mouvance vers l’agriculture biologique, avec notamment la mise en place d’ue exploitation de 10 hectares sur terrain domanial avec à sa tête Thierry Lison de Roma président lui-même d’une antenne du SPG Bio fetia aux îles Sous-leVent.

     

    De notre correspondant
    Jeannot Rey

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