Moorea – Ananas : production stable mais peut mieux faire

    samedi 9 janvier 2016

     Dans le cadre d’un programme pédagogique de dernière année, neuf étudiants en BTS A DARC (Développement agriculture des régions chaudes) ont effectué une enquête sur la production de l’ananas à Moorea. Cette mission s’est traduite par un travail d’une semaine sur le terrain, et la rencontre de onze producteurs.  En conclusion, l’ananas se porte bien, l’absence d’insecticide ou de fongicide sur les plants a été constatée, la production est stable, mais pourrait être optimisée.

    Mieux comprendre le système de production de l’ananas de Moorea, c’est la mission qui attendait neuf étudiants en seconde année BTSA (brevet de technicien supérieur agricole) par le biais d’un module pédagogique sur le « système agraire et développement local ». Sur le terrain, les étudiants étaient répartis par groupes, chacun ayant son questionnaire en main pour mettre en lumière, les différentes façons de procéder de onze producteurs dont les exploitations sont situées dans la vallée de Paopao, la plupart du temps, aménagées sur le domaine du Pays. Le compte rendu de cette enquête débute par une présentation générale des exploitants, des exploitations et de l’activité, avant l’itinéraire technique de l’ananas, qui démarre par le travail du sol jusqu’à la commercialisation du fruit.
    Les producteurs rencontrés représentent 80 % des surfaces exploitées par l’ensemble des producteurs de l’ananas sur l’île. Soit environ 80 ha de terre en production. La commercialisation suit deux filières, la plus importante étant celle qui est destinée à l’usine Jus de Fruits de Moorea suivant un quota annuel en accord avec la Copam (coopérative de production agricole de Moorea) et qui varie selon les années. L’autre filière est celle du frais, dont le tonnage reste une inconnue puisque dépendant de la volonté de chaque producteur.
    Pratiquement tous les agriculteurs sont affiliés à la coopérative, un groupement aujourd’hui présidée par Jean Tama, qui présente de nombreux avantages puisqu’elle sert de centrale d’achat, gère la vente des fruits à l’usine, met à disposition des planteurs du matériel lourd et permet des avances en trésorerie si nécessaire.

    Culture mécanique ou « à la main »

    L’itinéraire technique de la production de l’ananas démontre que d’un foncier à l’autre, les techniques diffèrent. Un sol plat peut recevoir une mécanisation, alors qu’un sol en pente est travaillé « à la main ».  Des différences sont aussi observées sur les techniques de fertilisations. Certains pratiquent le broyage de végétaux verts, d’autres utilisent des fertilisants chimiques. Là encore, la géomorphologie du sol détermine les techniques pratiquées. Avant d’arriver au stade de la production, chaque agriculteur travaille ses plantations selon sa propre méthodologie. Certains renouvellent les plantations tous les quatre ans qui est la bonne moyenne pour obtenir le meilleur taux de rendement ; d’autre attendront cinq voire six ans pour tout arracher et replanter. Une pratique moins contraignante mais qui se traduit par une baisse du régime de production.
    Dans un cadre général, la production de l’ananas est correcte en tonnage avec une importante production en haute saison qui se situe en fin d’année. Certains agriculteurs procèdent à une fertilisation spécifique pour permettre une production hors saison (au mois de juillet). Les étudiants ont par ailleurs observé qu’une meilleure maîtrise des rejets, permettrait une hausse de la production habituellement générée, avant d’avoir recours à une extension des surfaces exploitées.
    La population des agriculteurs est en partie vieillissante mais, dans certaines familles, la reprise des exploitations par les enfants est bien réelle. Aujourd’hui, la production de l’ananas reste le volet agricole le plus développé de l’île et son exploitation est rentable.
    Dans l’ensemble, les exploitations sont plutôt bien tenues, l’utilisation de pesticides et de fongicides dans les plantations est nulle, sauf chez certains agriculteurs, mais uniquement pour le défrichage des allées.
    En conclusion, l’économie agricole basée sur la production de l’ananas mérite sa position de leader en matière de production agricole sur l’île. Elle peut avoir un taux de rentabilité encore plus grand, en suivant des techniques plus adaptées. Aussi, la présence de techniciens d’encadrement ne serait pas du luxe, que ce soit pour apporter des conseils sur les méthodes de tenue de sol, de plantation ou d’utilisation de la mécanisation. Un précédent stage sur l’utilisation d’un tracteur avait été très largement suivi par les producteurs, qui disent être toujours partants pour en apprendre davantage sur leur métier.

    De notre correspondant Jeannot Rey

     

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